NOUVELLE EGLISE PA ROISSIALE
(i) Annales de l'Hôtel-Dieu Saint-Joseph, parla Sœur Morin.
XOUVEAII CIMETIÈRE
(2) Regiftre des sépultures de la paroisse de Villemarie, i5 janvier 1654.
(1) Greffe de Montréal, i655.
PREMIERS M.ARIAGES .\ MI.I.EMARIE.
le 28 août. Jésus, Maria, Joseph. Le bâtiment dont nous parlons, qui servit, pendant plus de vingt ans, d'église paroissiale (i) à la colonie, était situé sur la rue formée peu après par les premières maisons conftruites à Villemarie & appelée Saint-Paul, & se trouvait presque à Tangle d\me aLitre rue, qui, du nom de Féglise, fut appelée rue Saint- Joseph.
L'année 1654, M. de Maisonneuve donna à la corporation un terrain pour scvy'w à un nouveau cimetière, avec cette clause, que, s'il était changé de place, ce terrain reviendrait aux seigneurs. L'ancien cimetière, dont on s'était servi JLisqu'alors, était située comme on l'a dit, à côté même du Fort & offrait un triangle, formé des deux autres côtés par la petite rivière & le fîeuA-e Saint-Laurent. Mais ce terrain étant quelquefois inondé par les grandes crues du fleuve, on était alors dans la nécessité d'inhumer ailleurs les défunts, comme il était arrivé le i5 janvier de cette année même (2). On établit donc un nouveau cimetière sur la hauteur, rue Saint- Joseph, dans un emplacement occupé aujourd'hui en partie par la place d'Armes; & comme il se trouvait dans le voisinage de l'hôpital Saint-Joseph, pour cela, dans un acte de décès du 1 1 décembre de cette année 1654, il ell: appelé noupeau cimetière de l'hôpital. Tous les travaux de l'établissement de ce cimetière furent exécutés aux frais des paroissiens, & l'on voit, par les comptes des ouvriers employés, soit à préparer les pieux de la clôture, soit à les transporter ou à les planter, que chacun d'eux reçut son julfe salaire, jusqu'à Gilbert Barbier, chargé, comme charpentier, d'en faire la croix, dont cependant il céda la moitié du prix à l'église (3).
Il était nécessaire, pour donner à ta colonie un fondement solide & pourvoir à son accroissement, d'en multiplier les ménages, ce que, jusqu'alors, les seigneurs de Montréal avaient cru devoir différer, pour ne pas la char-
VILLEMARIE FORMÉE EN COLONIE. 1654. 2o3
ger de personnes impropres au métier des armes. Avant Tannée 1654, il n'y avait eu encore, à Villemarie, que dix mariages contractés entre Français, & encore le premier n'eut-il lieu qu'au mois de novembre 1647, après que M. de Maisonneuve fut retourné de France, d'où il paraît qu'il avait amené pour cela, avec lui, quelques vertueuses filles (*). Lorsque mademoiselle Mance fut revenue de France, en i65o, on célébra encore quelques nouveaux mariages, ce qui donne à penser qu'elle avait amené avec elle ces jeunes personnes pour les établir (**), comme le fit M. de Maisonneuve en conduisant sa recrue de i653. Aussi, dans la seule année 1654, célébra-t-on jusqu'à
(') L'une, Françoise FafFart, de la paroisse d'Argense, près de Caen, en Normandie, fut mariée le 3 novembre à Mathurin Monnier, de la paroisse de Clermont, près de la Flèche, en Anjou; l'autre, Marie Chariot, épousa, le 3 janvier 1648, Jean Loisel, de la paroisse de Saint-Germain, près de Caen. Une autre vertueuse fille, Françoise Godet, de la paroisse de Saint-Martin-Digé, près de Belesme, dont le père, Nicolas Godet, & la mère, Françoise Gadois, étaient déjà établis à Montréal, avait épousé, le 18 novembre 1047, Jean Desroches, de la paroisse de Sainte-Lucie, près d'Autun. En 1648, Léonard Lucault, de la province de Limousin, avait épousé, le 12 oftobre. Barbe Poisson de la paroisse de Saint-Jean de Mortagne, dans le Perche; &, le 11 janvier suivant, François Godet, fils de Nicolas, épousa Françoise Bunion.
{"') Au mois de novembre de cette année, Louis Prudhomme, de la paroisse de Pomponne, proche de Lagny-sur-Marne, Ile-de-France, épousa Roberte Gadois; &, dans le même mois, Gilbert Barbier, de la paroisse de Saint-Aré de Dézile-sur-Loire, pavs de Nivernais, épousa Catherine de Lavaux, de la paroisse d'Ailnes, proche de Nancy, en Lorraine. L'année suivante, i65i, eut lieu le mariage de Jean de Saint-Père, de la paroisse de Dormes, en Gâtinois, proche Montreau, avec Mathurine Godet, fille de Nicolas. Jean de Saint- Père avait montré conftamment un dévouement héroïque pour l'établissement de la colonie; aussi lisons-nous dans son contrat de mariage que , pour le récompenser de ses bons £■ fidèles services rendus pendant huit ans, M. de Maisonneuve, outre quarante arpents de terre qu'il lui donna, promit de lui en faire défricher six, &, en attendant, lui céda la Jouissance de six autres arpents déjà défrichés, situés près du Fort.
204 n" PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTREAL.
treize mariages à Villemarie (*). Le plus remarquable fut, sans contredit, celui de Charles le Moyne avec Catherine Primot, mariage qui fit beaucoup d'honneur à la colonie par les onze enfants qu'il lui donna, à la tête desquels on doit placer, avec raison, le célèbre dlberville, comme ayant surpassé en gloire tous ses frères; & c'eft ce qui nous engage à donner ici quelque éclaircissement sur la mère de ces illuftres citoyens.
ORIGINE DE CATHERINE Quolqu'elle fût couuue sous le nom de Catherine
pRiMOT. CHARLES LE pj-jfj-jQj- g, Qu'ou la trouve toujours ainsi appelée dans les