LES VIOLENCES DE M
DE FRONTENAC CON- TRE M. d'uRFÉ AUTO- RISENT CES SOUP- ÇONS.
490 in* PARTIE. LOUIS XIV.
étant monté en effet à Villemarie, M. dUrfé le pria d'éclaircir cette affaire; & comme le Gouverneur disait qu'il avait oublié le procès-verbal & n'y songeait plus, l'autre lui représenta que cette pièce, étant écrite, pourrait lui faire tort un jour, & qu il voulût bien prendre des informations, au moins sur les choses qu'il lui en avait lues à lui-même. « Il le refui»a sèchement, rapporte M. d L'rfé, me disant « que son secrétaire, qui était aussi homme d'honneur que « moi, savait bien ce qu'il faisait. Et sur ce que je le « priais d agréer au moins que l'on fît venir le marchand
• qui avait rapporté ce discours à son secrétaire, il se
• mit en colère, me disant que je n'allais chez [ui que « pour l'insulter. Enfin, prenant sa canne, il me con- « dulsit hors de sa chambre, pour ne pas dire qu'il m en « fit sortir : criant tout haut, sur les degrés, que je « n'avais que faire de revenir chez lui pour l'insulter de « la sorte; me traitant d'une manière si désobligeante 8c « si rude, que la sentinelle qui était auprès dit ensuite
• à plusieurs que M. de Frontenac m'avait chassé de sa <f) Mémoirt de « nriaison ^i;. » Ce marchand, ainsi que le rapporte
î*'**'-'^ M ?''^*^ M. d'L'rfé, faisait les affaires de M. de Frontenac à VilleavCanada^t. I. marie : ce qui signifie apparemment qu'il lui faisait part
de ses bénéfices; 8». ce fut sans doute pour ne pas le voir convaincu de faux témoignage que M. de Frontenac, pressé par M. d'Urféde le faire comparaître, en vint contre lui aux éclats violents qu'on vient de rapporter.
*''-r^r.T!^^^, '-^c cette manière si é-trange de terminer les différends
A foiritt M.% ut- entre les particuliers, comme aussi de tout ce qui a été dit sur l'adminiflration de la jufHce dans l'affaire de M. Perrot, on peut se former une idée des désordres qui devaient régner alors dans la colonie. 11 faut joindre encore a cela les excès occasionnés chaque jour par la liberté que M, de l'rontenac donnait aux marchands de vendre des liqueurs fortes aux sauvages, 8c à ceux-ci d'en emporter publiquement, pour faire dans leurs propres villages le même trafic. C'efl ce qu'il nous fait connaître lui-même dans plu-