‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 252 sur 428 · ROUEN · texte numérisé non relu

ROUEN

LF VICAIRE APOSTOLIQUE EN CANADA. IÔSq. S^l

vicaire, avec une lettre du Roi lui-même, du 1 1 mai

1659(1), qui lui ordonnait de continuer ses fondions (i) Journal des jj-

de vicaire général, sans préjudice de la juridiction du suites, s sept. iGSq.

Vicaire apoltolique. C'était, comme nous l'avons dit,

reconnaître deux jurididions indépendantes Tune de

l'autre, & vouloir établir la confusion dans l'Église du

Canada, au lieu d'en procurer le bien. Aussi, trois jours

après l'expédition de la lettre du Roi, envoya-t-on à

M. d'Argenson une nouvelle lettre de cachet, du 14 mai,

& une autre à M. de Laval, qui dérogeaient à celle du 1 1 ,

& dans lesquelles on disait même, comme le nonce eût

désiré que le Roi le déclarât, que ce prince avait demandé

au Pape l'envoi en Canada d'un Vicaire apoftolique (2). (2; Emplois de m.

« Quelque lettre que j'aie accordée à l'archevêque de '^^■■s<^"so" foi. 2.—

T~r :,■ ■ , T-, ■ ■ ■ r\ Archives de 1 archevc-

(( Rouen, disait le Roi, mon intention n ett pas que lui ni ché de Québec, rég.

(I ses grands vicaires s'en prévalent, jusqu'à ce que, par '^. p--5^-

(I l'autorité de l'Eglise, il ait été déclaré si cet archevêque

i( eft en droit de prétendre que la Nouvelle-France soit

« de son diocèse. Notre Saint-Père le Pape n'en eft pas

« persuadé, & ce serait un scandale si, dans une Église

« naissante, la jurididion de Celui que Dieu a établi chef

« de l'Église universelle venait à être conteftée. »

M. de Queylus ayant donc reçu la lettre du Roi du 1 1 mai & les nouvelles lettres de grand vicaire de l'archevêque, sans connaître apparemment les lettres de cachet plus récentes, crut un inftant devoir reprendre ses premières fonctions, malgré les promesses qu'il avait faites ; du moins c'eft: ce qu'on lit, sous la date du 7 septembre, dans le Journal que nous avons suivi pour guide sur ce point, dans la Vie de la Sœur Boiirgeoys. 11 pourrait se faire, cependant, que l'auteur du Journal n'eût pas été bien informé de ce qu'il assure ; car il eft ditîicile de concilier son narré avec ce qu'écrivait, dans ces circonftances mêmes, M. le vicomte d'Argenson : « L'Archevêque de 11 Rouen m'a fait l'honneur de m'écrire, dit-il, 8;, sans Il qu'il ait sujet de se plaindre de mon procédé, je crois

r. DE ÔIEVLU3 A-T-IL

reconnl' de nouveau l'autorité de l'archevêque i

<i pouvoir lui faire connaître qu'étant d'accord de voir « M. de Pétrée pour faire les fondions épiscopales & « exercer le vicariat apoftolique, il ne devait pas envoyer « des lettres de grand vicaire à M. Fahbé de Queylus, « qui ne pouvait en exercer légitimement les fonctions, « puisque FArchevêque souffrait un Grand-Vicaire de la (' part du Pape. Aussi M. FAhbé s'eft bien comporté; car (( il s'efl: contenté de s'expliquer de toutes choses avec « M. de Pétrée, & après n'a voulu faire éclater aucune (i)LcitredeM.d'Ar- « marque de son pouvoir (i). » Il paraîtrait donc, d'après foi"8'4.' "' °^^' "'^"' ^^ ^^^^^' ^^^ M- de Queylus ne fit point usage de ces nouvelles lettres. Toutefois on pourrait conclure avec assez de vraisemblance de ces dernières paroles de M. d'Argenson, que bien que M. de Queylus s'abftint de tout adte de jurididion de grand vicaire, il n'était peut-être pas entièrement convaincu alors de la nullité des prétentions de l'Archevêque de Rouen, en attendant, comme le Roi l'écrivait, que l'Autorité de l'Église eut déclaré si ce Prélat était en droit de prétendre que la Nouvelle-France fût de son diocèse ; & d'ailleurs le Souverain - Pontife luimême, dans sa bulle d'inftitution du Vicaire Apoffolique, avait supposé que Québec dépendait du diocèse de Rouen. C'efl sans doute ce qui fait dire à M. de La.val dans la relation de sa mission pour l'année 1660 envoyée au Pape ; que M. de Queylus avant son retour en France

(2) Archives de la se Considérait encore comme grand vicaire de Rouen (2). Propagande,voi.^me- j^^^s la préoccupation qui agitait alors les esprits , il

rica, 3. Canada, 25t). ^ ^ '■ . . . ^

Reiat. art. 5o, fol. 12 Semble quc tout cc qu on pouvait exiger raisonnablement ^^'"^°- de lui, c'était quil s'abftint, comme il le fit, de tout ade

de la juridiiffion de l'Archevêque , en attendant que le Saint-Siège eut décidé ce différend. Aussi, ie 1 1 du même mois, c'eft-à-dire, quatre jours après qu'il avait reçu ces nouvelles lettres de grand vicaire, le voyons-nous traiter, comme précédemment, avec les Pères Jésuites & dîner à leur réfeftoire, ainsi que trois prêtres du sémi-

(3) Journal des Je- nairc de Moutréal (3) . 11 semble même qu'il ne donna suites, II sept. iCSg. point counaissancc au dehors des lettres qu'il avait reçues.

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