I. L'architecture, la sculpture
Restaurations de monanieiits aneiens. — Le mouve*^ ment commencé sous la Monarchie de Juillet s^est poursuivi de nos jours avec une passion plus éclairée et unescience plus précise. Il suffît de comparer les restaurationsaccomplies, au mont Saint-Michel par exemple, sous Louis- Philippe et à l'époque présente, ballu a restauré la tour Saint-Jacques (1852); ruprich-robert, le châleiaiu de Falaise;. ARABIE, les cathédrales de Bordeaux, Périgueux, Angoulcme; BANJOT, la cathédrale de Metz; lange, Tahbaye de Saint- Denis, les cathédrales de Sens et de Soissons; pascal, celles^ de Valence et Avignon; daumet, le château de Chantilly;. NORMAND, le château de Liancourt; Marcel laMbert, le château de Versailles; Emile bœswillwald, la cathédrale de- Laon, le palais des ducs de Lorraine à Nancy, Tabbaye du mont Saint-Michel, sans parler du Prœtorium romain à Lambèse (Algérie) et de l'ancienne cité de Timgad, où les Touilles dirigées par lui ont fait revivre une opulente viilfe* romaine, avec son forum autrefois peuplé de statues équestres des empereurs, ses temples, son théâtre, ses thermes, et jusqu'aux boutiques de ses marchands.
viollet-le-dug, qui a dirigé ou partagé les travaux âc Lassus à la Sainte- Chapelle, à Notre-Dame et à Saint- Germain-l'Auxerrois, de Lance à Sens, de Bœswillwald à Laon, s'est chargé des églises de Vézelay, de Montréal (Yonne), d'Amiens, de Châlons, du château de Pierre fonds,! de la cité de Carcassonne^ etc.
DEPUIS 1848. — LES AKÏ9 651
La loi du 30 mars 4887, complétée par le décret du 3 janvier 1891, en vue de protéger les monuments historiques ou artistiques contre les actes , de vandalisme, ne s'est pas révélée, à la pratique, complètement efficace.
L'architeetvre contemporaine. — L'époque présente n'a certes pas créé un art nouveau ; peut-être n'est-il donné qu'à des civilisations nouvelles de créer un tel art. L'art indou, grec, romain, roman, ogival, répond à quelque état de civilisation absolument original. Notre civilisation, au contraire, procède de celles qui l'ont précédée : elle en est la résultante. Notre âge, surtout en architecture , est un âge de savoir et de critique, bien plus que d'imagination. Ce qu'on peut exiger de lui, c'est qu'il ait du moins l'intelligence de ses origines.
Voilà pourquoi nous bâtissons nos églises, tantôt.en style ogival, comme Sainte-Clotildêy construite par gau, et dont BALLU a fait jaillir les flèches (1850); tantôt en style byzantin, comme Véglise russe de Paris, qui est de l'artiste russe Kouzmine; tantôt en style roman, ou renaissance, ou composite, c'est-à-dire formé d'éléments divers, comme Saint' Augustin, œuvre de baltaro (1860-1868); comme l'église du Sacré-Cœur, d'ABABŒ; comme la Trinité, de ballu (1867-1870) ; comme la cathédrale de Marseille, de Léon vau- DOTER (1856) et Louis bug.
Il en est de même de nos édifices civils : théâtres, hôtels de ville, tribunaux, grands hôtels, comme le Grand Hôtel, l'hôtel du Louvre, le Continental, etc.
Les œuvres les plus remarquables de la période contemporaine sont le NouTeau Louvre de visconti (1853) et LEFUEL; le Grand Opéra (1861-1874), de Charles garnier, commencé sous le second Empire et achevé sous la troisième République. Avec ses colonnes, son dôme, ses basreliefs, ses statues de bronze, ses obélisques égyptiens, ses marbres aux couleurs variées, il rappelle à la fois les arts de l'Egypte, de la Grèce, de Byzance, de la Renaissance italienne.
11 faut citer encore la Grand' Chambre de la Cour de cassation, de COQUART; la Cour d'appe/, de bauhet; le Tribunal de Commerce, deBAiLLT ( 1860- 1866); la ^onf aine Saini-Mic/ic/ (1860) et le théâtre du Châtelet, de bayioub. Celui-ci a colla-
boré avec boïïrbais au palais du Trocadéro, ballïï et duper- THES ont été chargés de reconstruire, dans Tancien style, THÔtel de Ville de Paris, incendié en 1871.
