‹ Histoire de la comédieChapitre 16 sur 116 · CHAPITRE II. LES DIALOGUES BACHIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. LES DIALOGUES BACHIQUES

manité ne Tavaient point sauvé d'une mort sanglante (i) ; mais au moment où il semblait accablé par les cruautés de la Fortune, il était sorti triomphant du tombeau, une auréole sur la tête. Aucune autre histoire ne réhabilitait plus complètement le gouvernement du monde ; aucune ne pouvait montrer d'une manière plus frappante la justice finale du Destin, et le respect qu'inspirait un dieu si puissant rendait encore plus efiicaces les enseignements qui s'autorisaient de sa vie. Bacchus devint donc bientôt un des sujets habituels des tableau?c que Ton présentait aux initiés (2) ; ils suppléaient alors facilement aux insuffisances de la scène, croyaient aux détails les plus défectueux comme à des vérités religieuses, et la vue de son corps déchiré en morceaux (3) leur laissait à tous une longue impression de pitié et de salutaires espérances. Il devint même le centre et Tâme de la représentation : les aventures tragiques liées à son histoire et à son culte, le suicide d'Érigone, la mort d'Âdraste (4) et la mise en pièces d'Orphée furent préférés à des catastrophes, peut-être aussi significatives, mais qui lui étaient étrangères. Ces fréquentes exhibitions les rendirent plus populaires, plus faciles à comprendre, plus saisissantes, et elles furent transportées dans les Bacchanales avec des cris, des emportements et

(1) Yoy. Lobeck, De morte Bacchij 1810 somTrances dans les Lénéennes, et selou Héet 1812 , in 4<*. On ne peut trop le redire siode, Opéra et dits, v. 502 , leur jour était pour expliquer les origines du théâtre grec : néfaste.

des souffrances imméritées dans ce monde, (3) IlUc intereeptus (Liber) trucidatur. Et récompensées d'un bonheur étemel dans ut nullum posset necis inveniri -vestigium, l'autre, tel était le sujet habituel de ces re- particulatim membra conscissa satellitum présentations. Yoy. Hérodote, 1. II, ch. 171 ; sibi dividit turba; Firmicus Maternus, De Diodore, I. x, ch. 77 , et Firmicus Maternus, errùre ^yrofanarwa religionwn, p. 19, éd. De errore profanarum religionum, ch. yi et de Wower : voy. aussi Diodore, l. v, ch. 75, suivants. C'était un fait si connu qu'Aristo- t. I, p. 302 ; le Scoliaste de saint Clément phane, Ranaey t. 501 , appelait Hercule Mi- d'Alexandrie, p. 92, éd. de 1831, et Lobeck, XiTi]ç (laoTifiaç, Le Flagellé de Mélite, parce ÀglaophamuSf p. 555 et suivantes. A ces qu'il y avait dans ce bourg de petits Mys- représentations se rapporte le passage d'Artères qui lui étaient consacrés. nobe, Adverêus Gentes, l. V, ch. xxxxm,

(2) Saint Clément d'Alexandrie, Cohortatio p. 187, éd. de 1651 : Yinaper terras sparsa ad GenteSj ch. n; Opéra, t. I, p. 15, éd. distractis in visceribus Liberi.

de Potter. On ne représentait même que ses (4) Yoy. Hérodote, l. y, ch. 67.

iii LIVRE fy. CÛKÉDIE QRECOyS.

iine vérité çaoyage {\) q«p pouyait seslfi pro4H}re l'jvfpsse; puis quanilt satiirés d'excès et de vi^f, )pç Qacchant^ rpii|^iep| tenpiner TOrgie, ils s^spefidaiepî apx arbres' des offrandes pxr piatoires(2) pf 83cripaiput (in ï)oup aa-^ djeiis iafprpqfl^CS). Parfois piôme le dieu, représenté par ifn de ses prêtres, cpndui- $âit IwirD^me le cortège de ses afiorateurs (4) el figurait en personne dans uij épisode, ordiosiremeniliigubj'efS), de sa }égei}de. Telle tut la première tragédie : (S) (in poëme lyriqije (7), d^fl^é p^r un chœur de Satyres (8) qui |ui ont dopfié leur nom (9), et terminé par un sacf jfice.

(1] Le nom desM^nadti tient même sans bitucl des Bicchsntes Ihlta 'Iuk; Idï, M,

dwte de Hsiviijiii, Eue isisi de tureur. Pour et ces deui ven de Virgile, ^«twidoi ). yn,

ilre dignesdeBacchuSjeUesinangesient snSM ".395: ' '£plenl,

de U cbùr C[ue (Euripide , Bacchat, '- ( 33 Aat alise treoiiflis ululalibua aelbera finm-

el7*6); Aiirelius Prudcnliui disait même, Punpineasque'geruuliniànGiaepellibushulit.

ConfrU^lwnacftum, 1. i, r. iJO; ïflj. Tischbein, Bieiftil de gravuru, t- IT,

Virid» dJEcindunt ore ctaeljdriM, pl.4fi, el Welcker, A'ochlrog lu der Schri/I

Qui Bromium pltcare lolunt Itber die Âeickfiiilclu Trilogie, p. ii».

Et tecissereorslimnlisfuriidibusipsas" (6) Elle s'appelait d'abord Tf.r~!b«, Chant

MaeiiBdas,mnsinmanlenier(i,iasceliiEOQiae des venduge: (t.th«Dé«, 1. u, p. 4(IBl

[relatas. Etymologicrnif magnant, s. ï. Tp«i»îlii),

(i) Voy. l'Appendice, d* t. et Donatus a Éort bien recounu Tragoedlte

(3) f:'etBil sans dout^ f l'urigine un sym- origineq iUa comoediae antiquiorem esse, bole de'Bacebus : ear' il aTsît été c»ch* solis rilione argnmenli perinde atque temponi lafonned'iuj|>i>uc(ApollodoTeT l.iii. p. 171, qua sit inventa. La critique de Beiftley était éd. de I6fil ; Nonnni, I. ht, v. 154 e( soit .)^ beaucoup tn))> spirituelle et trop pénétrante et |ieul-èlr^ e4-ee A ee suiivenir qu'il ijev^ pour ne cas Bceegter pleinement cette opi- H nebride(voy. AoiuH,!. 1211, et Creuier, iioa;0pa3Cttla pMloiôgica, p. !59, éd. Eiti aHaOf'iiffhlf G'I^h B- >» et W<-) de Leipsicfi, I7qi.

el ses cornes; Oride, De arte amaloria, (7) Voj. Dioicorides, ép. iYi;Théouetim,

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