‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 268 sur 392 · VILLEMARIE HAUTE®VILLE · texte numérisé non relu

VILLEMARIE HAUTE®VILLE

la cérémonie par M. Philippe de Carion, lieutenant de M. de La Motte-Saint-Paul. La troisième pierre fut posée par M. François-Marie Pérot, chevalier, seigneur de Sainte-Geneviève, Gouverneur de l'île de Montréal; la quatrième, par M. Dollier de Casson, au nom de M. de Bretonvilliers; la cinquième enfin, par mademoiselle Mance(1). Comme chacun désirait vivement de voir l'Église bientôt achevée, divers particuliers s'imposèrent volontairement des cotisations, pour y contribuer, les uns en argent, d’autres en matériaux, d’autres en journées de travail; & les prêtres du Séminaire résolurent même de démolir le château ou le Fort de Villemarie, qui tombait en ruines, pour en employer les bois & les pierres à la nouvelle construétion.

Ils en écrivirent à M. de Bretonvilliers, pour lui demander son agrément; mais, impatients de voir le bâtiment de l'Église avancer rapidement, ils démolirent le château, sans attendre sa réponse, qu'ils ne pouvaient guère recevoir alors qu'au bout d'un an. Quand M. de Bretonvilliers eut appris cette résolution, il ne put s’empêcher de la blàämer, & leur écrivit : « Si le château, que « vous avez pris la résolution d'abattre, n'était point « encore démoli, il ne faudrait pas y toucher, pour ne pas « nous exposer dans la suite à de mauvaises aflaires; ce « sont des coups qui peuvent avoir plus de suite que vous « ne pensez (2). » Mais l’année suivante, ayant appris que le château était démoli, 1l.leur écrivit : « L'année pas- « sée vous résolûtes d’abattre le château de Montréal, & « actuellement vous l'avez abattu. Rien ne pressait : vous « pouviez attendre là-dessus notre réponse; & cela pourra « bien nous faire de la peine un jour (3). » En effet, quoique les seigneurs semblassent être en droit de démolir cet édifice, qui était leur propriété particulière, les officiers du Roi improuvèrent cette démolition, & défendirent verbalement de continuer d'en enlever les pierres. « Bien « que la défense qu'on nous a faite ne soit que de parole, »

(1) Regiftre des délibérations de la paroisse de Villematie, 3 juillet 1672.

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