CHAPITRE IX
« Citoyen, c'est bien facile, répondit le directeur, il n'y a qu'à suivre les cours de l'École polytechnique, travailler ensuite comme je l'ai fait, et au bout de quinze ans, si on a de la chance, on peut être placé à la tête d'une manufacture de tabac. »
Les directions du domaine, du timbre et de l'enregistrement sommaient les employés de reprendre leur service. Varlin et Régère, les délégués aux finances, nommaient une commission pour procéder à la réorganisation de l'octroi. Un décret de la Commune fixait à 6,000 francs le maximum de traitement des employés des divers services. La commission du travail et de réchange instituait une sous- commission chargée de faire un état des travaux de construction inachevés.
En même temps, 1«^ avril, la Commune supprimait le titre et les fonctions de général en chef, mettait en disponibilité le général Brunel, et nommait Eudes délégué à la guerre, Bergeret chef de l'état-major de la garde nationale, et Duval commandant militaire de l'ex-préfecture de police.
Les électeurs des !«', 2% 6% 8% 9% 12% 16^ 17% 18* et 20® arrondissements étaient convoqués pour le 5 avril, afin de remplacer MM. Adam, Meline, Rochart, Barré, Brelay, Loi: eau, Tirard, Chéron, Leroy, Robinet, Desmarest, Ferry, Nast, Pruneau, Marmottan, de Bouteil- 1er, démissionnaires, et A. Arnould, Varlin, Delescluze, Theisz et Blanqui, élus dans plusieurs arrondissements; en tout vingt et un men'bres qu'il s'agissait de remplacer.
Jalouse de son autorité, la Commune prit soin d'avertir le public qu'il ne fallait pas adresser les lettres à son président, parce que ce titre purement honorifique ne donnait aucun droit à celui qui le portait, ^ qu'on devait mettre sur l'enveloppe : A la Commune de Paris.
Les délégués d'une société de création récente qui avait pris pour titre : L'Éducation nouvelle, furent reçus à l'Hôtel de ville. Ces délégués demandaient naturellement que l'instruction religieuse fût bannie des écoles et qu'on remplaçât les frères par des institn teurs laïques.
On priait les sociétés ouvrières, les chambres syndicales du commerce et de l'industrie de faire parvenir par écrit, à la commission du travail et de l'échange, les renseignements qu'elles jugeraient utiles pour résoudre la question des échéances. La commission de justice * chargeait le citoyen Protot d'expédier les affaires civiles et criminelles les plus urgentes, et de prendre les mesures nécessaires pour garantir la liberté individuelle de tous les citoyens. ,
Les officiers payeurs des bataillons étaient prévenus de ne donner la solde de 1 fr. 50 c. qu'aux individus présents sous les drapeaux. Les deux délégués à la police avertissaient qu'il ne serait plus délivré de laisser-passer qu'à la préfecture.
1. Les membres de cette commission étaient BOL Ranc, Vermorel, Babick, Léo Meillet, BiUioray.