‹ Histoire de la chimieChapitre 65 sur 137 · SO · texte numérisé non relu

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Nous verrons que Berzélius se prive, par les idées qu'il professe à cette époque, de plusieurs des faits invoqués par Gay- Lussac, mais cela n'en donne que plus de valeur à son sens chimique, appelé à établir un rapport resté toujours valable entre le volume et l'atome.

« L'expérience (•') vient de démontrer que de même que les éléments se combinent dans des proportions fixes et multiples,

(') Loc. cit., p. 3i.

(-) Nous empruntons ces exemples à un résumé du Mémoire de Gay- Lussac paru dans le Journal des Minec, t. XXV (1S09, I), p. 6?.. Nous y avons remplacé 100 par 1^°'.

(^) Essai sur la théorie des propoitiuiis chimique-, 181Q, p. '17.

CIIAI'ITUI': Vil.

relativement à leur poids, ils se combinent aussi d'une manière analogue, relativement à leur volume, lorsqu'ils sont à l'état de gaz; en sorte qu'un volume d'un élément se combine, ou avec .un volume égal au sien, ou avec 2, 3, 4 et plus de fois son volume d'un autre élément à l'état de gaz. En comparant ensemble les phénomènes connus des combinaisons de substances gazeuses, nous découvrons les mêmes lois de proportions fixes, que celles que nous venons de déduire de leurs proportions en poids; ce qvii donne lieu à une manière de se représenter les corps qui doivent se combiner à l'état de gaz. Je l'appellerai théorie des volumes, pour la distinguer de la théorie corpusculaire, où les corps sont représentés à l'état solide. Les degrés de combinaisons sont absolument les mêmes dans ces deux théories ; et ce cjui dans l'une est nommé atonie, est dans l'autre appelé volume.

» Plusieurs savants ont élevé des doutes sur l'identité des atomes et des volumes; mais comme les deux théories ne sont cjue des manières de se représenter les éléments qui se combinent, afin de mieux comprendre les phénomènes, et que l'on n'a pas la prétention d'exposer ce qui se passe réellement dans la nature, elles sont bonnes si elles donnent les plus simples explications. Or ce ne serait point là le mérite de celle ou l'on considérerait l'atome et le volume comme des fractions l'une de l'autre. On a, par exemple, admis que l'eau est composée d'un atome d'oxygène et d'un atome d'hydrogène; mais comme elle contient deux volumes de ce dernier gaz sur un volume du premier, on en a conclu que dans l'hydrogène et les substances combustibles en général, le volume n'a que la moitié du poids de l'atome, laiidis (|ue dans l'oxygène le volume et l'atome ont le même ])oids. Ceci n'étant qu'une supposition gratuite, dont hi justesse n'est pas même susceptible d'examen, il me paraît phis simple et plus conforme à la vraisemblance d'admettre le même rapport de poids entre le volume et l'atome dans les corps combustibles (jue dans l'oxygène, puisque rien ne fait soupçonner f[u'il y ait entre eux une dilTérence. En considérant l'eau (■(iniiiic (•(iniposéc de deux alonics de radical cl d'un aloiiic d d.w griu', la ihcoiic ((U pusculaii'c (!l celle îles

PÉKIODE 1>E nAVV, LES LOIS DOCTRINALES. 3ll

volumes s'identifient; en sorte que leur différence ne consiste que dans l'état d'agrégation où elles représentent les corps. »

Connaissant maintenant les principes généraux sur lesquels Berzélius base ses deux « théories » corpusculaires et des volumes, nous allons chercher à illustrer par quelques exemples l'application qu'il en a faite pour dresser sa Table de 1818.

Tout d'abord il prend comme point de départ, non par H = i , comme son prédécesseur Dalton, mais 0 ^ 100; et en cela il se montre moins philosophe, mais expérimentateur mieux avisé. A cette époque en effet, et surtout pour Berzélius qui méconnaissait encore la nature élémentaire du chlore, l'oxygène pouvait être considéré comme l'élément vital de semblables travaux; toutes les données expérimentales et spéculatives du savant suédois, en ce qui concerne les proportions chimiques, sont appuyées sur les oxydes. En adoptant l'oxygène comme unité de sa Table, il lui conserve son caractère analytique. Mais ce ne pouvait être qu'en attendant : plus tard, lorsque les analyses auront donné à la Table des poids atomiques tout son caractère expérimental, il n'y aura plus d'inconvénient à ce que les chimistes reviennent au point de départ de Dalton, H = i , réhabilitant ainsi la conception du père de la théorie atomique, qui avait eu l'idée ingénieuse et séduisante de donner l'unité de poids à l'élément le plus léger de la nature.

Nous connaissons les idées de Berzélius sur le chlore et l'azote; il sera curieux de voir comment il les fait entrer dans le tableau.

Il signale que le muriate d'argent contient 19,0966 d'acide muriatique et 80,9034 d'oxyde d'argent. Ce rapport nous conduirait à peu près à notre poids atomique actuel, et cela par les considérations les plus simples de celles qui avaient été énoncées d'abord par Dalton, et qui guidaient après lui Berzélius. Mais nous savons que le savant suédois se refusait, en 181 8, à considérer le chlore comme un élément. Quelles vicissitudes n'eût-il pas évité aux proportions chimiques si, plus clairvoyant, il avait appliqué au chlorure d'argent les idées qui lui servaient de guide pour les oxydes? Ce n'est pas tant le chlore qui aurait bénéficié de cet état d'esprit, mais l'argent qui devait être l'un

Formules

Poids et formule

de Ber/.éliiis.

actuels.

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SiT. ■ CHAPITRK VU.

Table des poids atomiques de Berzélius.

Poids de Berzélius

Symboles. O = n.o.

O loo

.Murialiciun , 142, (>>

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Fluoricum .. , 75, o3

Nilricuin. . . . 77- 2(')

Pli 392,30

H . . (i.'^ijS

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As.... 940,77

Mo 396,8

Te 80G, 4 3

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Cil 703,638

Sb 1612,9

Si '^96, 4i

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Ni 739,51

Sn. . . 1470,53

PIj 2589,0

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Mil 71 1 ,57 5

Mg 31(1,-2

Ca 5 12,06

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