‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 108 sur 392 · GUERRE CONTRE LES AGNIERS, M DE SOREE VA LES ATTAGQ!FR · texte numérisé non relu

GUERRE CONTRE LES AGNIERS, M DE SOREE VA LES ATTAGQ!FR

(5) Hifloire de la Nouvelle-France, livre IX,t I, p. 554,

(6) Histoire de l'\mérique septentrionale, LIL, p Si.

dans la barque de M. Le Ber, le 6 juillet, avec des lettres 1} Journal des Jé- d'Orange (1). D'après la coutume des sauvages, on aurait “is ENTRE qà fendre la tête à coups de hache à ces derniers; mais | F ; Mais, sans suivre cette loi barbare, on jugea que le moyen de (2) Relation de 1666, tirer mieux raison d'une si noire perfidie (2), c'était d'aller PRE dans le pays des Iroquois pour venger la mort des officiers tués, & délivrer ceux qui avaient été conduits en escla- | vage. En attendant, comme on avait tout à craindre à Villemarie de la part de ces barbares, on donna ordre d'y conftruire de nouvelles redoutes. Le 22 juillet, fête de sainte Madeleine, les chefs de la troupe qui y était en garnison allèrent donc au-dessus de la pointe Saint-Charles & de la rivière Saint-Pierre, comme aussi vers le Saut Saint-Louis, afin de désigner les emplacements où l'on établirait ces redoutes; & peu après on reçut de M. de Tracy un ordre qui obligeait tous les habitants à fournir chacun trois journées pour aider à ces conftruétions, ce ‘ Greffe de Ville qui fut exécuté (3). M. de Sorel, qui eut le commandement 4 nue pa praton de cette seconde entreprise, partit avectrois cents hommes, 14} 18 sept, 1667, ” dont environ deux cents Français, & parmi eux un bon nombre de Montréaliftes, & les conduisit à grandes journées dans le pays des Iroquois, avec résolution d'y faire main basse partout.

M. DE SOREL. REVIENT Mais à vingt lieues de leurs bourgades, ayant rennl SAS ARR FAT contré de ces barbares, il se disposait à les charger, lors- PE que le bâtard Flamand qui était à leur tête l'aborde, lui dit qu'il va à Québec traiter de la paix avec M. de Tracy, en lui ramenant les prisonniers Français pris près du Fort Sainte-Anne, & lui offre toutes sortes de satisfaction pour ji le meurtre de ceux qui avaient été tués. M. de Sorel le crut, &, sans poursuivre son expédition, le conduisit à M. de Tracy, en ramenant avec lui les prisonniers, qui furent en effet rendus. Un autre chef Agnier arriva peu de . jours après à Québec, & se donna encore pour député de son canton. La petite armée étant donc retournée à Québec, on ne parla plus que de la paix qu'on espérait con-

clure par un commun Conseil de toutes ces nations, qui, en effet, avaient leurs députés réunis dans cette ville, & on ne doutait pas que les Agniers ne fussent véritablement disposés eux-mêmes à y donner les mains. Mais un jour que M. de Tracy avait invité le bâtard Flamand & un autre capitaine Agnier à sa table, le discours étant tombé sur la mort de M. de Chasy, le chef Agnier, levant le bras, dit que c'était ce bras qui avait cassé la tête à ce jeune officier. On peut juger quelle fut l'indignation de tous ceux qui étaient présents. M. de Tracy, prenant la parole, dit à cet insolent sauvage que désormais il ne tuerait plus personne, & sur-le-champ le fit étrangler par le bourreau en présence du bâtard Flamand, qu'il retint prisonnier (*). Ainsi cette seconde expédition n'eut aucun résultat, non plus que la première, & fit juger qu'il fallait employer la force des armes pour réduire enfin les Agniers.

(*) M. de la Potherie, dans le récit fort inexaét qu’il fait de cette affaire, a mêlé des circonftances qui pourraient n’être pas dénuées de fondement. Il rapporte que les Iroquois, au nombre du quarante, arrivant à Québec, criaient depuis la basse ville jusqu’au Fort, & pendant un quart de lieue de chemin, répétaient avec clameur ces paroles : Onontio, Onontio, ho, ho, Squenon, Squenon, qui veulent dire, ajoute-t-il, notre père, donne-nous la paix. Qu’enfin, celui qui fut pendu s’appelait Agariata (1).

(1) Hiftoire de l'Amérique septentrionale, LI, p. 85.

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