Mésopotamie. — Saint Julien Sabas, soldât, 393 environ
— 18 octobre, 15 kal. nov.
19. Héraclée. — Saint Julien, martyr, iv e siècle. — 7 janvier, 7 id. janv.
20. Syrie. — Saint Julien Sabas, IV e siècle. — 14 janvier, 19 kal. febr.
21 . Anazarbe (Cilicie). — Saint Julien d'Eges, martyr, iv e siècle.
— 16 mars, 17 kal. apr.
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avec le corps de l'édifice ; c'est pourquoi les membres du bureau de la fabrique ont dressé le devis dont vient d'être parlé, pour servir de base aux travaux qui doivent être exécutés à l'effet de faire disparaître ces inconvénients et d'établir la régularité que demande la construction de Féglise (1). d
Les comptes d'un nommé Loursel (Pierre), trésorier en 1830, accusent le paiement d'une somme de 376 fr., versés entre les mains du sieur Angrand, menuisier. — Signé : Jean Labbé, P. Loursel, Jean Leroy, Lecerf, prêtre, et Michel Brument.
Les bancs ainsi réparés sont ceux qui servent aujourd'hui.
Le berceau de l'église a été renouvelé, et d'autres réparations importantes ont été faites ou entreprises par la commune, de 1825 à 1829.
Voici une délibération de la fabrique qui demande l'exécution de ces travaux:
« Cejourd'hui, vingt-huit août mil huit cent vingt-cinq, le conseil général de la fabrique de l'église succursale de Montérollier, dûment convoqué , s'est réuni au presbytère, sous la présidence de M. Jacques Crevel, où étaient présents : MM. Lecerf, desservant; Jean Labbé, maire; Michel Denoyon, Charles Gosse, Pierre Guignant,
(1) Registres des délibérations du Conseil de Fabrique de Montérollier.
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administrateurs, et Michel Tranchepain, secrétaire. M. le desservant donne lecture au conseil d'un devis estimatif dressé , en date du 9 de ce mois, à la requête du bureau de fabrique, parle sieur Jacques Rasset, entrepreneur de bâtisses, pour la réparation et la réédification de l'église duditlieu, montant à la somme de 2,885 fr. 83 c.
« Vu le budget pour l'année 1826, arrêté le 28 août 1825, pour être soumis à l'approbation de S. E. Mgr le cardinal prince de Croy , archevêque de Rouen, d'où il résulte que les dépenses ordinaires excèdent les recettes de 167 fr. 86 c, et que les dépenses extraordinaires s'élèvent, d'après le susdit devis , à la somme de 2,885 fr. 83 c.
« Sur quoi le conseil ayant délibéré; considérant que ladite église a besoin de promptes réparations , attendu l'état de délabrement où elle se trouve; considérant qu'il ne reste à la fabrique aucuns fonds disponibles pour l'exécution desdits travaux ;
« Arrête à l'unanimité :
« Art. 1er. Conformément à l'article 93 du décret du 30 décembre 1809, copie du budget pour l'année 1826 sera transmise au conseil municipal, pour y être délibéré (sic), s'il y a lieu, sur les moyens de pourvoir à la dépense précitée.
« Art. 2. Expédition de la présente délibération sera adressée à M. le préfet avec les devis et plans concernant les travaux projetés, pour être statué ce qu'il appartiendra.
« Fait et arrêté en séance, les jour et an susdits. — Signé : Lecerf , prêtre ; Gosse , Guignant , Jean Labbé, Micbel Tranchepain, et Jacques Crevel (1). »
Ces travaux ont été exécutés, mais aucun document ne nous en fournit la date.
