II. La politique européenne
La France sort de son Isolement en Europe. — La
période de notre histoire qui s'étend de Philippe VI à Louis XI avait été remplie par les luttes contre deux puissants vassaux du roi, le duc de Normandie, roi d'Angleterre, et le duc de Bourgogne, souverain des Pays-Bas. On peut l'appeler « la période des guerres anglaises et bourguignonnes ».
Resserrée entre ces deux puissants États qui l'envahissent, la démembrent et menacent de l'absorber, obligée de lutter pour son existence même, livrée à une crise douloureuse de transformation intérieure, la France des Valois ne peut s'occuper de ce qui se passe dans le monde. Nous n'avons plus de grandes expéditions au delà des mers comme au temps des croisades; nous n'avons pas encore de grandes guerres européennes au delà des Alpes. Toute notre histoire se passe sur notre sol. Il en est de même pour les autres nations européennes : chacune est occupée chez elle *. L'unité qu'avait présentée l'Europe au temps où les grands papes s'étaient emparés de la direction des peuples et des rois n'existe plus; l'unité qu'établira plus tard la reconnaissance par tous les États européens de certaines règles communes n'existe pas. Il n'y a plus la Chrétienté y
Morements et sa hiérarchie sacerdotale, apparaissait comme un antre christianisme.
1. L'Espagne est occupée par sa latte contre les Arabes qui détiennent encore une partio de ses provinces, l'Italie par la rivalité des villes et des petits états qui la composent, l'Allemagne par l'antagonisme du pouvoir impérial et des souverains féodaux, l'Angleterre elle-même par ses guerres civiles, dont la plus célèbre et la plos sanglante fut celle des Deux Roses.
il n'y a pas encore VEurope, C'est la période d'isolement national.
Or, à l'époque de la Renaissance, la France, débarrassée des guerres anglaises et bourguignonnes, remise en possession de son territoire, sortie de cette douloureuse épreuve de cent années plus robuste, commence à s'occuper de ce qui se passe au delà de ses frontières. Pour elle, l'âge des relations internationales commence.
D'autres nations ont accompli le même travail de transformation ^ Tous ces États, qui ont réussi à se dégager du chaos du moyen âge, ont leurs ambitions, leurs intérêts, leurs rivalités. Ils comprennent cependant qu'ils ne peuvent pas s'attaquer à la légère, comme faisaient les petits barons du moyen âge et qu'il faut observer certaines règles dans la paix et dans la guerre, sous peine de retomber dans la barbarie d'autrefois. En un mot, il faut créer un droit nouveau, qui réglera les rapports entre les nations, comme le droit civil règle les rapports* entre les particuliers.
L.e droit des gens, la diplomatie, Téqulllbre européen. — Ce sont les petits États italiens, plus civilisés et plus faibles que les grands États européens, ce sont surtout les Vénitiens, qui fixèrent les principes de la politique moderne. Le droit nouveau qui réglait les rapports d'États à États s'appela le droit des gens {jus gentium), c'est-àdire le droit des nations.
D'abord, auprès de chaque monarque ou de chaque république, les Vénitiens entretinrent un agent à poste fixe, chargé de les renseigner sur les dispositions de ces gouvernements, de s'entretenir fréquemment avec leurs chefs, 4le dissiper les malentendus et de prévenir les conflits. Bientôt, auprès de chaque cour européenne, il y eiit un représentant attitré de toutes les autres cours. L'art de
1. L* Angleterre est débarrassée de ses guerres civiles, TEspagne des Arabes ; en Allemagne, si l'Empereur n'a pu réduire les autres souverains À l'obéissance, les principaux souverains ont du moins fondé des États; si ritalie n'a pu se constituer en un seul corps de nation, du moins il s'y est élevé un certain nombre de gouvernements puissants, le duc de Savoie, le duc de Milan, le duc de Toscane, le pape, le roi de Naples, les républiques de Venise et de Gènes.
LA POLITIOUE EUROPÉENNE 475
conduire les négociations, de discuter les traités, de maintenir la paix, s'appela dès lors la diplomatie.
Les Vénitiens, et bientôt aussi les autres peuples, comprirent qu'il était de l'intérêt de chacun que nul État ne pût devenir assez fort pour menacer la liberté des autres. Si un prince, par suite d'héritages ou de conquêtes, arrivait à un degré inquiétant de puissance, les États plus faibles n'avaient qu'un moyen [de préserver leur indépendance, c'était de s'associer de manière à lui faire contre-poids. Dès lors, le maintien de l'équilibre européen devint un principe de la politique. Il n'y eut bientôt plus aucune guerre dont tous les autres États ne prissent souci. Le temps n'était plus où l'Angleterre pouvait, comme dans la guerre de Cent ans, écraser la France sans que nul autre peuple ne s'en émût. L'histoire, à partir du xv« siècle, nous montre souvent des princes aspirant à une puissance excessive, ambitionnant, ainsi qu'on les en accusait, la monarchie universelle : toujours ils sont ramenés à des prétentions plus raisonnables par l'effort commun des autres peuples, qui forment des ligues ou des coalitions.
Ainsi, quand Charles VIII devient redoutable en Italie, plusieurs États de l'Italie et de l'Europe se réunissent contre lui. Au temps de Louis XII, il y a des ligues, d'abord contre Venise, puis contre la France. Dans la lutte de François I®*" et de Charles-Quint, on voit l'Angleterre et d'autres États se porter tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, suivant que Charles ou François semble mettre en danger l'équilibre européen. Pour assurer cet équilibre, on va chercher au loin des puissances nouvelles, qui jusqu'alors ne s'étaient pas mêlées aux affaires de l'Europe : François le"" intéresse à sa cause le sultan des Turcs; contre le sultan des Turcs, Charles-Quint invoque le secours du shah de Perse; au fond du nord, le Danemark, la Suède, la Pologne, sont entraînées dans cette querelle. Dans la première moitié du xvii« siècle, c'est contre la maison d'Autriche, que se forment les coalitions ; dans la seconde moitié du même siècle, c'est contre la France de Louis XIV.
Peu à peu, on arrive à considérer l'Europe comme un ensemble. La diplomatie rétablit ainsi cette unité européenne que la papauté avait ébauchée autrefois. Henri IV
rêva une république chrétienne, c'est-à-dire une organisation de l'Europe où tous les États, royaumes héréditaires, monarchies électives, républiques, auraient eu leur place. Il aurait voulu mettre à la tête de cette confédérationeuropéenne un conseil suprême, formé des délégués de toutes les nations, et qui aurait jugé les conflits entre les États, à la manière d'un tribunal, de façon à réprimer les injustices et à prévenir les guerres.
m. La Renaissance en Europe.
La civilisation italienne. ^ Les expéditions des Français en Italie, sous Charles VIII, Louis XII, François I", exercèrent sur la civilisation et les mœurs de notre paysune influence, sinon plus grande, du moins plus immédiate que la découverte de l'Amérique et des Indes.
Lorsque Charles VIII passa les Alpes pour la première fois, l'Italie était une contrée beaucoup plus civilisée que la France. Pour le commerce, pour l'industrie, pour la culture de l'esprit, pour l'éclat des arts et la commodité de la vie, elle était en avance sur nous peut-être de deux siècles. Depuis longtemps le trafic avec l'Orient et l'Egypte y avait accumulé d'immenses richesses, et ces richesses y avaient produit l'amour du luxe et des beaux-arts.
