‹ Histoire de la civilisation contemporaineChapitre 101 sur 122 · PROGRÈS DU COMMERCE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DU COMMERCE

par deux grandes révolutions, Tune dans les moyens de transport, Tautre dans les moyens de communication.

Sur mer le navire à voiles a été remplacé par les bateaux à vapeur, de plus en plus rapides; les ports ont été aménagés, la côte a été garnie de phares ; on a dressé des cartes marines qui donnent exactement les profondeurs et les courants. Entre les grands ports ont été organisés des services réguliers de bateaux à vapeur ; il y a déjà une centaine de lignes qui traversent les mers. Le chemin est si bien connu et si régulièrement suivi qu'on peut reconnaître au fond de la mer le trajet ordinaire des navires à la traînée des cendres de charbon qu'ils ont jetées. Le voyage d'Angleterre en Amérique, qui autrefois prenait un mois, se fait régulièrement en dix jours, et l'on vient de construire des navires qui peuvent le faire en sept. On calcule qu'un bateau à vapeur fait aujourd'hui dans le même temps cinq fois plus de transports qu'un navire à voile de même tonnage.

Sur terre le transport ne pouvait se faire pour les voyageurs que par diligencCy pour les marchandises que parle roulage, sur les grandes routes poudreuses souvent coupées de fondrières. On avait regardé en France comme un grand progrès les messageries^ qui ne mettaient de Paris à Lyon que trois jours et trois nuits. A partir de 1850, diligences et roulage ont disparu sur toutes les grandes lignes, remplacés par le chemin de fer. Il y avait déjà en 1883 environ 450,000 kilomètres de chemins de fer dans le monde, dont 183,000 en Europe, 220^000 en Amérique, avec des trains express qui font 60 kilomètres à l'heure (le train de Londres à Edimbourg fait 646 kilomètres en neuf heures). Dans l'Amérique du Nord on a construit à travers les déserts sans routes les deux lignes du Pacifique et du Transcontinental canadien. La création des chemins de fer n'a pas empêché

368 l'industrie, L'AGRICULTURE ET LE COMMERCE.

d'améliorer les routes. Les vieilles routes droites pavées qui montaient et descendaient en casse-cou ont été remplacées par des chemins k macadam en pente douce.

Les moyens de communication ont augmenté de même. Les postes étaient déjà organisées au commencement du siècle, mais le transport des lettres était lent et coûteux. L'Angleterre a donné l'exemple d'affranchir les lettres avec des timbres-poste, et d'établir un tarif uniforme très bas quelle que soit la distance à parcourir. Puis les chemins de fer ont fait une révolution dans le système des postes. La poste est aujourd'hui organisée entre tous les pays civilisés et leurs colonies. En 1882 l'tnion postale a transporté environ 4,800 millions de lettres, 900 millions de cartes postales, 3,700 millions de journaux et 120 millions de mandats qui représentaient une valeur de 6,500 millions de francs. — Les télégraphes électriques ne sont organisés que depuis 1850. 11 y avait déjà, en 1883, 1,200,000 kilomètres de lignes de télégraphes (dont 500,000 pour l'Europe, 430,000 pour l'Amérique) et 153,000 kilomètres de câbles sous-marins.

Ces nouveaux moyens de transport et de communication ont prodigieusement accru le commerce à l'intérieur de chaque pays et entre les divers pays. En cinquante ans (de 1830 à 1880), le commerce de l'Europe et des États-Unis a augmenté dans la proportion de 800 p. 100; il est monté de 9 milliards à 70 milliards; l'Angleterre a passé de 2,200 millions à 15,000 milliards, la France de 1,500 à 9,200 millions). On calculait qu'en 1883 le commerce de l'Europe était monté à plus de 62 milliards (l'Angleterre seule importait pour 10 milliards et ex portail pour plus de 6). Cette activité va toujours en augmentant. En vingt ans (1865-1885), le commerce a plus que doublé. Le résultat a été de permettre à chaque pays d'écouler ses produits et de les mettre à la portée des acheteurs

Page 1