‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 94 sur 428 · , , . CRAINTE AUX COLONS · texte numérisé non relu

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voure. C elt la remarque du P. Vimont : « Nos soldats, et a m. de montma-

(I écrivait-il, sont bien étonnés de voir le courage & la ré- °^"^ lui-mê.me.

(( solution d'un ennemi qui passe, dans l'estime de ceux

« qui ne le connaissent pas, pour timide, & qui fait des

« avions d'une très-grande hardiesse ; ne pensant pas que

« des gens qui portent le nom de sauvages eussent les ar-

« mes si bien en la main : tel s'avança pour mettre le

« pied dans Line barque; d'autres tirèrent dans la redoute

« par les meurtrières mêmes (i). » La Mère Marie de l'Iii- (O Relation de 1642,

carnafion écrivait, de son côté : « Jamais les Iroquois ■'' ^''

« n'avaient osé attaquer les Français dans leurs Forts ; &

(' si M. de Montmagny n'eût pas été sur le lieu, tout était

(' perdu (2j. » Comme donc, après la déclaration de la [2) Lettres hiftori-

seconde guerre, ce Gouverneur ne doutait pas que le Fort ''"^^' ^ " ^

ne fût attaqué par les Iroquois, lorsqu'ils viendraient à

descendre pour faire leurs hostilités dans la colonie, &

que d'ailleurs il ne pouvait y mettre une garnison assez

nombreuse ou assez résolue pour leur faire tête, il prit le

parti de l'abandonner tout à fait ; ou, s'il y mit des hommes,

ceux-ci l'évacuèrent. Cette conduite n'a rien qui doive

surprendre, si on considère la crainte que le renouvellement

de la guerre avait inspirée, même tout auprès du Fort de

Québec, puisque les sauvages de SiUery n'osaient plus sortir

go II*" PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COiMP. DE iMONTREAL.

•de chez eux pour la chasse, 8c que inéme ils abandonnèrent Tenceinte de pieux, dont nous avons parlé, dans laquelle se trouvait la maison des missionnaires. Enfin, pour les mettre à Tabri des insultes de Tennemi dans le temps de leurs moissons & de leurs semailles, on résolut de construire Lin Fort avi milieu de leurs champs ; & M. de Mont- (li Journal des j<i- maguy alla lui-même en désigner la place (i). Aussi ne

suite?, 104.S. voyons-nous pas que ce Gouverneur, malgré Temploi qLi'il

exerçait dans la colonie, ait pris aucune part aux mouvements de guerre qui agitèrent l'île de Montréal; & ce qu'on aurait de la peine à croire, s'il n'était attefté par M. Dollier de Casson, & qui montre la grande crainte que M. de Montmagny avait conçue des dangers de ce polie avancé, il s'efforçait d'arrêter & de retenir à Québec tous ceux qui venaient de France pour monter à 'Villemarie, assurant (2)HiftoircduMont- quc ce licu n'était pas tenable (2), quoique poLu-tant on

rcai, de 1647 -i lô^s. {^^i j^^s ^ue absolue nécessité d'y envoyer des hommes si l'on voulait conserver Québec & tout le reste de la colonie.

xxxn.

SUR LE REFUS DE M. DE Pour toutcs Ics ralsous qLie noLis venons d'éuLimérer,

MAisoNNEuvE,LAPLA- piuslcurs pcrsonues, sincèrement affectionnées au pays,

CE DE GOUVERNEUR j, - • 1 r* "Il 1-1

GÉNÉRAL EST RÉsER- desiraieut qu on tit aux articles dont nous parlions des vÉE A M. d'aillé- amendements considérables. Il paraît que M. de Maisonneuve avait agi dans ce sens pendant son dernier séjoLir en France, & ses avis devaient inspirer d'autant plus de confiance que jusqLi'alors il avait donné des preuves incontestables de prudence, de zèle pour la colonie, de courage & d'un parfait désintéressement. On lui offrit même la place de Gouverneur général, en remplacement de M. de Montmagny, qui allait être rappelé ; mais comprenant de quelle importance il était de conserver le pofte de 'Vil- ,3 HiftoiieduMont- lemarie, il refusa cette charge, par une sagesse (3), dit i-ri, CI 4 ai 47. jyj j^Qiijgj. (-[g Casson, qui sera mieux connue dans l'autre monde que dans celui-ci. Comme on désirait cependant qu'il y eût un parfait accord entre tous ceux qui étaient les dépositaires de l'autorité royale en Canada, on

(i) Dollier de Cas-

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