Tandis que le commerce de toute la France, à part Marseille et les cités du midi, était encore dans l'enfance, dédaigné des gentilshommes, pratiqué par les bourgeois d'après des idées timides et étroites, en Italie c'étaient les. plus puissantes et les plus nobles familles qui créaient des banques , armaient des navires , établissaient des comptoirs dans les ports de l'Orient et, par l'Egypte, entraient en relations avec les Indes. Les Médicis, qui devinrent plus tard grands-ducs de Toscane et donnèrent deux reines à la France, avaient commencé par être des marchands. La puissante république de Venise avait pour première préoccupation le commerce. Son doge n'était que le chef d'une puissante oligarchie de négociants. Venise ne faisait la guerre, ne remportait des victoires, ne conquérait des royaumes et des îles, que pour établir de nouveaux comptoirs.
Les grands négociants de Fltalie entendaient d'ailleurs le commerce noblement. De l'Orient, ils ne rapportaient pas seulement des épices et des soieries, mais aussi de précieux manuscrits des auteurs anciens. Enfin les savants, les philosophes, les artistes byzantins, qui fuyaient la barbarie des Turcs, apportaient en Italie les vieilles traditions de la civilisation grecque.
Aussi, dès le xv« siècle, l'Italie tout entière est le siège d'une brillante civilisation. En Italie, toute une classe de lettrés, les hamanistes, se consacre à cette étude humaine par excellence, celle des grands écrivains grecs et latins. On pénètre plus profondément dans leur esprit, et on dégage de leurs écrits ces idées de liberté intellectuelle qui, un jour, finiront par renouveler le monde. En Italie, on n'a jamais asservi la science à la théologie; on n'en est plus, comme en France, à suivre aveuglément quelques ouvrages mal traduits ou tronqués d'Aristote ; on connaît toute lœuvre d'Aristote, on connaît les œuvres du « divin Platon ». On discute tous les systèmes des anciens philosophes grecs, on s'est habitué à penser librement. A l'imitation de l'antiquité classique, se créent des genres littéraires inconnus en France, et les poètes italiens, Pétrarque, le Tasse, l'Arioste, charment le peuple comme les grands. Les œuvres de nos historiens, si l'on en excepte Gommines, paraissent enfantines à côté des œuvres viriles et profondes de Guichardin et de Machiavel. L'économie politique, si profondément ignorée en France, est en Italie l'objet de traités spéciaux; elle est étudiée par quiconque aspire au gouvernement des cités. La politique y est traitée comme une science, et les rapports que les ambassadeurs vénitiens envoient à leur gouvernement sur les cours et sur les peuples de l'Europe sont des modèles de fine observation et de haute sagesse.
C'était principalement sous le rapport artistique que l'Italie était incomparable. Il s'y était créé une architecture nouvelle, qui se rapprochait des modèles romains et qui reposait sur une connaissance profonde des mathématiques. G'est Brunelleschi qui révéla cet art nouveau en élevant, à la stupeur des constructeurs de l'ancienne école, le dôme prodigieux de la cathédrale de Florence
(vers 1444). Le type le plus admirable de cette architecture <le la Renaissance, c'est Tœuvre de Bramante et de Michel- Ange, réglise Saint-Pierre de Rome, dont la vaste coupole, sans le secours d'aucun de ces contre-forts et arcsboutants qui maintiennent à grand'peine nos vieilles cathédrales, s'élance à 413 pieds et, avec la croix, à 487 pieds dans les airs.
Tandis que nos rois, au vieux Louvre, à Vincennes, habitaient encore des châteaux forts, moins palais que prisons, flanqués de tours, hérissés de créneaux, percés de meurtrières, où l'on vivait gêné et resserré, comme si l'on était toujours à la veille de soutenir un siège, les princes, les nobles et les riches bourgeois de l'Italie s'étaient fait construire d'élégants palais, où l'air et la lumière entraient à profusion, et qu'entouraient des jardins enchanteurs.
Dans chaque région de l'Italie, souvent dans de petites villes, s'étaient formées des légions de peintres et de statuaires. Florence eut son école florentine, Rome son école romaine avec Raphaël, Venise son école vénitienne avec le Titien et le Tintoret. Même de petites villes ont produit des artistes célèbres dans le monde entier : Padoue a Mantegna, Pérouse a le Pérugin, Vérone a le Véronèse. Ces artistes couvraient de merveilleuses peintures les parois des églises, des hôtels de ville, des palais, peuplaient de statues les terrasses, les galeries, les portiques, les jardins, les places publiques. Michel- Ange et Léonard de Vinci, les plus prodigieux de tous, étaient à la fois architectes, statuaires, peintres, ingénieurs. D'autres, comme Berivenuto Cellini, ciselaient avec un goût exquis les pommeaux de poignards et d'épées, les cuirasses et les boucliers, les bijoux, les pièces d'orfèvrerie; car rien de ce qui embellissait la demeure d'un noble italien ne. devait être médiocre. Ce n'étaient pas seulement les princes et les patriciens qui traitaient les artistes comme leurs égaux, les attiraient chez eux, leur prodiguaient l'argent et les honneurs; les évêques, les papes eux-mêmes, étaient pris de la passion universelle pour tout ce qui est beau et magnifique. Le rude pape Jules n ne pouvait se séparer du rude Michel-Ange, de même que Léon X, d'humeur plus bénigne, fit son favori du doux
Raphaël. En Italie, tout artiste était réputé noble, de même que tout noble était artiste dans l'àme. Inflaence de l'Italie sur la civilisation flrançalse. —
Quand nos rois, nos barons, nos chevaliers, tombèrent dans cette splendide Italie, ils furent pris d'un éblouissement. Un monde de jouissances élevées et délicates leur fut tout à coup révélé. Quand ils quittèrent le pays, ne pouvant «emporter, ni sa vie facile et brillante, ni ses édifices, ils emmenèrent du moins des artistes pour leur bâtir des palais semblables et les enrichir de pareilles merveilles, Charles VIII fît travailler des maîtres italiens à son château d'Amboise. Louis XII donna à Fra Giocondo le titre d'architecte royal, lui fît reconstruire le pont Notre-Dame et construire la grand'chambre du Palais de Justice qui existe encore. François P*" chargea Dominique de Cortone d'élever l'Hôtel de Ville de Paris; il livra au Rosso, au Primatice, les galeries de Fontainebleau; il attira en France Léonard de Vinci, Andréa del Sarto, Benvenuto Gellini ; il acheta à grands frais des statues, des tableaux, qu'on peut encore aujourd'hui admirer à notre musée du Louvre.
L.es sciences en Europe. — En 1543, le Polonais Copernic, né à Thorn, renouvelle l'astronomie en publiant son livre sur les « Révolutions des globes » [De revolutionibus ^rhium celestium), et fait connaître le véritable système du monde. Il replace le soleil au centre de notre groupe de planètes; il montre la terre accomplissant autour de lui, en vingt-quatre heures, sa révolution quotidienne et en 365 jours et six heures sa révolution annuelle. Vers la fin de ce siècle, le Danois Tycho-Brahé, dans son magnifique observatoire d'Uranienbourg, élevé par le roi Frédéric II, étudie la réfraction de la lumière sidérale dans notre atmosphère et donne la théorie des comètes.
