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BRANCHES D'INDUSTRIE EN CANADA

qui s'engageaient dans des entreprises de commerce, & pour contribuer à l'avantage de ses peuples, il donnait, dès ce moment, à tous ses sujets la liberté de commercer dans les pays de l'Amérique, chacun pour son compte, en prenant seulement les passe-ports ordinaires (*) (1).

Avec le commerce, le Roi avait singulièrement à cœur de faire fleurir l'induftrie en Canada. En y envoyant M. Talon, il l'avait chargé particulièrement d'y donner commencement aux diverses branches les plus nécessaires, & n'avait rien épargné de ce qui pouvait lui en fournir les moyens. « Pour ce qui eft des affaires tempo- « relles, écrivait la Mère de l'Incarnation, le Roi fait ici « de grandes dépenses. Il a envoyé des chevaux, des « moutons & des chèvres, afin de pourvoir le pays de « troupeaux & d'animaux domeftiques. M. Talon fait « exactement garder les ordres du Roi : il a commandé « qu'on fasse des chanvres, des toiles & des serges; cela a « commencé & grossira peu à peu. L'on presse tant qu'on « peut les femmes & les filles d'apprendre à filer; on « veut que nous l'apprenions à nos séminariftes, tant « Françaises que sauvages, & l'on nous offre de la matière

(*) La Compagnie des Indes occidentales ayant ainsi été sup: primée, le Roi réunit à son domaine toutes les terres qu’il lui avait données & se chargea de pourvoir, ainsi qu'elle s’y était obligée ellemême, à la subsiftance des Curés & autres Ecclésiaftiques, à lentretien & à la réparation des églises, des ornements, aux autres dépenses nécessaires pour le service divin, & à procurer enfin, pour la conduite des cures, des personnes capables. Il déclara, en outre, que les Gouverneurs généraux & particuliers & leurs ‘ieutenants seraient pourvus de plein droit par lui, & lui préteraient serment de fidélité, ainsi que le faisaient ceux des provinces du royaume; que la juftice serait rendue en son nom, & les ofliciers seraient pourvus par lui; sans que pour cela il fût rien innové, quant au présent, dans les tribunaux qui rendaient la juftice, sinon que le siége de la prévôté de Québec était supprimé, & que la juftice y serait rendue en première inftance par le Conseil souverain, ainsi qu’elle Pétait avant l'établissement de la Compagnie des Indes occidentales (2).

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