CONCLUSIONS ET BUT DE MON TRAVAIL
Je crois superflu d’insister près du corps médical sur tous les inconvénients plus ou moins graves que peut entraîner et entraîne malheureusement trop souvent la circoncision pratiquée journellement chez les Israélites et lus Musulmans, au moyen des procédés opératoires barbares, sales et dégoûtants dont il a été question plus haut.
Très souvent la syphilis a été donnée aux enfants par le mohel porteur de plaques syphilitiques dans la bouche. Je me contenterai de citer les 12 enfants syphilisés par le même mohel : cas constatés par le célèbre Riçord.
Les syphilisations d'enfants par les Mohels de Cracovie et de Francfort, etc.
L’on a pu constater aussi très souvent des érysipèles, des œdèmes, des phlegmons et des accidents mortels de septicémie, des hémorrhagies graves, etc.
Mon humble travail a pour but d’attirer, si possible, l'attention du corps médical et des pouvoirs publics sur une opération qui touche à la santé,, à l’hygiène de plusiturs centaines de millions d’individus habitant notre globe dont plus de 5 millions sont sujets Français.
Le gouvernement rendrait un grand service à l’humanité en obligeant les Musulmans et les Israélites à se conformer strictement à l’article 10 du décret du 29 août 1862. Cet article est ainsi conçu :
« Le mohel, ou circonciseur, doit être pourvu d’un certi- « ficat délivré par un docteur en médecine ou en chirurgie « désigné par le Préfet, et constatant que l'impétrant offre « au point de vue de la santé publique toutes les garan- « ties nécessaires. »
Il serait bon que dans chaque département le préfet nommât des médecins chargés de délivrer ledit certificat; les dits médecins seraient en même temps inspecteurs de la péritomie dans leurs circonscriptions médicales et seraient en conséquence tenus d’assister à toutes les circoncisions, dans le but : 1° de veiller à la bonne observance des soins d’antiseptie nécessités par l’opération; 2° de porter un prompt secours aux opérés en cas d’hémorrhagie ou autres accidents.
La surveillance serait plus facile chez les Musulmans que chez les Juifs.
Il n’y a pas pour eux de jour fixé, et l’on pourrait en opérer un grand nombre le même jour.
Etant donné que la circoncision est un puissant moyen d’action contre la masturbation, si commune et si difficile à réprimer chez les enfants de 5 à 10 ans; et qu’elle est considérée par M. de Saint-Germain, docteur-chirurgien à l’hôpital des Enfants, comme le seul moyen radical de guérir les phimosis congénitaux, les balano-posthites résultant d’une miction incomplète occasionnée par l’insuffisance de l’orifice préputial. Je crois qu’il serait utile en pareils cas
de pratiquer la circoncision dans les premiers mois de la naissance, d’autant plus qu’il n’y a aucun danger pour agir ainsi; l’opération est plus facile et la guérison plus prompte.
Pour terminer, je crois que la circoncision dans bien des cas peut rendre des services signalés. A mon avis, il serait bon que chez les peuples où la circoncision n’est pas la règle, tous les enfants fussent, dans les premiers mois de leur existence, visités par un chirurgien, et que ceux qui seraient trouvés porteurs d’un phimosis congénital atrophique ou hypertrophique trop prononcé fussent circoncis ou traités, comme le veut le D r de Saint-Germain, par la dilatation forcée du prépuce, d’après le procédé qu’il indique à la page 732 de sa Chirurgie des enfants et dont la reproduction servira de clôture à mon travail.
Manuel opératoire.
L’enfant, non endormi, est couché, sur le dos. Le chirurgien, saisissant l’extrémité antérieure du prépuce par un des bords de l’orifice, fait exercer à son bord opposé une traction simultanée par l’aide qui le seconde.
Cette manoeuvre a pour but de montrer, d’une manière bien nette, le chenal dans lequel va s’engager le dilatateur, et a de plus le grand avantage d'éloigner le gland à une certaine distance, et par suite de rendre absolument impossible l’accident qui consisterait à.dévulser le méat urinaire.