Les mathématiques et l'astronomie font de tels progrès qu'en 1582 le pape Grégoire XIII corrige les erreurs du calendrier en usage chez nous depuis Jules César, et qu'on appelait le calendrier julien. Cette réforme, c'est la réforme dite grégorienne. Le nouveau calendrier, c'est le calendrier grégorien.
En 1590, à Middelburg (Hollande), Zaccharie Jansen,
lunetier, invente le télescope *, qui va permettre de fouiller les profondeurs du ciel, puis le microscope, qui rendra perceptibles les infiniment petits.
Les sciences naturelles font de grands progrès, surtout dans les pays allemands : Georges Bauer, né en Saxe, plus connu sous son nom latin d'Agricola, fonde la minéralogie ; Conrad Gesner, de Zurich, étudie 1800 espèces de plante» et, de 1551 à 1558, publie les quatres premiers livres de son immense « Histoire des animaux ».
La médecine tend à devenir une science 2.
André Vésale, né à Bruxelles, mais élève de nos universités de Montpellier et de Paris, est le premier qui ait enseigné publiquement ranatomie. Il va au gibet de Montfaucon-recueillir les os des suppliciés pour en composer des squelettes. Bravant le préjugé, il dissèque des cadavres. Ses ennemis l'accusent même d'avoir ouvert un hommevivant ; il a beaucoup de mal à se tirer des griffes de l'inquisition d'Espagne. En 1543, l'année même où paraissait l'ouvrage de Copernic, il publie son grand traité d'anatomie : « De la structure du corps humain » [De corporis^ humani fabrica),
La découverte de la circulation du sang a été attribuée tantôt à Michel Servet, tantôt à Colombo. Servet, un? Aragonais, à la fois médecin et théologien, qui étudia la médecine à Montpellier et que Calvin, en 1553, fit brûler à Genève comme hérétique, est l'auteur d'un livre intitulé « Apologie du christianisme », dans lequel il mentionne-
1. Oq raconte que le hasard mit sur la voie de cette décoaverte. Lef^ enfants du lunetier Janaen, en jouant dans sa boutiquef remarquèrent qu*en plaçant deux verres de lunettes à une certaine distance l'un de l'autre, ils voyaient le coq du clocher beaucoup plus gros, et comme s'il était rapproché : Jansen, frappé de cette observation, ajnsla deux verre?» sur une planchette avec deux cercles de laiton pour les tenir. On fabrique aujourd'hui des télescopes colossaux : ceux de Jansen n'avaient d'abord que cinquante centimètres de long.
8. Le fameux Paracelse, de Schwitz, emprunta à la chimie de nouveaux médicaments, ût usage de l'opium et du mercure; mais il prétendait avoir trouvé un secret pour prolonger la vie pendant plusieurs siècles. Après avoir élé recherché par les princes, après avoir vu les étudiants se^ presser par milliers à ses cours et le peuple se prosterner devant lui et baiser les cordons de' ses souliers, il fut à la fin abandonné de tous et tnourut misérablement en 1541. Il fut à la fois un homme du moyen âge et un homme de la Renaissance, un alchimiste et un savant moderne.
LA RENAISSANCE EN FRANCE 48 k
cette découverte. Colombo, de Crémone en Italie, publia en 1559 son « Traité d anatomie » {De re anatomica), où il ne se borne pas à la mentionner, mais l'expose tout au long, en se fondant sur ses expériences personnelles. Il est à noter que l'histoire de cette découverte comprend trois époques : Colombo ou Servet, au xvi« siècle, n'ont connu que la petite circulation, celle qui se fait du cœur aux poumons; l'Anglais Harvey, en 1628, a constaté la circulation générale; enfin notre grand compatriote- Claude Bernard, au xix« siècle, a reconnu les circulations locales et déterminé le rôle des nerfs vaso-moteurs.
François Bacon, chancelier d'Angleterre, l'un des plus grands esprits de la Grande-Bretagne, qui en a tant produits à cette époque, contemporain de la reine Elisabeth et du puissant dramaturge Shakespeare, et qui était luimême historien, philosophe et savant, publie en 1605 soi> traité sur « La dignité et les accroissements des sciences ». En 1620, parait son « Nouvel instrument des sciences » {Novum organum scientiarum). Il a eu l'honneur de tracer la vraie méthode des sciences physiques et de poser les règles de l'observation et de l'expérimentation.
Nous allons voir maintenant à l'œuvre, en France méme^ la Renaissance.
lY. La Renaissance en France.
Llmprimerio en France. — C'est de 1436 à 1440 que- Gutenberg, de Mayence, découvrit à Strasbourg l'art d'imprimer avec des caractères mobiles. En 1469, trois élèvesde Gutenberg, viennent à Paris et s'installent avec leurs presses dans les bâtiments de la Sorbonne. Leurs noms méritent d'être conservés : ce sont les premiers imprimeurs qu'ait vus Paris. Ils s'appelaient Ulric Gering, Michel Friburger et Martin Crantz. Il fallut que le roi Louis XI les protégeât contre les préjugés de la foule, qui voyait en eux des sorciers. Bientôt, les imprimeries se multiplièrent à Paris même et dans les autres villes de France : avant l'année 1490, il y a des presses à Metz, Lyon, Angers^ Poitiers, Caen, Rennes, Besançon, Rouen, Orléans, etc.
L'imprimerie, qui allait devenir une des puissances des temps modernes , est modeste à ses débuts . Les livres ([u'elle produit semblent n'être d'abord qu'une contrefaçon (les manuscrits, dont on imite les caractères, les ornements, même les enluminures. Leur format est celui des manuscrits : ils s'impriment sur le vélin ou peau de veau. Jean Fûrst, de Bâle, vendait des Bibles imprimées comme Bibles manuscrites : il les faisait payer 350 francs de notre monnaie. Puis, l'emploi du papier de chiffon permit de produire des livres à meilleur marché.
Les Aide Manuce, imprimeurs vénitiens, se signalèrent dans FEurope entière par Télégance et la beauté de leurs ^caractères. François !«»• voulut introduire dans l'imprimerie française cette perfection. Il chargea Claude Garamond de fondre des caractères plus élégants encore que ceux de Venise, et les mit à la disposition d'imprimeurs d'élite, tels que Robert Estienne, qu'il nomma imprimeurs royaux. L'imprimerie-modèle de François le*" est doue l'origine de la célèbre « imprimerie royale » fondée par Louis XIII, en 1640, et qui est aujourd'hui « l'imprimerie nationale ».
L'imprimerie persécutée. — Bientôt l'autorité ecclésiastique s'inquiéta de la multiplication des presses et du grand nombre des volumes publiés. Elle craignit que l'art nouveau ne servît à répandre les livres contraires à la religion. François I®' eut la faiblesse, en 1535, de rendre un édit qui interdisait, sous peine de mort, d'imprimer quelque livre que ce fût. Heureusement, le parlement de Paris intervint et fit rapporter l'édit. Le règlement auquel le roi s'arrêta était encore bien rigoureux : le Parlement devait présenter au roi vingt-quatre personnes « bien qualifiées et cautionnées »; sur ces vingt-quatre, le roi en choisirait douze, qui auraient seules le droit, à Paris, d'imprimer les livres « approuvés et nécessaires pour le bien de la chose publique ». Il était interdit à tout autre de rien imprimer, sous peine d'être pendu.