Le chœur était jadis pavé de nombreuses et belles pierres tombales qui recouvraient les restes mortels des seigneurs et des curés de Montérollier; il n'en existe aujourd'hui que deux, dont l'une, en pierre blanche, était décorée d'un magnifique portrait gravé en creux; on n'en voit plus que d'insignifiants vestiges et la place de la tête et du cœur, qui durent être incrustés de marbre blanc. Les bords de la pierre montraient une bande qui contenait l'inscription dont on ne peut déchiffrer que ces simples mots en grandes
majuscules romaines : « laqvelle deceda »
Il s'agit donc d'une femme, épouse, veuve ou fille d'un seigneur du lieu , et elle est antérieure au xvue siècle.
L'autre pierre est un beau marbre noir de deux mètres trente-trois centimètres de long, sur un mètre quinze centimètres de large. En tête sont gravées les armes du personnage ; malheureusement elles sont trop effacées pour qu'on en puisse trouver le sens.
(1) Registres des délibérations du Conseil de Fabrique de Montérollier.
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Au-dessous on lit :
« Ci-gist Messire Alexandre Sécard, escuyer
seigneur et patron d'Auzouville
Saint- Arnovlt, seigneur et chastelain
de Blangres et Cavmare et avtres lieux.
Cette tombe a esté ici posée par dame
Jacqueline de Pevrel, sa mère héritière
et bénéfîcière en partie de fev Monsievr de
Montérollier son frère. Il est décédé
le 24e jovr de may 1670, aagé de
ving cinq ans trois mois et demy.
Priés Diev povr son âme. »
L'autel est surmonté d'une contre-table, en style d'imitation grecque, récemment restaurée, peinte et dorée. Elle est ornée de deux belles statues en bois, celles de la Vierge-Mère et de saint Jean-Baptiste, à droite et à gauche. Au milieu, nous admirons la merveille de l'église, le tableau qui représente l'Assomption de la Vierge, patronne de la paroisse. Nous en donnons une description étendue, en appelant sur ce chefd'œuvre l'attention et les soins de l'administration religieuse et municipale de Montérollier, en même temps que l'admiration des fidèles et la vénération des artistes.
l'assomption de la sainte vierge.
Hauteur, trois mètres quatre centimètres; largeur, un mètre cinquante-cinq centimètres ; toile; cintré.
La sainte Vierge, vêtue de brillantes draperies bleues et rouges, s'élève au ciel dans la plus délicieuse atmosphère, entourée d'anges et environnée d'une auréole de gloire ; ses bras sont gracieusement ouverts, sa pose est pleine de majesté; sa figure, d'une admirable expression, est empreinte d'une exquise douceur et paraît jouir de la plus ineffable béatitude. Elle occupe les trois quarts du tableau. Au bas, à gauche, est le tombeau de Marie, dont le couvercle est soulevé; à droite, plusieurs apôtres contemplent la reine du monde s'envolant aux cieux. Audessous est la signature de l'artiste, telle qu'on la rencontre à Rouen, à Paris et ailleurs.
Comme on le voit, l'ensemble du tableau rappelle cette ancienne tradition fort répandue dans l'Orient : « Quelques jours avant d'appeler à lui sa divine Mère, le Seigneur lui envoya l'archange Gabriel. Alors, dit saint Jérôme, on entendit, dans l'endroit où elle reposait, une douce harmonie qui fut, pour les saints apôtres, le signe que Marie les quittait. A ce moment suprême, redoublant de larmes et de prières , ils élevèrent les mains vers elle et lui dirent d'une voix unanime : « vous ! qui êtes notre mère ! vous nous « quittez pour monter au ciel ; répandez sur « nous votre bénédiction et ne nous abandonnez « point; car nous sommes faibles et malheu- « reux. d Marie, tournant sur eux ses regards mourants , leur dit comme pour dernier adieu : .« Soyez bénis, mes fils; jamais je ne cesserai de
