VI PREFACE
ment de nos lycées, une large part aux institutions et aux faits de civilisation. Le .programme adopté dans les lycées de filles met au premier rang « l'histoire de la civilisation ».
Ce qui a sans doute empêché cette partie de l'histoire de prendre plus tôt la place qui lui revient dans notre enseignement, c'est que précisément c'est celle qui a mis le plus longtemps à se fixer. Elle est encore loin d'être définitive. Depuis les livres si célèbres de M. Guizot sur l'histoire de la civilisation, nos savants n'ont cessé d'explorer les archives et les bibliothèques, d^interpréter les chartes et les anciens registres. Tels résultats qui paraissaient admis ont été remis en question. Non seulement le brillant Essai de Voltaire donnerait lieu à une infinité de rectifications ; nîais les ouvrages publiés dans la première moitié de ce siècle sont déjà sujets à re vision, et même ceux qui ont paru il y a vingt ans ne restent pas debout tout entiers. Il se fait dans ces études un renouvellement incessant. Tandis que l'histoire des guerres et des traités, celle qu'on appelle quelquefois l'histoire externe^ pourrait à la rigueur s'enseigner comme il y a cent ans, l'histoire interne^ c'est-à-dire celle de la civilisation et des institutions, a dû être complètement refaite. Même aujourd'hui, la science est loin d'avoir dit son dernier mot sur les institutions de la royauté, le» Parlements, les États généraux, le Conseil du roi, l'organisation militaire, les finances; encore bien moins sur la condition exacte des personnes et des terres aux différents âges, les faits de l'histoire littéraire, scientifique et artistique.
Toutefois, dès maintenant, il y a des traits généraux, des faits essentiels, qu'on doit tenir pour acquis. On peut donc essayer d'écrire une histoire, tout au moins élémentaire, de la civilisation française.
Le livre que je présente à la jeunesse de nos écoles