‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 21 sur 392 · AE · texte numérisé non relu

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3) Gretic de Villemarie, aéle du 27 janvier 1665,

a Regiflre de la paroisse de Villemarie, 12 juin 1693, 5 mai, aaoût, 12 sept, 1664. 24, 20 avril, :S août 1605,

COUR CONSERVER VILLE- MARIE, M. DE MAl- SONNEUVE ÉTABLIT LA MILICE DE LA SAiN-

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l'exécution de ce dessein, que depuis le mois de juin 1662 jusqu à l'été de 1665, où arrivèrent enfin les troupes du Roi, c'eft-à-dire dans l'espace de plus de trois ans, il ne perdit en tout que dix hommes, dont huit furent tués & les deux autres emmenés captifs (1), quoique pendant cet intervalle de temps les hoîftilités eussent été continuelies. On voit par-là que, dans le courant de ces trois ans, le nombre moyen des hommes tués par les Iroquois, coniparé à celui de ceux qui avaient péri annuellement dans les dix-neuf années précédentes, depuis les premiers massacres, en 1643, fût moindre de plus d'un tiers, ou plutôt, pour parler avec plus de vérité, la moyenne relative fut bien moindre encore, puisque dans ces trois dernières années Villemarie, ayant reçu de France diverses recrues de colons, en exposait un plus grand nombre qu'auparavant au feu des barbares.

On se demande comment M. de Maisonneuve, sans recevoir aucun secours ni du Roi, ni de la grande Compagnie, a pu, par ses propres ressources, conserver ce pofte avancé & protéger ainsi la vie des travailleurs, malgré les attaques ouvertes des Iroquois, leurs tentatives secrètes, leurs continuelles embuscades. C'eft ici une preuve nouvelle de ce que nous avons dit déjà tant de fois : que le zèle pour établir l'Église catholique en Canada, ayant donné naissance à Villemarie, était aussi le motif qui inspirait à M. de Maisonneuve & à ses braves compagnons d'armes tant de résolution & de courage pour défendre ce pofte & le conserver, au prix même de leur sang. Et qu'on ne s'imagine pas que nous parlions ici par conjecture & que nous attribuions à cet habile gouverneur des sentiments qu'il n'ait pas eus ; on va l'entendre les exprimer lui-même dans l'ordonnance qu'il publia à cette occasion le 27 janvier 1663, & qu'on voit encore en original au grefle de Villemarie. Les associés de Montréal s'étaient proposé, comme on l'a vu, de consacrer cette île à la Sainte Famille, à l'avaient mise sous la spéciale protection de Marie,

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4° GUERRE. MILICE DE LA SAINTE-FAMILLE. 1003. 15 lui en donnant pour toujours la propriété. M. de Maisonneuve chargé de la garde & de la défense de cette même ile, avait d'abord établi une Confrérie militaire composée de soixante-douze colons; mais cette année 1663, où les Iroquois voulaient y mettre tout à feu & à sang, il proposa aux habitants d'en former une nouvelle, sous le nom de Milice de la Sainte-Famille de Jésus, Marie € Joseph; &, ce qui eft plus étonnant, il trouva à l'inflant près de cent quarante braves qui s'offrirent spontanément, résolus de sacrifier généreusement leur vie pour ce noble dessein. Aussi voulut-il que leurs noms fussent écrits à la suite de son ordonnance & déposés aux archives publi: ques, pour servir de mémorial à la poftérité de leur immortel dévouement. Nous accomplirons son jufte & religieux désir en rapportant dans son entier ce monument national, si honorable au pays, & en particulier à plusieurs des anciennes familles, à qui nous sommes heureux de révéler ici ce titre de leur gloire.

« Paul de Chomedey, gouverneur de l'île de Mont-

« réal & des terres qui en dépendent : sur les avis qui « nous ont été donnés de divers endroits, que les Iro- « quois avaient formé le dessein d'enlever de surprise « ou de force cette habitation, & le secours que Sa « Majefté nous a promis n'étant point arrivé encore: « nous, attendu que cette île appartient à la Sainte . Vierge, avons cru devoir inviter & exhorter ceux qui « sont ZClés pour son service de s'unir ensemble par escouades, chacune de sept personnes; & après avoir

« élu un caporal à la pluralité des voix, de venir nous « trouver pour ètre enrôlés dans notre garnison, & en cette qualité suivre nos ordres pour la conservation de

« ce pays. Nous promettons de notre part que, dans les « dangers qui pourront se rencontrer aux occasions mili- « taires, les intérêts des particuliers nous seront toujours « chers, & que nous serons prêts à ôter du rôle ceux qui « se feront inscrire pour les fins susdites, toutes les fois

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