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« penser à vous. » Et bientôt les apôtres virent le Sauveur, accompagné de ses anges, venir recevoir l'âme de sa divine Mère. Cependant un des apôtres n'avait pu se trouver à la mort de Marie et recevoir sa dernière bénédiction; il n'arriva que trois jours après son bienheureux trépas. Pénétré de douleur d'avoir été privé de ce bonheur, il supplia le sacré collège d'ouvrir le tombeau de Marie, afin qu'il pût la contempler une dernière fois. On l'ouvrit en effet, mais, ô prodige ! le sépulcre était vide, et des lis, symbole de pureté et de virginité, avaient poussé là où était couché son chaste corps, corps immaculé, corps trop saint pour rester dans la tombe, et que les anges et les archanges , les séraphins et les chérubins emportèrent sur leurs ailes, quand la voix de Dieu l'eut réveillée de son court sommeil. x>
Telle est la tradition dont s'est inspiré notre artiste dans cette admirable composition. La pierre du tombeau est renversée à l'écart, et l'on aperçoit, parmi les plis du linceul, les fleurs miraculeuses qui ont poussé dans le fond de la tombe; un groupe d'anges, tenant un cahier, semblent chanter et dire : « Quelle est celle qui s'élève du désert, si brillante de grâces et de vertus? C'est la Mère de notre Roi, c'est notre Reine, c'est la sainte des saintes, la bien-aimée de- Dieu, la colombe immaculée, la plus belle d'entre les créatures, etc. »
Ce magnifique et malheureux tableau a subi
toutes sortes de cruelles humiliations ; après avoir été criblé de plomb en 1793, où il reçut au milieu de la toile une décharge de cinq ou six coups de fusil, il fut rentoilé, il y a trois ans, et horriblement mutilé par le pinceau grossier de peintres en bâtiments, qui crurent produire une œuvre admirable en le défigurant complètement.
Il est signé au bas et à droite : « Jean Jouvenet pinxit 1713 : » l'année même où le célèbre artiste devint paralytique du côté droit. C'est un des derniers ouvrages que notre peintre ait exécutés de la main droite, alors qu'il produisait ses plus beaux chefs-d'œuvre et que son talent était dans toute sa force et toute sa plénitude. Tout autorise donc à croire que notre Assomption de Montérollier est un des plus précieux morceaux qui soient sortis du pinceau ferme et vigoureux de Jouvenet.
D'après les recherches auxquelles nous nous sommes livré pour YHistoire de Jouvenet , il résulte que cet artiste si fécond, puisqu'il a produit près de deux cents tableaux, parmi lesquels il a répété plusieurs fois certains sujets, a traité Y Assomption en double exemplaire. La seconde toile, variante de celle de Montérollier et inférieure sous le rapport de la composition, fut peinte par Jouvenet pour le village de Vosseaux, près de Beaumont-sur-Oise. Elle est également cintrée ; sa hauteur au milieu est de deux mètres quarante centimètres, et aux extrémités, d'un mètre quatre-vingt-quinze centimètres ; sa lar-
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geur est d'un mètre cinquante-cinq centimètres. « Ce tableau, nous écrit M. l'abbé Gueudet, curédoyen de Chambly (Seine-et-Oise), se trouve placé dans la chapelle abandonnée du vieux château en ruine de Vosseaùx, sur la paroisse de Chambly. Il est très-lisiblement signé à gauche : « J. Jouc venet fc, x> sans date. Malheureusement il est dans un état de délabrement complet : les couleurs en sont tellement pâles et changées de ton, par l'effet de l'humidité ou par d'autres causes, que ce tableau perd beaucoup de sa valeur et de son mérite. » On y voit la bienheureuse vierge Marie qui monte au ciel , environnée d'une multitude de figures angéliques enveloppées de nuages et de rayons célestes; aucune des personnes divines ne paraît sur le tableau ; à l'angle supérieur à droite sont simplement dirigés vers Marie des rayons divins. On n'aperçoit point non plus ni le tombeau de la sainte Vierge, ni la figure d'aucun des apôtres.
La sacristie de l'église de Montérollier ne renferme rien de précieux sous le rapport de l'art, et nous avons le regret de n'y rien trouver qui mérite d'être signalé.
