‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 176 sur 392 · NIQUES · texte numérisé non relu

NIQUES

nuisier, était payée à raison de quarante sous ; celle d'un bon manœuvre, trente sous. Les engagés ou domeftiques, après leur temps de service accompli, se louaient à raison de trente à quarante-cinq écus par an, quoique leur nourriture coûtât aux maitres deux cents livres, & dans les années difficiles trois cents. Nous voyons cependant qu'en 1063 les journées d'hommes, pendant l'hiver, lorsqu'on les nourrissait, étaient payées à raison de vingt sous, & de trente sous pendant l'été (1), Mais après l'arrivée des troupes, & à mesure que la population augmenta, le prix des journées sembla croître en proportion. Ainsi, le 17 oÙtobre 1667, le Juge de Montréal déclara, par un acte public, sur l'atteftation de plusieurs particuliers notables, que les journées des manœuvres valaient alors dans cette île quarante sous, & celles des artisans trois livres (2).

Ceux-ci, pour travailler de leurs métiers, n'étaient point obligés, en Canada, d'avoir obtenu auparavant des lettres de maîtrise. On sait qu’en France, ceux, au contraire, qui avaient été reçus maîtres dans auelque profession étaient seuls autorisés à travailler de leur métier, non plus simplement comme ouvriers ou manœuvres, mais comme chefs de maison, & d'étaler publiquement des marchandises en vente dans le lieu de leur résidence & ailleurs. En Canada, il suffisait à un ouvrier, pour jouir de tous ces avantages, de s'établir dans le pays. Si l'on en excepte quelques branches d'induftrie particulières, réservées pour un temps à quelques-uns en vue du bien public, toutes les vacations étaient libres, & chacun pouvait les exercer sans lettres de maitrise quand il s'en jugeait capable. II cit même à remarquer que, longtemps après cette époque, les seigneurs de Montréal ayant fait conftruire par Simon Sicard, charpentier, demeurant ordinairement à Longueuil, l'un des premiers moulins à scie qu’on ait vus en Canada, un prêtre de cette communauté, charmé d'en voir marcher le mécanisme avec tant de régularité & d'accord, dit, en exprimant sa satisfaction, que si y

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