L’orifice, une fois rendu béant, le dilatateur à deux branches, préalablement trempé dans l’eau phéniquée, ou mieux, dans la vaseline boriquée, est plongé jusqu’au
linvbe préputial, ou mieux, jusqu’à la couronne du gland. Il est nécessaire, indispensable même, de sentir avec son doigt à travers le prépuce le bec du dilatateur. On est bien sûr ainsi de ne pas pénétrer dans l’urèthre.
Cela fait, le chirurgien’ouvre légèrement l’instrument, et lorsque la dilatation a commencé à se produire, on peut, en regardant par l’orifice préputial, alors converti en une sorte de goulot, constater certaines particularités qui tiennent à la conformation anatomique des parties.
C’est ainsi que,' bien que la dilatation soit exercée partout avec la même force, on voit bien vite que la peau n’est absolument pour rien dans le phimosis; la muqueuse fait seule tous les frais de ce rétrécissement, et Ton constate que ledit rétrécissement existe surtout 'à la partie moyenne du prépuce; que, par suite de cette disposition, le prépuce, à son intérieur, représenterait assez exactement un sablier dont l’étranglement serait moyen et dont les parties supérieures et inférieures iraient toujours en s’élargissant, soit du côté de l’orifice externe, soit du côté de la couronne du gland.
Quand le dilatateur a fait son œuvre, le goulot assez étroit, constitué par l’orifice préputial, se change en une véritable boutonnière. Le dilatateur est alors fermé, puis tourné perpendiculairement à la position qu’il occupait naguère, et opvert à nouveau. La boutonnière que l'on obtient ainsi est, comme on le comprend, perpendiculaire à la première. Au bout de quelques secondes, l’instrument est retiré et le gland se découvre avec la plus grande facilité.
C’est à ce moment-là qu’il est important de s’assurer de l’existence des adhérences entre le gland et le prépuce et de
procéder à leur destruction à l’aide de la sondcj cannelée; Ce n’est pas toujours facile. C’est surtout en voyant la difficulté énorme que l'on rencontre parfois pour les rompre, alors qu’on les a.sous les yeux, avec une forte sonde cannelée, que je considère comme absolument puérile la petite recherche au stylet faite avant l’opération.
Les adhérences, une fois rompues, laissent sur le gland une marque rouge. Quelquefois une gouttelette de sang vient ojoines à la surface, et si l’on n’y prenait garde, de nouvelles adhérences ne tarderaient pas à se produire. On évjte cet inconvénient en mettant sur le gland découvert une couche épaisse de vaseline boriquée, puis en le recouvrant tout aussitôt de son prépuce. Le malade est tenu au lit toute la journée, et des compresses d’eau blanche sont maintenues en permanence sur le pénis en vue d’un gonflement inflammatoire qui pourrait survenir. Il est nécessaire que le lendemain et jours suivants., pendant huit jours, l’homme de l’art vienne découvrir le gland et le recouvrir après avoir renouvelé l’onction à la vaseline boriquée, puis en le recouvrant tout aussitôt de son prépuce. Cette opération (manœuvre) peut même être faite par un membre de la famille.
Je me sers pour la dilatation du prépuce du dilateur à deux branches de Trousseau, le même que cet éminent praticien employait pour la trachéotomie. Dans ces conditions, je considère la dilatation; préputiale comme une bonne, opération, d’une innocuité, d’une efficacité parfaite et d’une exécution très facile.
M’appuyant sur l’expérience de Nélaton, de Verneuil et sur la mienne propre, je n’hésite pas à déclarer que la dila-
tation préputiale est une excellente méthode de traitement pour le phimosis congénital, même chez l’adulte, réservant en général pour le phimosis cicatriciel et pour certains phimosis spèciaux, les autres méthodes de traitement, telles que l'incision dorsale et la circoncision (1).
(1) De Saint-Germain : phirurgie des enfants.
bibliographie
Basnage. - Histoire des Juifs, t II, P- •
Voltaire Passim. Moïse. Geneye, chap. XVI .
