LES ADIEUX DU COMITÉ CENTRAL
Si ce verbiage de théoricien n'avait pas grande utilité, la dernière proclamation du Comité Central, ce qu'on pourrait appeler son testament, a plus de caractère. Elle dut plus sérieusement porter.
Citoyens, disaient les gouvernants provisoires s'apprêlant à se retirer, notre mission est terminée; nous allons céder la place dans votre Hùtel-de-Ville à vos nouveau.\ élus, à vos mandataires réguliers .
Aidés par votre patriotisme el par votre dévouement, nous avons pu mener à bonne fin l'œuvre difficile entreprise en votre nom. Merci de votre concours persévérant : la solid;u"ité n'est plus un vain mot. Le salut de la République est a.ssuré.
Si nos conseils peuvent avoir quelque poids dans vos résolutions, permettez à vos plus zélés serviteurs de vous faire connaître, avant le scrutin, ce qu'ils attendent du vote aujourd'hui.
Ce début était plein de dignité. Voilà bien le langa§-e que devaient tenir ceux qui avaient fièrement déclaré, en pre-
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nantie pouvoir, qu'ils sauraient montrer « qu'on pouvait descendre, le front haut, les marches de l'Hôlel-de- Ville «.Mais l'adieu se développait, peut-être un peu trop explicite. Ceux qui quittaient le palais municipal donnaient des conseils sur le choi.x de ceux qui devaient y rentrer. On pouvait interpréter cette leçon électorale dans un sens trop intére.ssé. Les membres du Comité Unissaient leur affiche par ces préceptes de morale civique, prétentieux et naïfs :
Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant de votre propre vie, souffrant de mêmes maux.
Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables.
Défiez-vous également des parleurs, incapables dépasser à l'action ; ils sacrifieront tout à un discours, à un effet or.atoire où à un mot spirituel. Evitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère.
Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront point vos suffrages; le véritable mérite est modeste, et c'est aux électeurs à connaître leurs hommes et non à ceux-ci de se présenter.
Nous sommes convaincus que, si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considéreront jamais comme vos maîtres.
Hôtel de Ville, a5 mars 1871.
Le Comité Central de la Garde Nationale :
Avoine fils, Ant. Arnaud, Assi, G. Arnold, Andignoux, Bouit, Jules Bergeret, Babiek, Baroud, Biliioray, L. Boursier, Blanchet, Castioni, Chouteau, C. Dupont, Fabre. Ferrât, Fleury, Fougeret, C. Gaudier, Gouhier, H. Géresrae, Grélier, Grollard, Josselin, Fr. Jourde, Lavalcltc. Fortuné Henry, Maljournal, Edouard Moreau, Mortier, Prudhomme, Rousseau, Ranvier, Varlin.
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