‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 228 sur 392 · JOLLIET ENTRE DANS LE MISSISSIPI LE 15 JUIN · texte numérisé non relu

JOLLIET ENTRE DANS LE MISSISSIPI LE 15 JUIN

(2) Archives du séminaire de Saint-Sulpice, à Paris; Documents pour servir à l'hiftoire de l'Église du Canada, t, Ier, première pièce.

« faites de cette rivière, qu'elle était plus grande que le « fleuve de Saint-Laurent; que les nations établies sur ses « rivages étaient fort nombreuses; & que son cours ordi- « naire était du levant au couchant. Après avoir bien exa- « miné les cartes que nous avons des côtes de la Nouvelle- « Suède, des deux Florides, de la Virginie et du Vieux- « Mexique, je n'ai point trouvé d'embouchure de fleuve « qui fût comparable à celle du fleuve Saint-Laurent; ce « qui me fait croire que celle dont nous parlons tombe « dans une autre mer. Mais de savoir où, j'en laisse le « Jugement aux plus savants (1). »

Quoi qu'il en soit de la priorité de La Salle sur Jolliet, ou de Jolliet sur La Salle, dans la découverte du Mississipt, voici ce qui ne peut être contefté par personne, relativement au P. Marquette & à Jolliet. L'auteur de la dernière Relation des Jésuites, celle de 1672, le P. Dablon, écrivait le 1° août 1674 : «-Il y a deux ans que M. de Frontenac € & M. Talon jugèrent qu'il était important de s'appliquer « à la découverte de la mer du Midi, & surtout de savoir « où allait se décharger la grande rivière, dont les sau- « vages font tant de récits. Dans ce dessein, ils firent choix « du sieur Jolliet, qui, étant arrivé aux Outaouas, se joignit « au P. Marquette, qui l’attendait. Ils se mirent en che- « min avec cinq autres Français, vers le commencement « de juin 1673, & entrèrent enfin, le 15 juin, dans cette « fameuse rivière, que les sauvages appellent Mississipi. « Mais apprenant de ceux-ci qu'ils approchaient des habi- « tations d'Européens, & ne doutant pas qu'ils n’allassent « se jeter dans les mains des Espagnols de la Floride « s'ils avançaient davantage, ils retournèrent sur leurs « pas (2). »

A ce témoignage, nous ajouterons celui de Jolliet luimême, écrivant, probablement à M. de Frontenac, le 10 oétobre 1674 : « Il n'y a pas longtemps que je suis de « retour de mon voyage; j'ai eu du bonheur pendant tout « ce temps-là; mais en m'en revenant, étant près de

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