Da Costa, o. c, I
5. Il faut ici noter que c'est sur le rapport du chef d'état-major de la 7« légion, de Montaut, ami d'Urbain, mais agent de Thiers, qu'Urbain fit cette proposition {C. Pelletan, La Semaine de mai, 105). Ce n'est pas la seule circonstance oîi Thiers paraît employer les procédés d'un véritable agent provocateur.
convoqué le jury pour le 19, que celui-ci pût prononcer des peines exécutoires dans les vingt-quatre heures * ; la Commune vota la réalisation immédiate du décret du 5. C'était la petite Terreur voulue par les éternels pasticheurs de 93, mais que ne parvenait pourtant pas àjustifier la sauvagerie, encore virtuelle, des hommes de Versailles.
A la violence contre les hommes se joignit la violence contre les choses. La Commune n'a pas vidé « les principales maisons de Paris, pour en mettre le mobilier en vente », comme Thiers l'en accusait dès le 19 avriP ; dans les ministères elle prit, pour la fondre, l'argenterie, à Taquelle elle joignit des objets du culte de plusieurs églises. Ce n'était rien. Elle fit plus, et ses décrets, combattus par la m inorité socialiste, contre l'église Bréa(27avril)'^, contre la chapelle expiatoire de Louis XVI (5 mai)*, contre la colonne Vendôme surtout^, considérée comme le « symbole du despo-
1. Voy. dans Paris-Journal le compte-rendu du tribunal, séance du 19 mai, consacrée aux accusés de première catégorie (gardes républicains et gardiens de la paix). Sur 14 prévenus, on en retint 12 comme otages.