L'imprimerie naissante était comme un jeune géant que l'on essaie vainement de garrotter et d'enchaîner : elle avait, à cette date, produit déjà dix-sept millions de volumes.
Bibliothèque du roi. — François !«' décida encore que l'on n'imprimerait dans le royaume aucun livre sans en remettre un exemplaire au « maître de la librairie du roi ». Ce fonctionnaire, qui était en même temps Taumônier du prince, commença une collection des ouvrages qui étaient soumis à sa censure. Cette collection est l'origine de la bibliothèque du roi, aujourd'hui la « bibliothèque nationale )), une des plus riches du monde.
La littérature de lu Renuissunce. — L'imprimerie, qui mit à la portée de tous les lecteurs les chefs-d'œuvre de l'antiquité, favorisa les études et répandit le goût des belles-lettres et des sciences. Elle contribua à former nos ^ands littérateurs du xvi* siècle. Nous ne pouvons que mentionner les plus illustres d'entre eux.
Le poète Ronsard, qui fut le chef de la pléiade ', essaya d'enrichir la langue française par des emprunts aux langues grecque et latine, mais il la surchargea de mots inutiles ou contraires à son génie. Marot, sans tomber dans cet excès, donna des poésies exquises, en une langue riche, souple et harmonieuse. Le huguenot d'Aubigné, dans ses « Tragiques », retrouva^ l'amertume et la vigueur de la satire antique 2.
Le poète satirique Régnier et le poète lyrique Malherbe, qui apparaissent à la fin du xm« siècle, annoncent déjà une autre époque : dans leurs écrits, la langue est déjà plus fixée, la fantaisie est moins libre et on sent l'approche du « grand siècle ».
Rabelais, dans ces éloquentes bouffonneries qui s'appellent « Gargantua » et « Pantagruel », osa critiquer les puissances civiles et ecclésiastiques du temps et, à travers mille plaisanteries saugrenues, traça un plan rationnel d'éducation. Montaigne, dans ses « Essais », causeries pleines de verve et d'érudition, prodigua les préceptes d'une philosophie pratique. Charron, dans son « Traité
1. La « Pléiade », à rimitation d^ane constellation céleste qui a sept étoiles, était une société de sept poètes; leur chef était Ronsard, les autres étaient Joachim du Bellay^ Dorat^ Antoine de Baïf, Belleau, Jodelle et Ponthug de Thiard. ^
S. Le goût pour la poésie était fort répandu à la cour des Valois, lis protégèrent et pensionnèrent Ronsard et Marot. Fraoçois !•' est l'auteur d'un quatrain célèbre et Charles IX était poète à ses heures.
de la Sagesse », donna pour base à la science le libre examen et le doute méthodique. Etienne de la Boétie, un jeune homme de dix-huit ans, dans le « Contre un » ou « Discours sur la servitude volontaire », réédita les maximes républicaines qu'il avait puisées dans la lecture des écrivains grecs et romains. Bodin, dans sa « République », nous donna notre premier essai de philosophie politique.
Amyot traduisit, dans ce français nouveau, un des ouvrages les plus populaires de l'antiquité : « Les vies des grands hommes » par Plutarque. Marguerite de Navarre et Bonaventure Despériers écrivirent des nouvelles et des contes. Biaise de Montluc, le vaillant capitaine, la reine Marguerite, femme de Henri IV, le vertueux La Noue, d'Aubigné, Pierre de l'Estoile, bien d'autres gentilshommes lettrés rédigèrent de curieux mémoires. Brantôme esquissa les biographies des « Dames illustres » et des « Illustres capitaines » de son temps. D'Aubigné est Fauteur d'une « Histoire universelle » ou plutôt d'une histoire contemporaine, où l'on retrouve la passion qui anime ses satires. De Thou, grave et consciencieux écrivain, qui se prépara à son important travail par l'étude des documents originaux, publia, également sur l'histoire de son temps, une œuvre remarquable d'exactitude et d'impartialité : malheureusement, par un dernier hommage à l'universalité de la langue des Romains, il écrivit en latin, renonçant ainsi à la gloire d'être un de nos grands historiens de langue française.
Le théâtre de la Renaissance. — A force d'étudier les tragédies grecques de Sophocle ou d'Euripide et les comédies latines de Térence, nos Français se hasardèrent à les imitera
En 1552, Jodelle fit représenter à Paris, devant le roi Henri II, une tragédie intitulée « Cléopâtre ». Lui-même y joua le rôle de la reine d'Egypte, et les autres rôles furent distribués à quelques-uns des amis. Il croyait avoir ressuscité la tragédie antique : aussi, après le succès de la
1. Ici, comme presque partout, les Italiens nous avaient devancés, car Bibbiena, en 1508, avait donné sa comédie de « Galandria » et le Trissio, en 1515, sa tragédie de « Sophonisbe ».
LA RENAISSANCE EN FRANCE 48lr
pièce, ses amis et lui allèrent à Arcueil célébrer leur rictoire dans un festin, où parut un bouc couronné de lierre et de fleurs, en Thonneur de Bacchus, dieu de la tragédie. En réalité, il avait fondé la tragédie classique françaiseet préparé les voies à Corneille et à Racine. Il avait aussi rompu avec la tradition théâtrale du moyen âge. On est tenté de le regretter, car les « Mystères » auraient pu, entre les mains d'un Corneille ou d'un Racine, nous donner un théâtre- sinon plus national, du moins plus populaire, que la tragédie classique.
Après Jodelle, qui est aussi Fauteur de « Didon », vinrent Garnier, puis Hardy, le plus fécond de nos auteurs dramatiques, car il a écrit, dit-on, sept cents pièces, et fut moins un écrivain qu'un entrepreneur de théâtre.
Jodelle eut aussi l'honneur de nous donner notre premièrecomédie ; il fut donc un précurseur de Molière en même temps que de Corneille ; il sortit de la tradition comique du moyen âge comme il était sorti de sa tradition dramatique. Sa comédie intitulée « Eugène ou la Rencontre » fut jouée le même jour que « Cléopâtre ».
La révolution est complète maintenant dans le monde des lettres : la littérature du moyen âge a fait place, dans toutes les branches, à la littérature de la Renaissance, inspirée de l'antiquité.
La philosophie et les seienees de la Renalssanee. ~ Sous la double influence de l'antiquité et de l'Italie, l'esprit français se dégage de la vieille scolastique. Pierre- La Ramée, qui se fait appeler Ramus, s'insurge contre le faux Aristote des écoles et prêche la philosophie de Platon. Les scolastiques se vengeront en le comprenant dans le massacre de la Saint-Barthélémy.
Le grand nom de l'époque, dans les sciences exactes,, c'est Jérôme Cardan, né à Paris en 1501 et mort à Rome en 4576. Il fut en relation avec le célèbre mathématicien, italien Tartaglia et apprit de lui, comme un secret, en. jurant sur les Évangiles de ne pas le révéler, des règlesd'algèbre : cela ne l'empêcha de les publier dans son traité^ intitulé Ars magna. Il fit progresser la science et parvint à résoudre des équations du quatrième degré : Butéon ou Borrel, Dauphinois, fut le premier Français qui, pour faci-
486 CIVILISATION FBANÇAISE
liter le calcul algébrique, représenta par des lettres les inconnues des équations. Oronce Fine, de Briançon, Jacques Peletier, du Mans, Pierre Ramus furent aussi d'éminents précurseurs de François Viète, le grand mathématicien du règne de Henri IV (1540-1603).