LÊvmauE, drap- XII, versets 11-12 (Moïse,.
Hérodote. -Hist., livre d’Eoterpe.
Eusèbe, lib. IX, chap. XVII-
Thalmud, et écrivains Thalmudistes.
Celsx. - De re remedica.
Galien. - De usu partium, libre XI Joséphe. - Antiquités judaïques, lib. XI .
Maimonide. — Livres:
Amtonius — De Circumcisione gentilmm.
" Dissertatio an eircumcisio ab Egyptüs ad
A BMI™”"'-- Vies des Saints, Dissertations sur la cir-
- Encyclopédie des-sciences médicales. Circon-
CiS i^EN. - Dissertation sur la circoncision. Thèse de
P °Oohen W - Nécessité de laire pratiquer la circoncision par un homme de Part. Breslau, 1819.
Prévost. — Traitement du phimosis. Th. de Paris, 1835.
Terquem. — Guide du posthétomiste. Metz, 1843.
Lallemand. — Des pertes séminales involontaires, t. II.
Lévy (Michel). — Archives israëlites, juin 1843.
Vanier (du Havre). — Cause morale de la circoncision. Paris, 1847.
Marchand. — De la Circoncision au point de vue historique, hygiénique et chirurgical, Th. de Montpellier, 1855.
Barjavel. — Du Baptême et de la Circoncision, in-8.
Nanos. — Du phimosis congénital. Th. de Paris, 1855.
Godard. — Egypte et Palestine. Paris, 1864-1867.
Thorel. — Exploration du Mékong et de la Cochinchine. Paris, 1870.
Martin. — De la Circoncision. Th. de Paris, 1870.
Tagnard. — Incontinence d’urine traitée par lacirconci- .sion. Th. de Montpellier, 1872.
Aissa-Hamdy. —De la Circoncision. Th. de Montpellier,
Handvagel. — Traitement des affections du prépuce par l’orlatomie. Paris, 1873.
Strabon, IV, page 340.
Fondreton. — Du phimosis et du paraphimosis. Thèse de Paris, 1844.
Vidal (de Cassis). — Opération du phimosis par la circoncision.
Ricord. — Phimosis, procédé de circoncision.
Hutchinson. — Influence de la circoncision sur la syphilis. Medical times and Gazette, 1856.
Ridreau. r— Nouveau procédé de circoncision pour phi-
mosis et imperforation du prépuce; Journal de médecine et chirurgie-pratique, février 1859.
Traités de pathologie externe et de médecine opératoire, articles d’Alphonse Guérin, Malgaigne, etc.
De la Circoncision chez les Égyptiens. Caabsa. Paris,1861. La Circoncision, son importance dans la famille et dans l’État, par le docteur Claparède. Paris, 1861.
Origine. Signification et histoire de la castration de la circoncision, par Bergmam de Strasbourg.
Archives Israélites de France, septembre 1823. , Bulletin de la Société d’Anthropologie de Paris, juin à octobre 1887.
La Circoncision rituelle et opérative par le D r Grüeenvald, de Vienne, Francfort, 1892.
—. L’opérateur (mohel) théorique et pratique, par Maurice Baum, Francfort-sur-Mein, 1884.
-, La cérémonie rituelle de la Circoncision des Juifs par le D r Messala Pogorelsky. St-Pétersbourg, 1888.
Dictionary of Medecine Quain New-York, 1884.
Pédigrie of diseases Hutchinson.
Commentary on the Bible, Clork.
-, Neuroses des organes. Gentie-Urinaires de l’homme.
La folie érotique, par Bail. Paris, 1888.
La Circoncision et ses suites. Ext. du Journal l’Excommunié, par A. S. Morin. January, 1870.
^ La Circoncision, par le D r Bernheim.
-—De la Circoncision, D r Félizet. Paris, 1891.
De la Circoncision par Abraham. Montpellier, 1864.
^ Arrêté consistorial, Paris, 1889.
— De la Circoncision, étude critique, D r Klein. Paris, 1888.