QUOI
(2) Gretle de Villemarie, 1667. Information contre La Frédière, 21 sept. 1667.
Nous avons vu qu'avant l’arrivée de M. Talon, il exiftait déjà une brasserie à Villemarie pour l'usage des colons. La population s'étant beaucoup augmentée, & cette brasserie ne pouvant plus apparemment suffire aux besoins après l’arrivée des troupes, on désira d'en établir u:ie nouvelle, conformément aux intentions de Colbert. Comme cette entreprise demandait de grandes avances de fonds, & qu'à Villemarie les prètres du Séminaire étaient alors seuls en état d'y fournir, les habitants, pour les exciter à s’en charger, leur proposèrent d'acheter pour cet usage le hangar dont ils étaient propriétaires, leur dessein étant d'en employer le prix à la bâtisse de l'église paroissiale. Ce fut le résultat d'une assemblée où se trouvèrent les notables du pays, MM. Picoté de Béleftre, marguillier d'honneur, Pierre Caille, Pierre Gadois, Jean Aubuchon, Gilles Lauzon, tous marguilliers, Louis Chevalier, syndic du pays, accompagné du juge M. d'Aillebouft, du procureur fiscal M. Migeon, de M. Jacques Le Ber & autres, représentant la principale partie des habitants. Les prêtres du Séminaire, présents à l'assemblée, acceptèrent cette proposition, & Gilbert Barbier fut désigné comme expert pour faire l'eftimation des bâtiments ainsi vendus pour servir à la nouvelle brasserie (1).
L'arrivée des troupes du Roi, qui séjournèrent en très-gra.d nombre à Villemarie, donna lieu à l'établissement des premiers moulins à eau qu'on ait vus dans ce pays. Nous avons rapporté que d'abord les seigneurs de Montréal avaient fait conftruire un moulin à vent près du Fort, sur le bord du fleuve Saint-Laurent, appelé pour cela moulin du Fort, & ensuite un autre appelé du Côteau (2). C'étaient les seuls qu'il y eût encore à Villemarie en 1665. Lorsque les troupes furent arrivées & qu'il fut nécessaire de moudre le blé deftiné à leur subsiftance, les farines qu'elles avaient apportées s'étant gâtées en mer, ces deux moulins se trouvèrent insuffisants aux besoins des colons, qui ne savaient où faire moudre leur blé. On
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