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L'AFFAIRE RENVOYÉE AU ROI

d’automie s'écoulait & craignant que celui-ci ne fit traîner en longueur son affaire pour l'empêcher de partir par les derniers vaisseaux & ne le retint prisonnier l'année suivante, M. Perrot ne cessait de demander que l'on mit son procès en état d'être envoyé à la Cour & qu'on l'élargit de sa prison, pour qu'il pût achever de disposer ses affaires domeftiques & s'embarquer avec sa femme, par les navires qui devaient partir au commencement du mois de novembre (1). Dans une requête du 22 oétobre, il ajoutait que si on lui refusait de lui accorder ses demandes, ce ne serait que par vengeance & par pure passion, & non un ctlet de juftice. Enfin, par une autre requête du 5 novembre, il déclara qu'ayant été mis entre les mains de la juftice par le Gouverneur général, celui-ci avait les mains liées & n'était plus le maître de sa personne; qu'en conséquence il sommait le Conseil ou d'exécuter ses propres arrêts en le renvoyant en France, pour qu'on püt l'y entendre & juger son procès; ou de déclarer que ce n'était pas le Conseil, mais M. le Gouverneur général, qui le retenait ainsi en prison contre toute juftice (2).

M. de Frontenac se vit donc dans la nécessité de renvoyer en France M. Perrot, aussi bien que M. de Fénelon, ce qu'il fit à son grand déplaisir, comme lui-même s'en plaignait ainsi à Colbert : « En me donnant l'honneur « de vous écrire le 13 février, je ne me figurais pas alors « que le Conseil voulût se dispenser de juger les causes de « récusation & de prise à partie, que M. Perrot disait « avoir à proposer contre moi; & qui sont si ridicules, « qu'en tout autre lieu que celui-ci on les aurait aussitôt « rejetées. Mais les cabales qui s'y sont faites, & les me- « nées dont on s’eft servi pour intimider quelques juges, « & donner des espérances à d’autres, les ont fait douter « de leur pouvoir. Ils ont renvoyé les causes de récusation « pour être jugées en France, & par là ont donné lieu à «un abus qui causera, si vous n'y remédiez par une déclaration expresse des volontés du Roi, une impunité

(1) Archives de la marine. Requêtes de M. Perrot du 22 septembre. Autres des 15,22 ct 29 oct.

(2) Ibid. Requête de M. Perrot, 5 novem-

bre 1674. PLAINTES DE FRONTENAC LE CONSEIL RAIN.

M. DE CONTRE SOUVE-

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