NÉNOT nous a donné la Nouvelle Sorbonne avec sa façade imposante sur la rue des Ecoles ; Bernier, le nouvel Opéra-Comique; Girault, le Petit Palais; Deglane, Thomas et Louvet, le Grand Palais, tous deux affectés au service des Beaux-Arts et inaugurés en i 900.
Un des traits caractéristiques de Tarchîtecture contemporaine, ce sont les monuments, de proportions gigantesques, destinés à abriter des multitudes d'hommes ou à contenir un matériel immense, halles prodigieuses ou gares de chemin de fer, œuvres d'ingénieur plus encore que d'architecte, où le beau est subordonné à l'utile et où les charpentes en fer jouent le rôle principal, mais qu'ennoblissent la science mathématique, l'ingéniosité des moyens mis en œuvre, la grandeur des difficultés vaincues, la rapidité de la construction. Les types de cette architecture, qu'on pourrait appeler industrielle^ ce sont les Halles centrales de Paris, construites de 1852 à 1870 par baltard, la galerie des Machines, la tour Eiffel, les palais de l'architecte forhigé, exécutés pour l'Exposition universelle de 1889; le pont Alexandre III, pour celle de 1900, par les ingénieurs Réval et Alby et dont le tsar Nicolas II, la tsarine et le président Faure posèrent en 1896 la première pierre.
La sculpture. — De Vatelier de Rude sont sortis Gain, Frémiet, Garpeaux, Gordier,Becquet, Ghatrousse, Schrœder; de Vatelier de David d* Angers, Gavelier, Soitoux, Petit, Aimé Millet, Schœnewerk, A. Garrier-Belleuse, André AUar; de Vatelier de Pradiet, Lequesne, Eugène Guillaume, Ghapu ; de Vatelier d'A, Dumont, Perraud, Jules Thomas, Aizelin ; de Vatelier de F. Jouffroy, moins célèbre par ses œuvres personnelles que par ses nombreux disciples, Baujault,Gambos, Falguière, Hiolle, Ernest Barrias, Mercié, Gharles Gauthier, Lanson. Tous se sont illustrés :
gain, par ses magnifiques Groupes d'animaux; — frémiet, par ses Gombats d'hommes primitifs et de fauves, par sa statue de saint Michel, ses statues équestres de saint Georges et de Louis XIII, son Char de Pallas (qu'a exécuté en biscuit la manufacture de Sèvres); — garpeaux, par son
fronton au pavillon de Flore; son groupe de la Danse, d'un mouvement si ardent (à la façade de FOpéra) ; ses Saisons (à la fontaine de l'Observatoire) ; — corddsr, par son Amphitrite, ses femmes arabes ou égyptiennes ; — J. BEcauBT, par son Faune (1867), son Vendangeur, son Ismaël (au Luxembourg), sa statue de Victor Hugo (1901); — cha- TROussE, par son groupe d'Héloïse et Abélard (1857), « la Renaissance et l'Antiquité >, < Madeleine au désert » (1867) ; — SCHRŒDER, par sa Chute des feuilles (1859), sa Poésie pastorale, son c David » à l'église de Glignancourt).
CAVEUER est surtout célèbre par sa Pénélope endormie (1849), sa Vérité et sa Cornéîie (au Luxembourg), son groupe du Muséum à Marseille, ses sculptures de Saint- Augustin, son Pascal du square Saint-Jacques ; — sorroux, par sa statue de la République (1848), qui se dresse aujourd'hui devant l'Institut; — petit, par ses figures de Mars, de Persée, les Muses (à l'Opéra), le cardinal de Granvelle; — aimé millet, par Ariane, par Cassandre et Pallas (au Luxembourg), les tombeaux de Mûrger et de Baudin, le Vercingétorix colossal d'Alésia, le groupe d'Apollon qui surmonte l'Opéra; — scBŒNSwraK,. par sa Myrto et sa « Jeune fille à la fontaine » ; — a. garrier-belleuse, par son Hébé endormie sous l'aigle de Jupiter (1869); — André allar, par sa Mort d'Alceste.
