‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 3)Chapitre 21 sur 126 · APPEL A UX DÉPARTEMENTS · texte numérisé non relu

APPEL A UX DÉPARTEMENTS

Voici le texte de cet appel, lancé dans le désert à la province indifférente ou hostile :

Le peuple de Paris, après avoir donné, depuis le 4 septembre, une preuve inconteslable et éclatante de son patriotisme et de son dévouement à !a République ; après avoir supporté, avec une résignation et un courage au-dessus de tout éloge, les soutYrances et les luttes d'un siège long et pénible, vient de se montrer de nouveau à la hauteur des circonstances présentes et des efforts indispensables que la patrie était en droit d'attendre de lui.

Par son altitude calme, imposante et forte, par son esprit d'ordre réiniblicain, il a su rallier l'immense majorité de la garde nationale, s'attirer les sympathies et le concours actif de l'armée, maintenir la tranquillité publique, éviter l'effusion du sang, réorganiser les services publics, respecter les conventions internationales et les préliminaires de paix.

Il espère que toute la presse reconnaîtra et constatera son esprit d'ordre républicain, son courage et son dévouement, et que les calomnies ridicules et odieuses, répandues depuis quelques jours en province, cesseront.

Les déparlements, éclairés et désabusés, rendront justice au peuple de la capitale et ils comprendront que l'union de toute la Dation est indispensable au salut commun.

Les grandes villes ont prouvé, lors des élections de 1869 et du plébiscite, qu'elles étaient animées du même esprit républicain que Paris; les nouvelles autorités républicaines espèrent donc qu'elles lui apporteront leur concours sérieux, et énergi(ino dans les circonstances présentes, et qu'elles les aideront à mener à bien

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l'œuvre de régénération et de salut qu'elles ont entreprise au milieu des plus grands périls.

Les campagnes seront jalouses d'imiter les villes. La France tout entière, après les désastres qu'elle vient d'éprouver, n'aura qu'un but : assurer le salut commun.

C'est là une grande lâche, digne du peuple fout entier, et il n'y faillira pas.

La province, en s'unissant à la capitale, prouvera à l'Europe et aU monde que la France tout entière veut éviter toute division intestine, toute effusion de sang.

Les pouvoirs actuels sont essentiellement provisoires, et ils seront remplacés par un Conseil communal, qui sera élu mercredi prochain, 22 courant.

Que la province se hâte donc d'imiter l'exemple de la capitale en s'organisant d'une façon républicaine, et qu'elle se mette au plus tôt en rapport avec elle, au moyen de délégués.

Le même esprit de concorde, d'union, d'amour républicain nous inspirera tous. N'ayons qu'un espoir, qu'un but : le salut de la patrie et le triomphe définitif de la République démocratique, une et indivisible.

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