Bernard de Palissy, persécuté comme huguenot et mort ta la Bastille en 1559, n'est pas seulement le persévérant artiste à qui l'on doit la poterie de la Renaissance : il est aussi l'un des créateurs de la science géologique. Constatant la présence de coquillages marins sur les hautes montagnes, il devine la théorie des soulèvements de Técorce terrestre et les lois de la formation des terrains.
Parmi les Français qui s'adonnèrent aux sciences naturelles, citons encore : Guillaume Rondelet (1507-66), qui écrivit sur les oiseaux et les poissons; Pierre Belon, qui parcourut FÉgypte et la Palestine pour perfectionner son ouvrage sur les oiseaux et les poissons, publié vers 1551 avec des planches; Mathias de Lobel, né à Lille, qui lit de longs voyages en vue d'étudier les plantes et qui essaya de les classer d'après une méthode scientifique; Jacques Dalichamp, qui publia un grand traité de botanique avec 2731 gravures sur bois.
A l'histoire de la médecine française se rattachent, par certaines particularités de leur existence, l'Aragonais Servet et le Belge Vésale. Ambroise Paré, de Laval, est un Français (1517-1590). Ses prédécesseurs, étonnés de l'aspect que présentaient les blessures faites par les armes à feu, s'étaient imaginés qu'elles étaient empoisonnées : ils cautérisaient donc les plaies avec de l'huile bouillante, ce qui ne pouvait qu'augmenter les souffrances et la mortalité 4les blessés. Paré fît d'abord comme eux; mais, un jour que l'huile lui manquait, il se contenta de panser ses blessés avec de la charpie. Il passa la nuit dans l'anxiété, s'attendant à les trouver morts le lendemain. A sa grande surprise, ils étaient en bien meilleur point que ceux qu'on avait traités par l'ancienne méthode. Dès lors, il renonça h une pratique barbare et uniquement fondée sur la routine. Il ne demanda plus qu'à l'observation les moyens de faire avancer la science. C'est lui qui guérit Henri le Balafré, duc de Guise, d'une blessure regardée comme
mortelle. En un mot de la barberie, ou art du chirurgienbarbier, il fit sortir une science : la chirurgie.
Coliège de France. — La yieille Université est maintenant dépassée par toutes ces sciences nouvelles qui s'éveillent autour d'elle. Comme elle s'obstine dans ses errements, François I®', par les conseils du savant Budé, crée le Collège de France, auquel il aurait voulu donner pour chef le célèbre Érasme de Rotterdam. On y professe l'hébreu, le grec, le latin : aussi l'appelle-t-on le collège des trois langues. On y enseigne la libre philosophie, les sciences physiques et naturelles, tout ce que les maîtres de l'ancienne école se refusent à admettre et à enseigner.
Des œuvres d'érudition commencent à paraître chez nous. Robert Estienne publie son « Trésor de la langue latine » (1549); son fils, Henri Estienne, le « Trésor de la langue grecque » (1572). C'est donc à ces deux imprimeurs, qui furent aussi de profonds savants, que nous devons les premiers grands dictionnaires des deux langues classiques. Grouchy, de Rouen, donne son savant traité sur « les Comices des Romains ».
L'éducation de la Renaissamee. — Les deux maîtres en pédagogie sont, au xvi® siècle, Montaigne et Rabelais.
Montaigne flétrit les châtiments corporels en usage dans les collèges de son temps : « C'est, écrit-il, une vraie geôle <le jeunesse captive... Arrivez-y sur le point de leur office, vous n*oyez que cris, et d'enfants suppliciés, et de maîtres enivrés en leur colère. Quelle manière pour éveiller l'appétit envers leur leçon, à ces tendres âmes et craintives, de les y guider d'une trogne effroyable, les mains armées de verges! Inique et pernicieuse formel... Combien leurs classes seraient plus décemment jonchées de fleurs et de feuilles que de tronçons d'osier sanglants!... Je n'ai vu autre effet aux verges, sinon de rendre les âmes plus lâches ou plus malicieusement opiniâtres. »
Le héros de Rabelais, Gargantua, est sorti des mains des pédants du moyen âge, par conséquent « fou, niais, rêveur et assoté ». On le confie à Ponocratès, un précepteur de la nouvelle école, qui le régénère par une méthode rationnelle de travail, par l'étude des bons auteurs de l'antiquité, par celle des sciences, par celle des belles œuvres artistiques.
Nous trouYons dans ce plan d'éducation de Rabelais tout ce qui a été recommandé par les madtres éminents des siècles suivants : les exercices physiques, gymnastique, équitation, tir, escrime, natation, pour renouveler les forces épuisées par le travail intellectuel ; Tétude de la nature, non dans les livres, mais par Tobservation et par l'expérimentation; la morale considérée, non comme une science revêche, mais comme le fond même de la vie, et se mêlant à toutes les autres leçons ; Téducation technique, telle que Rousseau la comprendra au xviii® siècle, car Rabelais veut que son élève travaille de ses mains, qu'il visite les ateliers des orfèvres, tailleurs de pierreries, chimistes, monnayeurs, tisseurs, teinturiers, ouvriers en glaces, etc. En un mot à l'éducation par les mots, trop souvent vide et creuse^ qui avait été celle de la scolastique, et qui sera encore celle des jésuites, Rabelais veut substituer l'éducation par les idées et les choses.
L'art de la Renaissanee. — L'exemple des maîtres italiens ne fit qu'accélérer le mouvement de rénovation qui avait déjà commencé chez nous. Nos artistes ne s'inspirent pas seulement des modèles italiens, mais aussi, et surtout, des modèles antiques. Ils n'étaient pas hommes à rester de dociles imitateurs. Ils créèrent un art vraiment français, .tout original, et qui soutient la comparaison avec l'art italien.
L'architecture de la Remalssanee. — C'est par des artistes français que se bâtirent ces palais et ces châteaux qui constituent une époque nouvelle de l'architecture : l'art de la Renaissance opposé à l'art du moyen âge. Avant même que Fra Giocondo fût venu en France, l'hôtel de Cluny (où est aujourd'hui le musée de ce nom) s'était élevé à Paris entre les années 1440 et 1490 *.
Pierre Nepveu, dit Trinqueau, et Jacques Coqueau bâtissent le château de Ghambord; Pierre Lescot construit l'hôtel Carnavalet et commence le Louvre que continuera Jacques Lemercier, sous Henri IV, et auquel Perrault, sous
1. Citons, do la fin du xv* siècle et du commenoement du xvi«, l'hôtel du seigneur de Bourgthéroulde à Rouen, achevé sous François l" par rarchitecte Guillaume Leroux et dont les bas-reliefs extérieurs représentent les scènes de l'entreviie an camp du Drap-d'Or.
