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480 Iir PARTIE. LOUIS XIV.
nac, pour faire deftituer M. Perrot;, désirait de produire à la Cour des pièces juridiques qui ne fussent pas censées être son propre ouvrage; & pour cela il se servit du Conseil souverain^, alors entièrement soumis à ses volontés. Dès le lendemain^ le Conseil ordonna en effet d'informer, tant sur les contraventions de M. Perrot aux ordonnances royales, que sur sa rébellion dans Temprisonnement du , , , , . , . sieur Bizard, & en même temps nomma M. Charles Le
(i) Archives de i^ . . ■'•
marine. Mémoire de Gardcur dc Tilly & M. Nicolas Dupout, sicur de Neu- M. de Frontenac sur y^fe pour faire les enquétes, soit à Québec, soit à Ville-
l'arreltation de M. • / x ^ > ^ p
Perrot, 16 fév. 1674. marie (l).
M. DE FRONTENAC s'iR- M . dc Féuclon fut autattt surpris qu'affligé de voir que,
RITE CONTRE M. DE ^ ^ atteutc, 11 avalt ainsi conduit M. Perrot dans
FENELON, QUI INTER- •'
CÈDE POUR M. PER- uu guct-apcus ; mais, comptant toujours sur Tamitié que M. de Frontenac lui avait témoignée jusqu'alors, il crut qu'il était de son miniflère d'intercéder pour M. Perrot & de solliciter son pardon. Ses inftances ne servirent qu'à aigrir contre lui M. de Frontenac & à faire paraître Tinconrtance des sentiments de ce dernier, en montrant que son amitié, n'ayant pour fin que Tintérêt propre, pouvait se changer en froideur & même en aversion dès qu'elle cessait de le servir. M. de Féneion, qui n'avait plus la liberté de parler à M. Perrot, enfermé dans sa prison, essaya, avant de retourner à Villemarie, de lui faire parvenir un billet; &, informé de cette tentative, M. de Frontenac en fut étrangement irrité, jusqu'à l'accuser d'avoir voulu corrompre ses gardes, alors que, M. Perrot n'ayant point encore été interrogé, les ordonnances ne permettaient d'avoir avec lui aucune communication. Il quitta donc Québec sans avoir fait autre chose, par ce voyage, que de faciliter à M. de Frontenac le moyen d'emprisonner M. Perrot, & perdre lui-même ses bonnes grâces, pour
(2) Riblioth. impériale. Manuscrits, SUD- . , . ^^ ,., ,- • 1 plémcnt Français , «^'^ ^^ pailant dc l'arreltation de M. Perrot : l]u'i1 lut pris par adresse
1265. & tenu un an en prison (2).
CHUTK DK M. DOLLIER DANS LES GLACES. 1674. 48 1
avoir voulu négocier, peut-être trop chaudement, leur réconciliation. Il revint à Villemarie à pied sur les glaces; 8: il y était à peine arrivé, que M. de Frontenac se plaignit de lui à M. Dollier dans plusieurs lettres, blâmant ses procédés qu'il taxait d'emportements indignes d'un homme de son caradère 8c de sa naissance. M. de Fénelon, voyant alors que le Gouverneur ne gardait plus aucune mesure envers lui, craignit que, pour lui faire éprouver les derniers effets de sa colère & de sa vengeance, il ne révoquât la concession qu il avait faite à lui personnellement Tannée précédente des îles Courcelles, dans Tune desquelles le Séminaire avait entrepris, pour y assembler des sauvages, des travaux considérables à ses propres frais, & jugea qu'il était de Téquité, aussi bien que de la prudence, de faire donation de ces mêmes îles au Séminaire. C'est ce qu'il exécuta >^\^^''^!^Z^u ^^" ^*'
■■■ minaue de Villemarie.
le 24 février 1674 (i), & M. d'Aillebouft, le 27, ordonna Donation du 24 iév. que la donation serait publiée & insérée au regiftre des in- *^74-
\ . j xr-,i • X (2) Greffe de Ville-
smuations de Villemarie (2). marie, 27 fév. 1674.
Vin.
Vers le même temps, M. Dollier entreprit un voyage m. bOLUER tombe dans à pied sur le fleuve de Saint-Laurent, & pensa perdre la vie dans les glaces. Peut-être se rendait-il à Québec, au tabussement cœur de Ihiver, pour aller apaiser sans délai M. de Frontenac. Quoi qu'il en soit, les glaces s'étant rompues soudain sous ses pieds, un froid cruel s'empara à Tinlfant de tout son corps; ce qui, joint à l'embarras de ses raquettes, ne lui permit pas, malgré sa force naturelle, de remonter sur les glaces. Tout ce qu'il put faire dans cette extrémité, ce fut de tenir ses bras étendus à droite 8: à gauche, afin d'avoir la tête toujours élevée au-dessus de l'eau, & comme il combattit ainsi longtemps contre la mort avant qu'on pût le secourir, la chaleur naturelle de son corps fut presque entièrement éteinte. On le transporta à l'Hotel- Dieu de Villemarie pour y être traité, le Séminaire n'ayant point encore d'infirmerie. La maladie qu'il contraria par cet accident fut regardée comme mortelle, au jugement de tous les médecins du pays; les remèdes ne servirent même