Dans la sacristie de Montérollier, conformément aux règlements du diocèse, on voit appendu un tableau des fondations de l'église de Notre- Dame de ladite paroisse de Montérollier.
Ce tableau remémore ce qui suit :
1° Il sera annuellement célébré trois messes basses aux intentions respectives des sieurs
Pierre Richer et François Thorel, savoir : une
le 18 septembre, une le 8 mai, et la troisième à
volonté.
2° Une messe haute de Requiem sera célébrée le 10 juin de chaque année pour le repos des âmes de MM. Maximilien-Gabriel et Maximilien- Alexandre, ducs de Béthune de Sully, et de Mme Alexandrine - Bernardine - Barbe - Hortense d'Espinay Saint-Luc, duchesse de Béthune de Sully.
3° Une messe haute de Requiem sera célébrée pour Mg r de Simony, le jour anniversaire de sa . mort, savoir : le 24 février, ou le jour le plus près non empêché.
4° Un service solennel sera célébré annuellement à l'intention de M. Georges-Pierre Bouctot, le'jour anniversaire de son décès, c'est-à-dire le 24 décembre, ou le jour le plus près non empêché, et douze messes aussi à son intention annoncées au prône du dimanche.
Pour extrait conforme aux titres constitutifs des rentes de l'église de Montérollier et la délibération du dimanche 3 avril 1853.
Signé au tableau : Leblic, curé de Montérollier.
Le cimetière ne possède aucun monument, aucune tombe curieuse. La croix de pierre, remarquable par sa hauteur, était autrefois ornée d'un charmant croisillon également en pierre ; . malheureusement il est presque entièrement disparu : hélas ! l'affreux vandalisme de 93 a marqué encore ici son désastreux passage.
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Tout près du cimetière et le bornant aux troi» quarts, domine au nord-ouest l'ancien manoir des seigneurs de Montérollier. C'est, au temps présent, une grande et belle cour de ferme dont les bâtiments présentent de grandioses proportions. La maison d'habitation a remplacé, en 1803, un vaste et antique château fort , flanqué de quatre tourelles à pied, entouré de fossés et de herses de fer; il avait cruellement subi du temps et des guerres d'irréparables outrages, et à cette époque il se trouvait fort délabré. La duchesse de Sully , qui le possédait, recula devant les dépenses considérables qu'exigeaient d'importantes réparations ; elle le fit démolir (1) et construisit à Osmonville une maison de maître qui existe aujourd'hui, composée d'un grand corps de logis et de deux pavillons. Cette maison était destinée à servir de pied-à-terre à la famille, lorsqu'elle viendrait visiter ses biens.
En sortant de l'église de Montérollier, à quatre hectomètres environ, sur la gauche du chemin de Neufbosc, se trouve la ferme de Montagny (2), dans l'herbage de laquelle on remarque, sur le versant de la colline, une éminence factice de
(1) Il ne reste de cette ancienne demeure seigneuriale que la yaste et magnifique cuisine qui sert eneore aujourd'hui, et, au nord de l'habitation, une des anciennes tourelles munie de meurtrières en grès piqué. Les murs de l'habitation et de la tour ont plus d'un mètre d'épaisseur.
(2) Mont-Hangnet, Tenant probablement de Mont-Agnel , Montaux-Agneaux.
terre, de forme circulaire, avec fossés en circonvallation : c'est, à n'en pas douter, soit une motte antique, soit une motte féodale.
Non loin de là, dans la vallée, vers Osmonville, on arrive à la ferme de la Couplière.
Si maintenant on se dirige vers l'est, sur le Neufbosc , on rencontre à mi-côte une espèce de camp retranché avec fossés à l'entour, aujourd'hui peu prononcés, mais jadis fort profonds: c'est le Bois-des-Châteaux, mot très-significatif qui accuse une existence féodale, dont malheureusement nous n'avons pu suivre la trace. 11 est à peu près à égale distance de Montérollier et du Neufbosc. On y constate la présence d'une immense quantité de pierres et de cailloux taillés ; on n'y a, du reste, déterré rien de curieux, ni sépultures, ni médailles, ni même de vestiges d'habitations.