Louis XrV, ajoutera sa magnifique colonnade; Philibert Delorme élève le château d'Anet pour Diane de Poitiers et les Tuileries pour Catherine de Médicis. Jean BuUant bâtit Écouen pour le connétable de Montmorency. Que d'autres merveilles par toute la France : Fontainebleau, Saint-Germain, Gaillon, Amboise, Ghenonceaux, Chantilly, etc. Le seul aspect de ces châteaux, qui sont des palais et non plus des forteresses, indique que nous sommes entrés dans une période nouvelle et que l'âge royal, un âge de prospérité et de sécurité relatives, a succédé à l'âge féodal *.
Ce qui caractérise Tarchitecture de la Renaissance, c'est le retour à l'arc de plein cintre, les formes rectangulaires et non plus ogivales pour les fenêtres et portes, l'emploi des colonnes et des colonnades, les frontons triangulaires; en un mot les principaux traits de l'architecture antique ou classique. Mais, au xvi« siècle, dans la plupart des monuments civils, on conserve, à côté des éléments classiques, beaucoup des éléments du moyen âge : tours à créneaux et mâchicoulis, tourelles, escaliers enfermés dans des cages faisant saillie, toiture aiguë à crête dentelée, fenêtres à croisillons, etc. Le mélange de ces éléments forme ce qu'on appelle Vart de transition. Ce n'est qu'au xvii« siècle que l'architecture civile changera complètement de caractère.
Quant à l'architecture religieuse, elle conserve plus fidèlement encore les traditions de l'âge précédent : la cathédrale d'Orléans, élevée au xvi® siècle, est ogivale; à Paris, Saint-Eustache et Saint-Étienne-du-Mont combinent l'ancien style et le nouveau. Ce n'est guère que dans les églises du xvii« siècle, à la Sorbonne, au Val-de-Grâce, aux Invalides, qu'on adoptera franchement l'architecture de la Renaissance italienne, y compris la coupole ou le dôme, dont le Vatican offre le type le plus remarquable : en sorte que les traits de l'architecture classique s'y associent à ceux de l'architecture byzantine.
La sealplare de la Renaissanee. — Aux statues qui décoraient nos vieilles cathédrales, souvent encore raides et sévères, encore gênées par la tradition sacrée, succèdent
1. Plus tard, sous Marie de Médicis et Richelieu, Jacques Lemercier élèvera le Palais-Royal et la Soïijsonne, Androuet du Cerceau l'hôtel de Suliy, l^e Muet le palais du Luxembourg.
des œuvres d'un caractère plus profane, où l'on sent que l'artiste s'est inspiré des chefs-d'œuvre antiques et a étudié de près l'homme vivant. Jean Goujon sculpte les cariatides du Louvre, les nymphes de la fontaine des Innocents, la Diane chasseresse, pour laquelle a posé Diane de Poitiers, les statues qui décorent, au Louvre, le pavillon de l'Horloge, les Quatre saisons de l'hôtel Carnavalet. Germain Piloh modèle le groupe des Trois Grâces, dresse les tombeaux du chancelier de Birague et de du Bellay. Sur le tombeau de Henri II, il couche le roi et la reine, non plus cachés sous l'armure ou sous les amples draperies, comme les rois et les reines d'autrçfois, mais dans la splendide nudité de statues païennes. On doit à Jean Cousin les tombeaux de l'amiral de Chabot, de Louis de Brézé, de Diane de Poitiers, ainsi que les bustes des deux grands rivaux, François P' et Chàrles-Quint *.
La peinture de la Renaissance. — Jean Cousin (1500i589) est aussi un peintre : il a fait les vitraux des églises de Sens, Metz, Vincennes. Après Michel-Ange, il a osé exécuter un « Jugement dernier », plein de mouvement et de sombre fantaisie. Il n'est pas seulement un artiste, mais un théoricien de l'art. Il a publié « Le livre de la Perspective » et « La vraie science de la portraiture ».
François Clouet, dit Jehannet (1500-1572), nous a laissé un précieux portrait de Charlçs IX et de sa femme, Elisabeth d'Autriche. Il est le chef de toute une école d'artistes, à qui nous devons ces portraits, si fins d'expression et déjà si achevés de facture, pleins de révélations sur le caractère des personnages, qui forment, au musée du Louvre, toute une galerie des personnages du temps.
Gourmont, vers 1557, a placé la « Nativité du Christ » dans le décor fantaisiste, mais grandiose, d'un temple ruiné.
Vers la fin du siècle, Ambroise Dubois, dans son tableau de « Chariclée subissant l'épreuve du feu » ; Fréminet, dans son « Mercure ordonnant à Énée d'abandonner Didon », annoncent ce que produira, au siècle suivant, l'école française dans la peinture d'histoire.
1. Sous Henri IV, il faut citer Dapré qui fit ^la statue de ce prince, U campa sur un cheval de bronze apporté d'Italie et Tinstalla au Pont-Neuf.
LA RENAISSANCE EN FRANCE 49i
En somme, la peinture sur toile n'a pas encore au xvi® siècle l'importance qu'elle prendra plus tard chez nous ; nous restons inférieurs aux Italiens, aux Flamands. Nous nous distinguons surtout, comme au moyen âge, dans les arts secondaires de la peinture : émaux, faïences, vitraux, miniatures, etc. Bernard de Palissy, avec ses faïences émaillées, est un des grands noms artistiques de l'époque.
La musique de la Renaissanee. — C'est au xvi« siècle, nous l'avons vu, que de nouveaux instruments de musique s'introduisent : entre autres les violons, le trombone, les instruments à clavier; tous les autres vont se perfectionnant et diversifiant leurs formes. Les Italiens font accomplir à l'art d'énormes progrès : d'une part, ils donnent plus d'expression à la musique religieuse et, d'autre part, ils créent la musique de théâtre : l'opéra et le ballet *.
En France, Goudimel, un Franc-Comtois, qui fut le maître du fameux Palestrina et qui périt en 1572 à Lyon dans les massacres de la Saint-Barthélémy, commença la renaissance de l'art lyrique français. Il mit en musique, à quatre parties, les psaumes traduits en français par Clément Marot : c'étaient ses airs que chantait la cour de Catherine de Médicis, à l'époque où celle-ci favorisait les huguenots.
Robert de Lassus, de Mons en Belgique, avait aussi donné une musique des psaumes qui impressionna vivement Charles IX. Il est le premier qui ait indiqué les mouvements par des mots italiens, allegro, adagio, etc.
1. Ea 1550, Palestrina renouvelle la musique d'église et l'enrichit de toutes les ressources créées par les artistes séculiers, tout en lui gardant une majestueuse simplicité. Par opposition à l'ancien chant d'église, cette musique perfectionnée s'appelle la « musique figurée ». Sa Messe, dédiée à la mémoire du pape Marcel II, enthousiasme les pères du concile de Trente et gagne dans l'Église la cause de l'art nouveau. La musique profane se crée des genres nouveaux. Le Florentin Vincent Galilée fait d'un épisode du poème de Dante, la mort d'Ugolin, un drame lyrique. En 1600, dans les fêtes données à Florence à l'occasion du mariage de Henri IV avec Marie de Médicis, Caccini met en scène la fable d'Orphée et Eurydice, et l'Enlèvement de Céphale. A Rome, la même année, un mystère religieux est représenté dans une église, en musique, avec décors et danses. Enfin Claudio Monte verde, maître de chapelle à Saint-Marc de Venise, va donner^ au commencement du siècle suivant, quelques-uns des premiers opéras, comme « Orphée et Eurydice, » et l'un des premiers ballets, les « Ingrats ».
