GUERRE. HOSTILITÉS A VILLEMARIE. I
cou pour se sauver. Ainsi ces seize colons violoneux
ramenèrent dans le Fort, à la vue des sauvages trem- (OHiftoirederHô-
hlants, les quatre soldats de la redoute (i) (*;. » l^t'^s^n.'^'' 0."'=^^-,
Le P. le Mercier, dans sa relation de i653, parle d'une autre action de valeur, dont les circonftances nous sont inconnues, mais qui montre de plus en plus l'habileté des hommes de Villemarie dans le maniement des armes. La proteclion de la Reine des hommes & des Anges sur ce porte, dit-il, parut dans une certaine rencontre d'une façon toute particulière. Vingt-six Français, se trouvant renfermés au milieu de deux cents Iroquois, auraient dû perdre la vie sans le secours de cette Princesse. Ces -tarhares tirent une décharge sur eux, d'un lieu fort proche, & tirèrent deux cents coups sans tuer ni blesser personne. Ce n'eft pas qu'ils ne manient trèsbien leurs armes; mais c'elï que Dieu voulait, dans cette attaque, faire paraître visiblement la puissance de sa Mère sur ceux qu'elle a en sa sauvegarde. Il écarta
(■; Quoiqu'on trouve dans le regirtre mortuaire de Villemarie les noms de plusieurs colons tués isolément par les Iroquois, sans que nous connaissions les circonflances particulières de leur mort, il n'y ert fait aucune mention de l'inhumation de quatre soldats tués le même jour, desquels parle ici la Mère Juchereau. Comme, en général, elle parait toujours assez bien inllruite des événements qu'elle raconte, ce silence ne doit pas infirmer, par lui-même, la vérité de son récit. Il faut seulement en conclure que les quatre corps ou au moins trois de ces corps furent emportés par les Iroquois & jetés à l'eau ou consumés par les flammes. Nous avons fait remarquer déjà que les PP. Jésuites, qui tenaient alors le regiftre mortuaire de Villemarie, n'y mentionnaient que les noms de ceux aux corps desquels ils avaient donné la sépulture ecclésiailique, sans parler des autres, dont on ne put retrouver les corps, ou qui périrent en captivité chez ces barbares. On peut donc conclure, avec fondement, de ce silence, que le combat dont parle ici la Mère Juchereau eut lieu avant l'arrivée des prêtres de Saint-Sulpice à Villemarie, ceux-ci ayant toujours eu soin de faire mention des colons qui avaient péri ou qui avaient été conduits en captivité.