Il y a encore, au bas du Bois-des-Châteaux, une pièce de terre qui dépend de la ferme occupée par M. Rasset fils, et qui s'appelle Y Acre du Curé.
A l'extrémité du vallon de Saint-Désiré , il y a aussi une épine qui porte la dénomination d'Épine des quatre Abbés.
Avant d'aller plus loin, citons en passant, comme étant à une faible distance du point où nous sommes parvenus, les terres portant les dénominations de Queue de Morue et de Plaine du Chêne
Se dirigeant ensuite vers le sud, à un kilo-
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mètre environ du Bois-des-Châteaux, on arrive à une ferme, celle de Belle- Vue ou du Mont- François, où, dans une cour, à mi-côte, on découvre, presque à fleur de terre, des briques et des tuiles à rebords avec des ossements humains en fort grande quantité.
En sortant de Belle-Vue, si Ton descend la côte au bas de laquelle est un étroit vallon, on se trouve en présence des ruines de l'antique chapelle de Saint-Désiré, dont les pans de murs paraissent fort anciens. A peu de distance de la chapelle est le bois Saint-Désiré, puis la maison de l'ancien chapelain.
Enfin, en tirant toujours vers le sud, on arrive aux hameaux du Bosc-aux-Renards, du Mesnil, de Claire-Feuille, de Savaumare, du Froid-Trou , du Mont-Rôty, du Bosc-Évrard , du Beau-Soleil et de Saint-Gorgon, où était assise la chapelle dédiée à ce saint.
Tout à côté, on voit le Bois-des*Perrets, mot fort usité dans les temps antiques et désignant une voie, un chemin important travaillé de main d'homme.
Il existait sur le territoire de Montérollier une motte gallo-romaine, qui correspondait avec celles de La Prée, de Cottévrard, de Claville- Motteville, du Bosc-le-Hard, etc.
Telle est la composition topographique du territoire de la commune de Montérollier; dans ce parcours de plusieurs kilomètres de longueur et
de onze cent quarante-sept hectares de superficie, l'artiste et l'archéologue ne rencontrent que de bien rares sujets dignes d'exciter leur intérêt et leur curiosité. Mais si la paroisse de Montérollier est pauvre sous le rapport monumental, il n'en est pas de même à l'égard de l'histoire^ : ce village a enrichi les annales de faits glorieux et de noms illustres, et du manoir féodal de Montérollier sont sortis de vaillants hommes de guerre , qui ont versé pour la patrie un sang pur et généreux. Nous suivrons les Grouchy, lçs Peyrel et les Sébeville à travers les plus terribles combats , et nous verrons les Tilly, les Çourvaudon et les Sécart siéger honorablement à la tête du Parlement de Normandie ou assister aux conseils des rois de France.
La vallée de la Varenne de tout temps fut fort giboyeuse; et en particulier les bois de Montérollier ne sont pas les moins peuplés ; ils sont riches en oiseaux et en quadrupèdes. Les renards et les loups même n'y sont pas rares. Chaque année , ces derniers y font de beaux et rudes dégâts; et quoique des battues en règle s'organisent assez souvent pour arriver à leur complète destruction , les races bovine et ovine n'en sont pas moins à peu près constamment en émoi (1). MM. les loups semblent défier les coups
■ (1) Pendant les vacances de 1857, nous assistâmes à une chasse dirigée tout exprès, et nous fûmes témoin de la mort violente de plusieurs de ces hôtes dangereux.
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meurtriers des plus fiers Nemrods, et ils se rient, depuis des siècles , des lois , règlements , chartes et diplômes, enfin de tous les anatfaèmes qu'on s'esf plu à porter contre eux , voire même les rois de France et d'Angleterre.
