‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 190 sur 326 · VOYAGE, M. DE · texte numérisé non relu

VOYAGE, M. DE

LA SALLE VEND SA ,^, „, , . . ... , , .. . , , o SEIGNEURIE.

(*j Lnamplain avait ambitionne de taire cette découverte, «. c'était la plus grande gloire que lui souhaitait Lesçarbot dans ses vers.

Q,ue si tu viens à chef de ta belle entreprise,

On ne peut eftimer combien de gloire un jour

Acquerras à ton nom que déjà chacun prise ;

Car d'un fleuve infini tu cherches l'origine,

Afin qu'à l'avenir, y faisant ton séjour.

Tu nous fasses par là parvenir à la Chme (2), (^2) Les Muses de la

. . Nouvelle-France, par

Parlant de la gloire qu'Henri IV devait acquérir des découvertes Lcscarbot. Paris 1618. de Champlain, entreprises par l'ordre de ce Prince, Lesçarbot sup- in 8", p. 49. posait que le nom d'Henri serait connu des Chinois, & par une licence de pocte, s'adressant à Neptune, le dieu imaginaire de la mer, il lui disait :

Fais que, porté d'un trait léger,

Sur l'aile de ta large échine,

Je l'annonce au peuple étranger, (3) JbiJ. Au Roi,

(lui demeure au fond de la Chine (3). 7.

fonds pour se procurer les hommes & Téquipement nécessaires, & La Salle avait employé toutes ses faibles ressources, apportées de France, à faire, comme on Ta dit, quelques défrichements, & à commencer des conlfrudions de bâtiments sur son fief de Saint-Sulpice. Passionné pour cette découverte, & voulant à tout prix se procurer les secours nécessaires à son dessein, il eut recours à M. de Queylus, ou plutôt au Séminaire, à qui il offrit de vendre la seigneurie qu'il avait reçue de lui gratuitement. En vue de favoriser ce voyage, le Séminaire lui en acheta, en eff'et, la plus grande partie, le 9 janvier 1669, pour la somme de mille livres, payables en marchandises, à l'arrivée des vaisseaux de cette année à Québec; &, en outre, M. de Queylus promit de faire toucher une autre somme (0 Greffe de Ville- à uu nommé Lhuilier pour le compte de La Salle (i). En TrTspoitX' l'J'sZ ^^isant ainsi cette vente, La Salle n'eut pas d'abord l'intengneuriede Saint-Sui- tiou dc rcuonccr à sa scigncurie. Aussi retint-il pour lui ^"^^' la propriété de la partie qui formait son domaine, com-

posée de quatre cent vingt arpents, sur laquelle étaient les bâtiments commencés, & en outre se réserva-t-il la jouissance de cinquante arpents, situés dans les prairies & le lac nommé de Saint-Pierre ; et comme le Séminaire désirait, de son côté, que La Salle conservât en fief, avec tous les droits seigneuriaux, cette partie qu"il avait retenue, M. de Queylus lui donna, le 1 1 janvier 1669, un titre écrit par lequel il érigeait ces quatre cent vingt arpents en fief noble. Mais, par un changement qui dut surprendre M. de / Queylus & faire soupçonner La Salle de légèreté ou } d'inconffance, ce dernier, jugeant qu'il n'avait pas en j main les ressources nécessaires à son expédition, vendit, le 9 février suivant, à un taillandier, Jean Milot, déjà nommé, cette même seigneurie, & lui céda ainsi tous les droits de fief noble que le Séminaire venait de lui accorder à lui-même (*). La Salle vendit le tout pour la somme de

■*) Par le contrat de cette dernière vente, on voit qu'il y avait

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