‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 120 sur 392 · PAIX AVEC LES IROQUOIS · texte numérisé non relu

PAIX AVEC LES IROQUOIS

surtout la Sainte Communion; qu'enfin il se trouvait abondamment dédommagé de ses sacrifices par la consolation que chacun lui donnait. Onze de ces soldats qui ne purent être transportés à Villemarie moururent victimes de la contagion, après avoir tous été assiftés à la mort par le Missionnaire. Les Sœurs de Saint-Joseph, à qui M. Dollier envoyait tous ses malades, signalèrent leur charité courageuse par les soins assidus & intelligents qu'elles donnèrent à chacun d'eux. Elles reçurent ainsi non-seulement les soldats du Fort Saint-Anne, mais encore ceux des Forts Saint-Louis & Saint-Jean, où la contagion s'était répandue, & enfin les soldats de M. de Courcelles quiavaient été blessés à la guerre, & ceux que le froid avait si cruellement éprouvés dans la campagne de l'hiver précédent.

La crainte que les troupes des garnisons avaient conçue des Iroquois n'avait cependant aucun fondement, ces barbares, depuis l'incendie des bourgades des Agniers, étant remplis eux-mêmes d'une grande frayeur qui leur Ôtait toute idée de reprendre alors les armes (1). C'eft ce qui fait dire à M. Dollier, dans son Histoire du Montréal : « Nous ne parlerons plus des embuscades des Iroquois; « car la précédente campagne les avait tellement etfrayés, « que chaque arbre leur paraissait étre un Français, & « qu'ils ne savaient où se mettre. » Quelques Iroquois ayant paru vers le Fort Sainte-Anne, M. de Lamotte crut qu'ils venaient pour l'y attaquer. Mais on reconnut bientôt que c’étaient des ambassadeurs qui allaient traiter de la paix, & qui pour cela ramenaient quelques Français captifs de leurs bourgades. Ces ambassadeurs, allant de là à Villemarie, rencontrèrent une troupe de convalescents, au nombre de quatorze ou quinze, qui en revenaient, & qui, armant aussitôt leurs fusils, étaient prêts à tirer sur eux, lorsque le bâtard Flamand dit à l'un des Français qu'ils conduisaient, de prendre promptement la parole, ce que l'autre fit en criant : « Camarades, ne tirez pas ; ils viennent en paix (2). »

LES IROGLOIS DEM\S-

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