Les Français ne composent pas seulement de la musique religieuse : on doit à Clément Jannequin un chœur «à quatre parties, qu'on exécute encore aujourd'hui : la « Bataille de Marignan » ; puis les » Chansons de guerre et de chasse », les « Oiseaux », 1' « Alouette », le « Rossignol, M le « Caquet des Femmes », qui sont des essais d'harmonie imitative, d'une invention variée et originale. Claudin, ou Claude Lejeune, de Valenciennes, musicien de la cour de Henri III, y compose un ballet intitulé « Gérés ^t ses Nymphes ».
L'art militaire de la Renalssaiiee. — L'étude de l'anti- • quité a répandu la connaissance des traités grecs et romains 5ur l'art militaire. Ceux-ci, à cette époque, furent très souvent imprimés, soit dans le texte original, soit dans des traductions itahennes et françaises ^.
Non seulement on traduisait, on imprimait les anciens, mais des ouvrages originaux se publiaient sur l'art milittaire. Cela commença par les Italiens ".
Les Français", à leur tour, se préoccupèrent non plus -seulement de la pratique, mais de la théorie de cet art de la guerre qui leur fut toujours si familier. Aux ouvrages -sans originalité du moyen âge ', à de pures compilations
1. Parmi les auteurs latins, V Abrégé de l'art militaire de Végèce, les Stratagèmes de Frontin, le Vocabulaire militaire de Modestus ; parmi les auteurs grecs, la Milice romaine et la Castramétaiion de Polybe, la Taetique d*Élien, VÉduceUion d'un général d'Onosauder, VArt militaire de Tempereur byzantin Léon, les Stratagèmes de Polyène, l'ouvrage de XénopboQ sur la cavalerie.
Le premier auteur d*art militaire qui ait été imprimé, c'est Modestus : à Venise, en 1471. En 1514, s'éditent, sous le titre de Buses et cautelles de guerre» des extraits de Frontin. En 1530, se publient, également à Paris ■<et en français, Végèce, Frontin et Élien, avec gravures ajoutées à la traduction. Il y a des traductions françaises de Polybe en 1545, d'Onosander en 1546.
2. Machiavel, de Florence (1469-1527), dans plusieurs de ses écrits, le PrincCy les Discours sur Tite-Live, VArt de la guerre, se préoccupe des moyens d'assurer à l'Italie une armée nationale, de l'exercer, de la con- •dnire à la victoire. D'autres auteurs italiens écrivent des traités sur toutes les parties de l'art militaire : exercices, discipline, tactique, opérations en •campagne, attaque et défense des forteresses.
3.' Comme le livre XI du Miroir doctrinal du moine Vincent de Beauvais, sous saint Louis ; comme le Gouvernement des princes, de Golonna, archevêque de Bourges, dédié à Philippe le Bel ; comme VArt de chevalerie suivant Végèce, de Christine de Pisan, sous Charles V; comme V Arbre des batailles du théologien Bonnet ou Bonnor.
d'auteurs anciens, à des œuvres de moines, de théologiens ou de femmes savantes, succèdent de vrais traités sur l'art de la guerre, œuvres d'hommes de guerre, qui commencent à raisonner leur métier.
Louis XI, l'auteur présumé du « Rosier des guerres », demande, comme Machiavel, qu'une armée nationale remplace les troupes mercenaires. Jean de Bueil publie le « Jouvencel », ou traité sur les opérations en campagne et les opérations de siège. Robert de Balsat imprime, en 1502, la « Nef des princes et des batailles de la noblesse ».
Puis viennent des livres aux titres moins pittoresques, mais d'une science plus précise.
En 1548, Guillaume du Bellay donne sa « Discipline militaire ou instruction sur le fait de guerre », qui entre dans des détails presque aussi minutieux que nos théories militaires d'aujourd'hui. En 1559, paraît à Lyon un ouvrage anonyme, « Institution de la discipline militaire au royaume de France ». En 1552, les « Maximes et avis du maniement de la guerre », par le seigneur André de Bourdeilles.
Les spécialités commencent à se dessiner, et en 1567 nous aurons le « Discours sur l'artillerie » de la Treille, qui est resté manuscrit; le traité d'Errard, publié en 1594 sur la « Fortification démontrée et réduite en art » ; enfin, en 1616, le « Gouvernement de la cavalerie légère», par Georges Basta. Et que de leçons d'art militaire ne renferment pas les « Commentaires » de Biaise de Montluc, que Henri IV appelait la Bible du soldat; les « Illustres capitaines » de Brantôme; les « Discours politiques et militaires » de La Noue ! Ainsi la guerre, qui jusqu'alors avait été une pratique, tend à devenir une science.
L'agriculture de la Renaissance, Olivier de Serres. — L'étude des agronomes anciens, Varron, Palladius, Caton, Columelle, amène au xvi® siècle une renaissance de l'agriculture. On sait que l'Italie nous avait devancés, puisqu'au XIV» siècle Charles V avait fait traduire un traité italien du xm«, celui de Pierre de Crescens. Pendant quelque temps on se borna à propager par l'imprimerie d'anciens traités : par exemple, en 1471 et 1474, à Augsbourg et Louvain, on imprima le livre de Pierre de Crescens; en 1542, à Paris, celui de Jehan de Brie, qui est du xiv« siècle. En 1496,
494 GIVaiSATION FRANÇAISE
on avait imprimé le « Calendrier des bergers », par Guiot Marchand.
Ainsi le xvi« siècle semblait vouloir s'en tenir à la science du moyen âge. Mais bientôt Charles Estienne édite, en 1554,. son traité d'agriculture ou Prœdium RusUcum, que son gendre Liébault traduit en français sous ce titre : « ta Maison Rustique. » En 4563, Bernard de Palissy publie un véritable traité d'agriculture intitulé : « Recepte véritable par laquelle tous les hommes de France peuvent apprendre à multiplier et à augmenter leurs richesses. )>
En 1600, nouveau progrès avec le « Théâtre d'agriculture et ménage des champs », par Olivier de Serres, gentilhomme protestant du Vivarais, né en 1539. Le succès du livre s'affirma par cinq éditions en dix ans : on sait que Henri IV le lut tout entier. Olivier de Serres considère vraiment l'agriculture comme une science : « une science plus utile que difficile, pourvu qu'elle soit entendue par principes, appliquée avec raison, conduite par expérience et pratiquée par diligence. » Dans son traité qui se par^ tage en huit livres *, il préconise la culture des plantes récemment introduites en France, celle du mûrier, de la
1. Dans l'ouvrage d'Olivier de Serres, le premier livre comprend la connaissance du temps, la composition des terres, les bâtiments rustiques, le» qualités et le degré d'instruction du propriétaire et du fermier. — Lesecond traite des procédés de culture, préparation du sol, labour, engrais, marnage, semences, récoltes ; parmi les instruments agricoles, il préconise la herse roulante, formée de deux cylindres garnis de dents de fer. — Le troisième traite de la plantation, de la culture, de la taille des vignes ; de leurs maladies et de leurs remèdes ; de la préparation des vins, cidre, poiré, hydromel. — Le quatrième^ des prairies naturelles et artificielles ; élève du bétail, chevaux, ânes, mulets; races bovine, ovine, caprine, porcine. — Le cinquième est consacré à la basse-cour, qui comprend non seulement les poules, oies, canards, dindons, pigeons, tourterelles, mais les animaux qu'on y élevait alors : paons, faisans, outardes, perdrix, cailles, hérons, cygnes,. sarcelles, canards sauvages, grues, cigognes, poules d'eau ; & la garenne ; aux poissons de l'étang et du vivier; au rucher; au mûrier et aux versa, soie. — Le sixième embrasse les diverses espèces de jardins : jardins potager, bouquetier, médicinal, fruitier; les procédés relatifs à la culture de» arbres, taille, greffe, bouture, marcottage; la conservation des fruits dan<$ les greniers et celliers. — Le septième traite de l'aménagement des eaux et des forêts. — Le huitième ^ax\e de la boulangerie, des provisions, salai* sons, confitures, conserves, vinaigres, pharmacie de campagne, médecine usuelle, et aussi de « l'honneste comportement en la solitude de la campagne », c'est-à-dire des occupations qui conviennent au gentilhomme, en premier lieu toutes les variétés de chasse : vénerie, fauconnerie, pipée, etc.
