‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 347 sur 392 · SERMON ET EXCITE LES AUDITEURS À S'Y RENDRE ATTENTIFS · texte numérisé non relu

SERMON ET EXCITE LES AUDITEURS À S'Y RENDRE ATTENTIFS

(2) Abid,, 16 mai 1074. Déclaration de M. Séguenot,

(5) lbid., 2 mai 1674, Déposition de M. Le Ber.

(4 Ibid, 16 mai 1674, Déclaration de M. Séguenot,

(5) Zbid., 2 mai 1674, déposition de La Salle,

(o) Archives de Ja marine, 15 mai 1074.

Déclaration de M.

Perrot.

(7) Archives de la marine, 10 mai 1674.

Déclaration de M, Remy.

(S)lbid., 15 mai. Dé-

slaration de M, Perrot,

maltraiter ceux qui ne le mettaient pas en part de leurs bénéfices; qu'enfin il ne vexait point les peuples par des corvées extraordinaires & injuftes, pour ses propres intérêts, en interposant le nom du Monarque, qui n'entendait pas qu’on ies moleftât de la sorte (1).

le prédicateur étant entré dans beaucoup d'autres détails sur les divers états de la société, personne n'aurait remarqué ce qu'il dit ici des hommes conftitués en places, si l’on n'eût pas été dans la circonftance fàcheuse où se trouvait alors le pays (2), ou même si tout autre prêtre du Séminaire que M. de Fénelon eût prèché ce même discours (3). Mais comme on savait qu'il avait pris le parti de M. Perrot, Gouverneur de Villemarie, & que lui-même était tombé dans la disgrâce de M. de Frontenac, ces détails pouvaient, dar s sa bouche, être pris pour une censure de la conduite de : dernier; & ce qui devait donner lieu à cette interprétation, c'eft l'esclandre que se permit à cette occasion M. La Salle (4). Placé jusqu'à ce moment vers la porte de l'église & derrière tous les autres auditeurs, qui lui ôtaient ainsi la vue de la chaire, il se leva de son siége lorsqu'il entendit ces détails, comme pour s'y rendre plus attentif (5), & parut en être tout ému de colère. Puis, jetant les yeux sur les personnes les plus considérables de l'auditoire, il se mit à les avertir par ses regards & par ses geftes de prendre bien garde à ce que le prédicateur disait, le condamnant lui-même par son maintien & animant les autres à en faire autant (6), comme s'il eût voulu mendier leurs témoignages pour s'en servir ensuite contre lui (7). Après avoir ainsi regardé de côté & d'autre, il se tourna enfin vers l'officiant, assis dans Île sanétuaire, en faisant devant lui les mêmes geftes d'improbation; & celui-ci, afiligé de la liberté qu'il se donnait, haussa les épaules en le regardant, comme pour lui témoigner sa peine de ce qu'il voulait qu'on appliquât à M. de Frontenac ce que le prédicateur disait en général qu'un homme chrétien ne faisait pas (8). Ces mouvements

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d'improbation & toute cette scène indécente, dont le prédicateur était tout à la fois l'objet & le témoin, purent bien faire sur lui quelque impression pénible; du moins le brigadier des gardes de M. de Frontenac assura que M. de Fénelon avait changé de couleur en exposant ces détails (1). Mais ce qui eft assuré, c’eft que La Salle obtint tout le succès qu'il s'était promis; car si plusieurs des assiftants ne firent aucune réflexion particulière à ces paroles du prédicateur, d’autres, en plus grand nombre, jugèrent qu'elles étaient une allusion aux corvées & aux charrois ordonnés aux habitants l'année précédente par M. de Frontenac, pour bâtir son Fort de Katarakoui (*) (2)

(ee

La Messe étant terminée, M. le Curé (3), en rentrant dans la sacriftie, rencontra M. de Fénelon, qui allait à son confessionnal, & ne put s'empêcher de lui dire, avant même d'avoir quitté sa chasuble : « En vérité, monsieur, « vous êtes entré dans des détails qui m'ont fait bien de « la peine (4). » Les autres officiers de l'autel étaient tous affectés de la même façon, & M. Cavelier, l'un d'eux, se rendit immédiatement à l’Hôtel-Dieu pour rendre compte de cette scène à M. Dollier (5). Celui-ci craignit à son tour qu’on n'appliquât la fin du sermon aux corvées ordonnées par M. de Frontenac l'année précédente; & voulant prévenir les suites de cette affaire, il envoya aussitôt M. Cavelier chez M. Le Ber, pour dire à celui-ci & à M. La Salle que la Communauté du Séminaire était entièrement étrangère à ce sermon; qu'elle n'en avait eu aucune communication avant que M. de Fénelon le prèchät, & qu'il les priait d'en assurer M. de La Nauguère, pour qu'il pôt informer lui-même M. de Frontenac de la vérité (6.

(*) Demers, commandé apparemment pour ces corvées, & qui ne pouvait oublie: le traitement injuite & cruel que lui avait fait subir le sieur de La Frédière, Demers, entendant quelqu'un improuver ce discours, comme dirigé contre M. de Frontenac, répondit qu’au contraire c'était un bon sermon (7\.

(1) Archives de la marine, 10 mai 1074.

Déposition de Bellefontaine,

(2) Ibid, 16 mai 1674, Dé‘laration de M. Séguenot, 15 mai.

Déclaration de M.

Dollier, 7 mai, Déclaration de M, Migeon de Branssac,

MESSIEURS DU SÉMINAIRE BLAMENT M, DE FÉe

NELON COMME AYANT

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