‹ Histoire de la charité (volume 5)Chapitre 97 sur 197 · OBJECTIONS V ET VI · texte numérisé non relu

OBJECTIONS V ET VI

Les Pères de V Eglise disent qu'il ne faut refuser l'aumône à aucun pauvre de crainte que celui) à qui on la refuse ne soit Jésus- Christ.

Jésus-Christ a dit aussi que nous aurons toujours des pauvres ^vecnous (xxxii, xxxiii).

(( Cette crainte, exposée sous le n® V, serait mal fondée quand un Bureau de charité est établi dans une ville. Jésus-Christ ne prendra pas la figure d’un pauvre, qui pour entretenir sa fainéantise et sa mauvaise vie, ne veut jioint se soumettre à un ordre qui est si saintement établi pour le secours de tous les vrais pauvres. Et voicy ce que les Pères de l’Eglise disent de ces pauvres fainéans et désobéissans : — Celuy qui donne à une personne affligée et incommodée donne à Dieu, et il en recevra la récompense de Dieu. Mais celuy qui donne à des coureurs et à des vagabonds, jette son argent à des chiens qui sont plus dignes d’aversion pour leur impudence, que de compassion pour leur pauvreté » (Saint Basile, Ép. 392)

« 11 est vray aussi que Jésus-Christ dit que nous aurons toujours des pauvres, mais il n’est pas moins vray que Jésus-Christ ordonne aux riches de pourvoir si bien aux nécessitez de ces pauvres, que pas un d’eux ne soit obligé de mendier. »

OBJECTIONS VII et VIH.

Les pauvres ne mendient pas publiquement mais ils viennent nous importuner dans nos maisons. Que ferons-nous des restes de nos (xxxv).

5. On lit dans J. -B. Thiers, L'avocat des pauvres, petit in-8, 1676, p. 378 et 385 : « Je dis que si nous voulons donner à Dieu et en recevoir de luy la récompense pour me servir des termes de saint Basile (Ep. 392), il faut que nous donnions aux vrais pauvres, en sorte que nous les soulagions dans leur nécessité, sans toutefois contribuée à les entretenir dans la paresse : « ad supplendam necces- •sitatem non ad pascendam pigritiam, comme parle saint Augustin. >>

« Saint Attique, patriarche de Constantinople, envoyant trois cens escus d’or à Calliope Prestre de l’Eglise de Nicée, luy recommanda très expressément par une lettre qu’il luy écrivit, de n’en point assister ces gros gueux et ces yvrongnes qui font comme un trafic et un métier de la mendicité, et qui l’exercent toute leur vie. »

LE RENFERMEMENT DES PAUVRES

Ces indigents viennent vous importuner, vous n’avez qu’à ne rien leur donner. S’ils sont étrangers vous devez les renvoyer au directeur des passants, il les examinera et leur donnera des secours en cas d’urgence. S’agit-il d’indigents de la ville, valides, adressez-les au Bureau de charité, il est fondé pour cela.

Les malades peuvent d’ailleurs être dirigés sur les Hôtels-Dieu,

Les restes des tables conviendront parfaitement aux nécessiteux qui ne reçoivent que du pain. 11 est facile de s’en procurer la liste et de choisir ceux habitant dans le voisinage des personnes qui veulent faire ces largesses journalières.

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