betterave, importés d'Italie; du maïs, originaire d'Amérique, mais qu'on appelle alors blé de Turquie; de la garance, qui a été réimportée de la Flandre dans le midi, dont elle allait être une des richesses ; du tabac, qu'il appelle « pet un » ou « nicotiane », qui a été apporté par .Nicot, ambassadeur du roi en Portugal, et qu'Olivier de Serres considère comme une sorte de panacée *. 11 recommande la culture du houblon pour améliorer la bière; celle du sainfoin, de la luzerne, du trèfle, à l'aide desquels on peut faire succéder les cultures alternes à l'ancien système des jachères, créer des prairies artificielles et développer l'élève du bétail. Il entre dans de minutieux détails sur l'éducation des vers à soie, la culture de la vigne, la préparation des vins. Il veut aussi acclimater dans les basses-cours le dindon, récemment importé du Mexique et qu'il appelle « poule d'Inde », et aussi la « cane d'Inde », qui doit être notre canard de Barbarie.
Il paraît que la pomme de terre commençait alors à être cultivée dans certains cantons, mais seulement pour la nourriture du bétail. Les premiers pieds de la salade dite romaine auraient été envoyés de Rome, en 1537, par Rabelais. La pintade, ou « poule d'Afrique », que les Portugais, au xv^ siècle, avaient importée d'Afrique en Europe, aurait été introduite vers le même temps dans nos basses-cours.
L'industrie et le commerce de la Renaissance. — On verra plus loin quelles industries nouvelles se développè-
1. Le tabac. « Les vertas de cette plante sont si grandes, dit Olivier de Serres, et en si grand nombre qu'à bon droit Ta-t-on appelée herbe de tous maux. Est souveraine pour guérir toutes sortes de plaies, en quelque partie du corps qu'elles soient, vieilles et nouvelles, brûlures, chutes, rompures. Mal de tète, de dents... Douleurs de bras et de jambes. Goutte, enflures, rogne, teigne, dartres, « noli me tangere » (gale), mules de talons. Difficultés d'uriner, d'haleiner, vieille toux, colique. Son eau distillée a les mêmes vertus, sa poudre aussi; mais surtout son huile, eomme ayant tiré la quintescence de la vertu de la plante. Des excellents onguents en sont composés pour servir à plusieurs remèdes. Les punaises sont tuées et bannies des châlits poar longtemps par le seul frotter avec
cette herbe La fumée du Pétun mâle, dit aussi Tabac, prise par la
bouche avec un cornet à ce approprié, est bonne pour le cerveau, la vue, l'ouïe, les dents, pour l'estomac, le déchargeant des flegmes, s'en servant le matin à jeun. >
Un certain Everart avait publié à Anvers, en 1587, un livre tout aussi élogieuz pour le tabac et intitulé : De kerba panacea.
rent chez nous au xvi« siècle, grâce en partie à Timitation des procédés italiens.
Les Italiens de Venise et de Gènes furent aussi nos maîtres pour le commerce. On commença à se préoccuper d'ouvrir à l'industrie nationale de nouveaux débouchés; on fit des traités de commerce avec plusieurs puissances, même avec le Grand-Turc; on acquit la notion de la balance du commerce, du rapport qu'il fallait établir entre l'importation et l'exportation. Le système de douanes n'eut plus uniquement pour but , comme autrefois, l'intérêt du fisc, mais la protection de certaines industries nationales. A l'exemple des banques italiennes, allemandes, flamandes, se fonde à Lyon, sous François I»"", par les soins du cardinal de Tournon, la première banque que nous ayons eue en France.
restaurateur des études grecques en France. ■— P. Janet, Hist. de la philosophie morale et pratique. — J.
Fleury, Rabelais et son oeuvre. — E.
Gebhardt, Rabelais^ la Renaissance et la Réforme. — A. Darmstetter et Hatzfeld, Le XVP siècle en France.
— Sainte-Beuve, TaAleau hist. et
Ouvrages a consulter : Leroy- Beaulieu, De la colonisation chez tes peuples modernes. — Jurien de la Gravière, Les marins du XY* et du XVI* siècle^ — Seeley, L'Expansion de VAnaleterre, trad. par Baille et Rambaud. — Gaifarel, Hist. de la Floride française et Hist. du Brésil français. — Dussieux, Le Canada sous la domination française. — Malte-Brun, Géographie, t. 'l" {Hist.
de la géog.) — Michel Chevalier, Le Mexique ancien et moderne. — L.
Simonin, L'or et l'argent. — Blanqui.
Hist. de l'économie politique.
Michelet, La Renaissance. — J.
Zeller, Italie et Renaissance. — E.
Gebhardt, Origines de la Renaissance en Italie. — Mûntz, Les arts à la cour des papes pendant le XV' et le XVI* siècle; — La Renaissance en Italie et en France à Vépoque de Charles VIII; — les Précurseurs de la Renaissance. — Burckhardt, La civilis. en Italie au temps de la Renaissance. — Buckle, Hist. de la civilisation en Angleterre, I et II.
— Benoist, Guichardin, historien et homme d'État italien,
Demogeot, Hist. de la littérature française. — Eeger, L'hellénisme en France. — Rebitté, Guillaume Budé,
critique de la poésie française au XVI* siècle. — Lenient, La satire en France au XVI* siècle. — E.
Chasles, La comédie au XVI* siècle.
— E. Faguet, Essai sur la tragédie française au XVI* siècle. — E.
Dareste, Etude sur François Hotman. — Froment, Essai sur Véloquence judiciaire en France avant le XVII* siècle.
, Charles Blanc, Hist. des peintres (Ecole française). — Lance, Château, Fétis, ouvrages cités au chapitre XIX.
— Audiat, Bernard PcUissif, — Marquis de Laborde, La Renaissance des arts à la cour de France.
Hœfer, Faye, Figuier, ouvrages ci* tés au chapitre XVIII . — Compayré, ouvrage cité au chapitre XVil. — Hardy, Hist. de la tactique française.
Musées a visiter : Musée du Louvre (salle des Clouet); Musée du Trocadéro, Musée de Gluny; les tombeaux de Saint-Denis.