« Depuis longtemps déjà, disait, le 14 décembre 1858, un archéologue normand, on se préoccupe avec raison des dégâts nombreux commis par les loups dans plusieurs communes de notre département , et même dans quelquesunes de celles qui se trouvent rapprochées de Rouen, où des battues ont été ordonnées. Cet état de choses qui étonne aujourd'hui, à cause de sa rareté dans une contrée presque complètement déboisée, devait se renouveler assez fréquemment au moyen âge et surtout aux époques antérieures, où la France entière était presque absolument couverte d'immenses forêts.
c Sans remonter plus haut que le premier quart du xv e siècle, c'est-à-dire au commencement de la domination anglaise en Normandie, nous trouvons des actes authentiques qui fournissent la preuve certaine des ravages et des déprédations que se permettaient alors les loups dans nos contrées.
« L'administration anglaise s'émut des massacres que commettaient ces dangereux carnivores, d'autant plus redoutables alors, qu'ils avaient dévoré un certain nombre de personnes; ce fat sous le coup de la juste terreur qu'ils inspiraient en Normandie, qui s'en trouvait infestée,
que le roi anglo-normand Henri V souscrivit à Rouen, en Tannée 1421, l'acte fort intéressant que nous transcrivons littéralement d'après la Collection des rôles normands et français, publiés par la Société des Antiquaires de Normandie :
c Henri, etc., au maistre des eaux et forestes en nostre duchie de Normandie ou a son lieut, salut. Il est venu a nostre cognoissance que, depuis ces présentes nos guerres et a l'occasion d'icelles, pluseurs loups et louves et autres bestes ravissantes se sont graundement etrevez (querellés?) (multipliés?) en nostre dit duchie, et par especial au bailliage de Caux et en pluseurs partes d'icelluy et tiellement que pitiousement y ont devoure pluseurs créatures humanes, dount nos supples (supplices?) subgitz soient tiellement apovantes que bonement ne se osent tenir en leurs maisons es villes et villages declosez , ne y laisser leurs enffantz et vacquez en leurs labours, et auxiountlesditz cruels bestes moult appetise les bestiaulx et.... des ditz pays, lesqueux en sount presque toutz dénués que est entres grauve préjudice de nourir nos ditz pays et subgitz et plus droit, se sur ce n'y estoit briefvement purveu; et sur ceo que nous ne voilions souffrir tielx ineonveniens a venir par faulte de provision, coniianz de au plain de la prodommie, loyaulte et bone diligence de nostre ame et foial chevaler Thomas de Tybetot, sire de lieu, icelluy avons commis et ordeine, commettons et ordeinons par
ces présentes pour assembler gens, chiens et filletz convenables a chacier, prendre et destruire les dessus ditz bestes et faire faire les hayes a ee appartinentes, par toutz nos foresles et boscages et de nos subgez audit bailliage seulement, lesquelles hayes sera tenuz fere dépecer incontinent après chacune chace. Et pour lui aider a supporter lès frais et missions qu'il luy escenvendra (sera à propos) sur ce fere , luy avons ordeîne et ordeinons par ces présentes, prendre, cuiller et lever sur chacun feu contribuable a nos aides, par chacun loup, deux deniers, et pour la louve quatre deniers tournois, qu'il vous apparira ou a nos officiers au dit bailliage, par luy ou ses commis a ce, avoir este pris ou prise par la manière que dit est, a deux lieues a la ronde d'icelle prise. Si vous mandons que de nostre présente commission et ottroy les faitz, souffrez et laissez joyer et exploiter partout ou il appar tendra, non obstant quelconques lettres ou ottroyes par nous sur ces faitz a autres parsonnes et quelconques ordonnances a ce contraires; car ainsi volons et nous plaist estre fait de grâce especial , si inestire est, par ses dites présentes après un an non valables. Donne a Rouen, le xiv e jour de décembre (!)•
(i) Rot. Norm. memb. 15 dorso (16 dorso C). — G. 371. — Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, novembre 1858.