SAUVAGES
ÉDUCATION DES ENFANTS SAUVAGES. 1668. 'l^'i
i^ nuer à travailler, comme ils ont commencé, à Tinftruc-
« tion des enfants sauvages & à les civiliser, pour les
« rendre capables de se joindre aux Français, sous lobéis-
(' sance de ceux qui ont l'autorité légitime du Roi (i). » (o Rcgidre des or-
Le même jour, Colbert écrivait à M. de Queylus lui- ^'" ^" Roi pour ics
' ' . , ->-- ^ Lompagniescieslndes,
même : « Sa Majefté a tort approuvé la résolution que 1669, i5 mai, fouo
a vous avez prise &: exécutée, de nourrir de jeunes sau- '4^-
« vages pour les élever dans les maximes de notre reli-
« gion 8: de la vie civile des Français, afin de ne compo-
« ser des uns 8»: des autres qu'un peuple, s'il ell: possible.
« Je sais qu'il ne faut pas moins de zèle, d'application &
« de piété que vous en avez pour réussir dans une sem-
« blable entreprise; mais dans Teftime que nous faisons
« ici de toutes les rares qualités qui sont en vous, nous
u avons lieu d'en espérer beaucoup de satisfaction. 'Vous
« m'obligerez sensiblement de me faire savoir ce qui se
« passe dans l'étendue de cette colonie (2). » Ces enfants (2)Rcgiitre des or.
furent reçus d'abord au Séminaire de Villemarie, où on '^'"^^ '^^ ^°'' '^ "^''^'
, '* ■ > I r • 1- • i66q, lettre à M. de
leur apprenait a parler français, a lire & à écrire. Pour Queyius, foi. 145. exciter l'émulation parmi eux, M. Dollier, le 8 juillet 1669, donna à deux d'entre eux des prix, qu'il crut être les plus propres à les faire persévérer dans ce nouveau genre de vie, quelque pénible qu'il pût paraître à leur naturel indépendant & si amateur de la vie des bois. Ce fut une somme de cinq cents livres qu'il donna à un petit garçon nommé Jacques Akikamega, âgé de treize ans, & une pareille somme à une petite fille, Louise Resikouki, âgé de douze ans, de la nation Algonquine; à condition que l'un & l'autre demeureraient à la maison du Séminaire, où ils seraient nourris & entretenus gratuitement, jusqu'à ce qu'ils fussent en état de régir leurs biens, c'eft-à-dire, âgés de dix-huit ans. Il fut fiipulé que si l un ou l'autre quittait la foi chrétienne ou simplement la vie Française, les cinq cents livres qui lui étaient données tourneraient au profit de quelque autre enfant sauvage que le Séminaire aurait choisi. Cette somme devait être représentée en marchandises qu'on enverrait de France, le printemps sui-