LEauESNE, par son Faune dansant, son Soldat mourant (1857), sa Prêtresse de Bacchus (1870) ; — Eugène Guillaume, aussi fin critique d'art qu'admirable sculpteur, par son Faucheur, son Anacréon (1852), son groupe des Gracques, sa statue de l'archevêque Darboy (1875), son fronton et ses cariatides du pavillon Turgot, son Andromaque, son Orphée, enfin par ses bustes si expressifs ; -^ chapu, par sa- Jeanne d'Arc à Domrémy (1870), sa figure de la Jeunesse au monument de Regnault, sa Cantate (à l'Opéra), son tombeau de Mgr Dupanloup (1887).
PERRAUD, par son bas-relief des Adieux, son groupe de l'Enfance de Bacchus, sa statue du Jour (au jardin du Luxembourg) ; — Thomas, par son Virgile,- sa Mlle Mars, c Hippocrate et Hygie ^; — aizeun, par sa Judith.
baujault, par son Jeune Gaulois (1870) et le Premier Miroir (1873); — cambos, par sa Femme adultère (1866); —
rAMUiÉHB, par son Ophélie (1869), sa Danseuse égyptienne (1873), sa Diane de 1887, que tant d'autres Dianes ont suivie, son La Rochejaquelein, son cardinal Lavigerie plantant d'un gesle si résolu la croix sur la terre d* Afrique ; <
— HiouE, par son Arion (1870); — Ernest babbias, par sa € Jeune fille de Mégare » (1870), son Serment de Spartacus (1873), ses < Premières funérailles » (1878), son groupe de la Défense de Saint-Quentin, son monument de Victor Hugo, sa t Nature se dévoilant » ; — a. mercié, par sa Dalila (1870), son David vainqueur de Goliath, son Génie des arts (au nouveau Louvre), son groupe à la fois funèbre et triomphal du Gloria victis, son Quand même, sa Jeanne d'Arc, à laquelle la France vaincue souffle les ardeurs du dévouement et du sacrifice; — Charles Gauthier, par son monument de Besançon qui représente Jouffroy d'Abbans (le second inventeur de la navigation à vapeur) et la statue du sergent Blandan à Boufarik (Algérie) ; — lan- SON, par sou Age de fer (1882), etc.
Dans la génération de statuaires qui est sortie des ateliers de ces maîtres, on peut nommer : bartholdi, de |Golmar, élève de Falguière, l'artiste puissant qui dota 'sa ville natale de la statue de Rapp et du monument de Dumont-d'Urville, qui a sculpté le rocher de Belfort en un lion gigantesque, la statue colossale de la Liberté qui se dresse à New-York, le groupe d'Amphitrite qui décore à Lyon la place des Terreaux, la statue équestre de Vercingétorix pour la ville de Clermont; — dubois-pigalle, l'auteur de Narcisse au bain (1863), du Chanteur florentin (1865), d'Eve naissante (1873); — idbac, dont le Luxembourg a recueilli la Salammbô et le c Mercure >, et qui a dressé devant l'Hôtel de Ville la statue équestre d'Etienne Marcel ;
— DELAPLANCEE, dout OU admire, au même musée, « Eve après le péché > et f Message d'amour >; — pauiduboBj qui nous a donné une Jeanne d'Arc et modelé une statue tombale du duc d'Aumale — guilbert, qui a exécuté plusieurs statues de Thiers, le monument de Dolet sur la place Maubert*, une figure colossale de Christophe Colomb pour la République Dominicaine ; — turgan, qui a dressé le groupe de c TAveugle et le Paralytique > (1888).
bartholomé avec son tragique « Monument aux morts » ; —
TUECH, avec son saint Antoine de Padoue et le vigouretix buste de Jules Ferry; — gardet, l'élève et Témule de Frémiet et de Gain pour les groupes d'animaux; — valton, élève de Frcmiet et Barye et qui a également suivi les îtraces de ses maîtres. — injalbert, auteur de Nymphes, de Satyres et de Bacchanales, et d'un buste populaire de la République; — de s AmT-M arceaux, d*un talent gracieux •et fort; — maroueste, auteur d'une Eve, d'une Maternité, d'une Cigale ; r— granet, cûutan, verlet, g. highel, qui travaillèrent à la décoration du pont Alexandre III ; — dalou, dont le € Triomphe de la République > fut inauguré en 1900; — «CARLÈs, l'auteur du c Soldat expirant » ; — a. boucher, l. pagel,