CHAPITRE XXIII. in
Tel est, citoyens, le résumé succinct, mais fidèle, de la conversation de vos délégués avec M. Thiers. Il n*appartient pas à vos délégués d'apprécier, d'une façon quelconque, jusqu'à quel, point les intentions manifestées par M. Thiers répondent ou ne répondent pas aux vœux de la population parisienne. Le devoir de vos délégués consiste seulement à vous rapporter les faits sans commentaire, et le présent exposé n'a et ne peut avoir d'autre objet que l'accomplissement strict de ce devoir.
Cette ligue de Y Union républicaine devait prouver plus tard qu'elle faisait partie de la Commune en sommant la chambre de se dissoudre lorsque la paix serait signée déûnitivement.
Une autre députation envoyée par Y Union des Chambres syndicales était plus loyale dans ses agissements, et ne contestait pas au gouvernement son droit de répression; seulement elle voulait une chose impossible : que la Commune reconnût l'Assemblée de Versailles et désarmât.
Au milieu de ces allées et venues d'ambassadeurs de toutes sortes, une déclaration au peuple français était lancée par F Hôtel de ville. On expliquait ainsi les causes de l'insurrection et les prétentions de la Commune :
Dans le conflit douloureux et terrible qui impose une fois encore à Paris les horreurs du siège et du bombardement, qui fait couler le sang français, qui fait périr nos frères, nos femmes, nos enfants écrasés sous les obus et la mitraille, il est nécessaire que l'opinion publique ne soit pas divisée, que la conscience nationale ne soit point troublée.
Il faut que Paris et le pays tout entier sachent quelle est la nature, la raison, le but de la révolution qui s'accomplit, n faut enfin que la responsabilité des deuils, des souffrances et des malheurs dont nous sommes les victimes retombe sur ceux qui, après avoir trahi la France et livré Paris à l'étranger, poursuivent avec une aveugle et cruelle obstination la ruine de la capitale, afin d'enterrer, dans le désastre de la république et de la liberté , le double témoignage de leur trahison et de leur crime.
La Commune a le devoir d'affirmer et de déterminer les aspirations et les vœux de la population de Paris; de préciser le caractère du mouvement du 48 mars, incompris, inconnu et calomnié par les hommes politiques qui siègent à Versailles.
Celte fois encore, Paris travaille et souffre pour la France entière, dont il prépare, par ses combats et ses sacrifices, la régénération intellectuelle, morale, administrative et économique, la gloire et la prospérité.
Que demande-t-il ?
La reconnaissance et la consolidation de la république, seule forme de gouvernement compatible avec les droits du peuple et le développement régulier et libre de la société.
L'autonomie absolue de la Commune, étendue à toutes les localités de la France, et assurant à chacune l'intégralité de ses droits, et à tout Français le plein exercice de ses facultés et de ses aptitudes, comme homme, citoyen et travailleur.
L'autonomie de la Commune n'aura pour limites que le droit d'autonomie égal pour toutes les autres communes adhérentes au contrat, dont l'association doit assurer l'unité française.
Les droits inhérents à la Commune sont :
Le vote du budget communal, recettes et dépenses; la