‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 100 sur 392 · CONSTRUCTION DE FORTS · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DE FORTS

Saut de Richelieu, & le troisième environ trois lieues plus haut que ce courant. Le premier Fort fut conftruit par M. de Sorel, à l'aide de cinq compagnies du régiment de Carignan que M. de Tracy lui avait envoyées; on l'appela de Richelieu, du nom de la rivière, & ensuite de Sorel, lorsque le roi en eut fait don à ce capitnine, qui en avait alors le commandement. C'eft le plus anc:en des Forts du Canada dont le plan détaillé soit parvenu jusqu'à nous. M. Talon joignit ce plan à sa dépêche du 1 1 novembre 1665, & nous le placerons ici comme l'un des monuments les plus authentiques de l'hiftoire militaire de ce pays.

Le second fut bâti au pied du rapide de la rivière de Richelieu. On appelle rapide en Canada, non pas un simple courant d'eau, mais un courant causé par une pente si considérable que l'eau forme des bouillons qui tombent quelquefois de trois ou quatre pieds de haut (1), & davantage encore. On conitruisit ce Fort en face même du rapide, afin de pouvoir de là tirer impunément sur les Iroquois qui navigueraient sur la rivière, & qui, au milieu de ces bouillons, seraient incapables de se défendre, obligés de donner toute leur application à la conduite de leurs canots. Ce Fort fut commencé dans la semaine où on célébrait la fête de saint Louis, ce qui le fit appeler d'abord du nom de ce saint; mais comme il avait été conftruit par M. de … Chambly, à l’aide de cinq autres compagnies du régiment

de Carignan (*), & que ce capitaine, qui en avait ensuite été établi Gouverneur (2), le recut en don, il fut nommé de Chambly. M. de Salières, colonel du régiment, voulut

(*) Le P. Le Mercier, dans la Relation de 1665, attribue la construétion du Fort Richelieu à M. de Chambly, & celle du Fort Saint- Louis à M. de Sorel. C’eft une confusion qu’il a faite entre le nom de un & de l’autre; car sur la carte du pays des Iroquois, jointe à cette même Relation, & où l'on a gravé les plans de ces deux Forts, on lit, au contraire, que le Fort de Richelieu a été refait par M. de Sorel, & que celui de Saint-Louis a été fait par M. de Chambly.

\I PORTES SAINT:) oUts, SAINTE-THÉRÈSF, SAUNT-JFAN, SAINTE \iNNE,

(1) Récit du voyage de M. de Courcelles, par M, Dollier, Bibliothèque impér. Supplém. français, 1265.

:, Journal des Jésuites, 13 nov. 1665,

126 iHI* PARTIE, LOUIS XIV,

prendre pour lui-même le Fort le plus avancé vers les ennemis, comme devant être conftruit dans le plus dange-

reux de tous ces poites. On n'espérait guère qu'il pût être

terminé avant la chute des neiges, n'ayant été commencé

que bien tard; mais le colonel, qui avait blanchi sous les

armes, & à qui le nombre des années n'avait rien Ôté de

sa vigueur ni de son courage, mit le premier la main à

{ l'œuvre, & anima tellement les soldats par son exemple que le Fort fut heureusement achevé le 15 oétobre de cette

année 1665, On l'appela de Sainte-Thérèse, du nom de la

(1) Relationde 1665, sainte dont on faisait la fète ce jour-là (1); & comme il As à de avait été conftruit auprès d'un autre rapide de la rivière de Richelieu, ce rapide eft aussi appelé du nom de Sainte-

(2) Relation de 1665, ‘Thérèse sur les anciennes cartes (2). Bien plus, après Lu avoir fait conftruire un baftion à ce dernier Fort, M. de Salières envoya dix-huit ou vingt hommes qui s'avancè-

rent sur le lac Champlain, où l'on avait dessein de cons-

truire, dès le printemps suivant, un quatrième Fort pour

faire de là des sorties sur les Iroquois s'ils ne se rendaient

(3) Ibid, pero. à la raison (3). On en conitruisit un devant un autre

rapide de cette rivière, & on le nomma de Saint-Jean,

nom que, sur les anciennes cartes, on voit donné aussi

| au rapide lui-même; & c’eft apparemment ce Fort qu'on Ù

| trouve appelé aussi de l'Assomption, dont M. de Berthier |

était commandant l'année suivante. Enfin on établit un Ù

cinquième Fort dans une île du lac Champlain, à quatre l

lieues de son embouchure : il fut nommé de Sainte-Anne c

& conftruit par M. de Lamotte, capitaine du régiment de E

(4) Journal des Je Carignan (4). Ces deux derniers Forts, ainsi que celui de €

se à ie Sainte-Thérèse, où l'on tint d'abord garnison , furent l

°° ensuite abandonnés & enfin tombèrent en ruines. c

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