‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 171 sur 308 · Nous ne pouvons oublier, en terminant ce chapitre, de · texte numérisé non relu

Nous ne pouvons oublier, en terminant ce chapitre, de

rappeler la mémoire de deux insignes bienfaiteurs qui par un privilège très rare obtinrent de finir leur vie dans des communautés de Jésuites.

parte actuelle); sa façade occupait le milieu de l'établissement, limité de ce côté par les rues Mézières et Honoré-Chevalier.

1. La toise valait 6 pieds (1 m. 949), le pied à peu prés le tiers d’un mètre

2. Blondel, Architecture françoise, 1. I, p. 46 et suiv. — Charvet, op. cif., p. 97-99.

3. Piganiol de La Force, Description de Paris, t. VI, p. 355-359. — Cf. Hurtaut et Magny, Dictionnaire historique de la ville de Paris, t. HE, p. 657. —On trouvera dans les mêmes auteurs le détail de l'ornementation et des embellissements successifs de cette église.

Arnauld de Borret, conseiller au Parlement de Toulouse, avait largement contribué à la construction de l'église du noviciat dans cette ville, donné au collège deux propriétés rurales et fondé une chaire de théologie! Magistrat intègre, il s'était montré pendant vingt-huit ans si constamment juste dans l'exercice de ses fonctions qu’on le surnommait « la loi vivante? ». Marié à Marié de Guibert de Costa (ou de La Coste) et connaissant l’attrait de celle-ci pour la vie religieuse, il avait abdiqué ses droits d'époux par un billet daté du 14 novembre 1605 et remis au P. Jésuite Charles de Chezel. Peu après il émettait le vœu de chasteté entre les mains des Vicaires généraux, et Marie de Costa entrait au monastère de Sainte- . Catherine de Toulouse, fondation nouvelle à laquelle il avait acti= vement participé?. Lui-même, depuis lors, vécut comme un véritable religieux; puis, à l'âge de soixante ans, il demanda aux Supérieurs de la Compagnie la faveur d’être admis à titre d'hôte perpétuel dans une de leurs maisons, offrant à ce propos mille . écus pour le collège de Toulouse. Ce fut là qu'on le reçut d’abord, en 1614°. Dans la suite il vint habiter au noviciat où il mourut, en 1624, après avoir fait l'admiration de tous par sa ‘piété, son renoncement et sa ponctualité6. |

Quelques années plus tard, en 1628, mourut au collège d’Avignon M. Louis Beau, chanoine des Dons, protonotaire apostolique et vicaire général du diocèse. Guéri d’une maladie grave par l’intercession de saint Ignace et de la Sainte Vierge, il avait fait de grandes largesses aux Pères, construit à ses frais un escalier monumental, une vaste bibliothèque, et résigné en faveur du collège Le prieuré de Caderousse. Vers la fin de sa vie, il voulut se retirer dans une maison de la Compagnie pour se préparer à la mort. On lui permit de prononcer les vœux simples de religion Le 3 septembre 1621, et sept ans après il rendit son âme à Dieu, laissant au collège trois cents écus de rente et ses livres dont les Pères avaient l’usage depuis longtemps?7.

1. «Informatio de D° Borret ». (Roma, Archiv. di Stato, Gesuit. colleg. pacco 244). — Lettre du P. Général à M. de Borret, 8 mars 1605 (Aquitan, Epist. Gen., t. 1). Le P. pu avait laissé une vie manuscrite, probablement perdue, de M. de Borret.

. Cordara, Hist. Soc. Jesu, P. NI, L.-IX, n. 122.

: Communication de M'° M. Th. Porte. de Toulouse. Cf. Année dominicaine (nou: velle édition, septembre, p. 52).

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