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CHAPITRE XXIII

Nous en appelons à la France !

Avertie que Paris en armes possède autant de calme que de bravoure ; qu'il soutient Tordre avec autant d'énergie que d'enthousiasme; qu'il se sacriûe avec autant de raison que d'héroïsme; qu'il ne s'est armé que par dévouement pour la liberté et la gloire de tous, que la France fasse cesser ce sanglant conflit I

C'est à la France à désarmer Versailles par la manifestation solennelle de son irrésistible volonté.

Appelée à bénéficier de nos conquêtes, qu'elle se déclare solidaire de nos efforts; qu'elle soit notre alliée dans ce combat qui ne peut finir que par le triomphe de l'idée communale ou par la ruine de Paris l

Quant à nous, citoyens de Paris, nous avons la mission d'accomplir la révolution moderne, la plus large et la plus féconde de toutes celles qui ont illuminé l'histoire. Nous avons le devoir de lutter et de vaincre !

L'organisation des conseils de légion n'ayant pas marché avec activité, Cluseret, d'accord avec la commission executive, organisa une cour martiale dont il choisit les membres. Le délégué disait :

En présence des nécessités de la guerre, et vu le besoin , d'agir rapidement et vigoureusement;

En présence de l'impossibilité de traduire devant les conseils de guerre de légion, qui n'existent pas encore, les cas exceptionnels qui exigent une répression immédiate, le délégué à la guerre est autorisé à former provisoirement une cour martiale, composée des membres ci-après : Le colonel Rossel, chef d'état-major de la guerre ,

196 HISTOIRE DE LA COMlinNE.

Le colonel Henry, chef d*élat -major de la place;

Le colonel Razoua, commandant de TÉcole militaire ;

Le lieutenant-colonel Collet, sous-chef d'élat-major du commandant supérieur Eudes;

Le colonel Chardon, commandant militaire de la préfecture de police ;

Le lieutenant Boursier, membre du Comité central.

Les peines capitales seront soumises à la sanction de la commission executive.

La cour siégera tous les jours à Phôtel des conseils de guerre, rue du Cherche-Midi.

Ce tribunal entra aussitôt en fonctions, et ses jugements alternèrent de la peine de mort à la détention perpétuelle.

M. Pierre Leroux était mort le 13 avril, la Commune décida que deux de ses membres assisteraient à ses funérailles, mais on faisait des restrictions, on rendait hommage non au philosophe partisan de Tidée mystique dont la fatale influence se faisait sentir encore, mais à l'homme politique qui, le lendemain des journées de Juin, avait pris courageusement la défense des vaincus.

Un des délégués, le citoyen Martelet, jeune homme de vingt-deux ans, fit sur la fosse un long discours où il déclara qu'il ne connaissait pas le défunt, que jamais il n'avait lu une ligne de ses œuvres, mais que cependant il partageait ses idées. Puis il annonça qu'un de ses cousins habitait depuis vingt ans l'Amérique. « Si jamais, s'écria-t'il en terminant, la République et la Commune

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