Jaloustre, p
7. Délibération des 22 juin 1630 (Archiv. comm., Montferrand, BB, 55, fol. 35-37).
8. Lettre du P. Général au P. Martin, 8 février 1631 (Tolos., Epist. Gent, t. I).
9. Lettre du P. La Caze à l'évêque, 2 août 1630 (Archiv. du Puy-de-Dôme, collège de Clermont, liasse 64, n. 2).
10. Lettre des députés de Montferrand, 12 avril 1632 (Archiv. comm., Montferrand AA, 24).
pour leur établissement; ils promettraient en outre d'observer
les constitutions synodales et diocésaines en ce qui concerne
l’administration des sacrements; ils ne pourraient prêcher ni
confesser sans avoir été examinés par l’évèque !. Le P. Général,
interrogé sur ce point, répondit au nouveau provincial, le P. Jean
Martin, qu’il fallait se soumettre à tout ce qui est prescrit par le concile de Trente : en dehors de là on ne devait pas abandonner
les privilèges de la Compagnie contre le gré du Souverain Pon-
tie *.
Plus de trois ans se passèrent en démarches, en procédure et en chicanes; par la faute de M“ d'Estaing, l’édit d’avril 1630 restait toujours lettre morte. Le 30 juillet 1633, un arrêt du Parlement de Paris en réclama l'exécution et ordonna aux consuls de Montferrand « de se pourvoir pardevant ledit évêque, lequel sera tenu de bailler son consentement pour l’establissement dudit collège soubz l'administration des Pères Jésuites 3 ». alt Le prélat se montra intraitable et les religieux demeurèrent dans l'expectative. Le 7 mai 1634, Vitelleschi écrivait au P. Martin : « Tout considéré, il nous est impossible de refuser un collège offert par le roi, un bienfait de Sa Majesté... Que Votre Révérence l’accepte donc, à condition toutefois qu'il ne subsiste plus aucun obstacle, surtout de la part du Révérendissime Évêque de Clermont. » La condition n'étant point remplie, le P. Provincial ne pouvait aller de l'avant.
On juge ce que la jeunesse devait souffrir de cette attente. Les consuls de Clermont menacèrent alors d'ouvrir leur collège supprimé, si l’on ne commençait pas celui de Montferrand®. Mis ainsi au pied du mur, les députés s’adressèrent encore une fois au Parlement, lequel ordonna aux Jésuites de passer outre à autorisation épiscopale sous peine de saisie du temporel du collège de Billom5. Là-dessus, prières instantes furent faites au P. Provincial de s’exécuter au plus tôt; mais le P. Martin, empêché d’abord par ses voyages, puis par une maladie, vou-
1. Responsum Ill" Episcopi, 6 septembre 1633 (Tol., Fund. coll., n. 95).
2. Lettre du P. Général au P. Martin, 19 nov. 1633 (Tolos., Epist. Gen., {. I). |
3. Arrêt du Parlement de Paris, 30 juillet 1633 (Arch. comm. de Clermont, Montferrand, AA, 21).
4. Lettre du P. Général au P. Martin, 7 mai 1634 (Tol., Epist. Gen., t. Ï).
5. Délibérations du 26 janvier et du 23 mai 1634 (Archiv. comm., Montferrand, BB, 62, fol. 28-45).
6. Arrêt du 26 janvier 1634 (Délibération du 6 février, Archiv. comm., BB, 62, fol. 29-30). Cf. « Initia seu annales primi collegii Claro-Montferrandensis » (Tol., Fund. colleg., t. I, n. 20).
lant peut-être aussi consulter encore le P. Général, ne put répondre tout de suite à l'appel de Montferrand. Le 2 juillet 1634, la municipalité décida de lui envoyer un exprès à Aurillac, pour lui demander d'ouvrir les classes au mois d'octobre, « et à son reffus, le sommer pardevant notaire et tesmoings d'y satisfaire, et, par faute de ce, protester de mettre à exécution les peines portées par ledit arrest 1 ». |
La sommation était inutile. Le P. Martin venait de recevoir de Rome une lettre datée du 5 juin, dans laquelle Vitelleschi, informé des injonctions et des menaces du Parlement, ordonnait d'établir immédiatement le collège, sans plus s'inquiéter de l'évèque?. Dès le 19 juillet, le P. Provincial arrivait à Montferrand, accompagné du P. Antoine Vallet, recteur de Billom, et du P. François Annat. On avait d’abord songé à installer le nouveau collège dans l’ancien palais de la cour des Aides; maïs ce local ayant été jugé insuffisant, les consuls proposèrent l'hôtel de ville qui fut accepté®. Le 20 juillet, le contrat de fondation était signé dans une assemblée générale. Moyennant le revenu de quatre mille livres accordé par le roi, la Compagnie devait fournir à perpétuité six régents : trois de grammaire, un d'humanités, un de rhétorique et un de philosophie, plus un Père Recteur, un Père Préfet et le reste du personnel conformément à l'usage. — Les consuls promirent : 1° de faire lever tous les empêchements qui pourraient survenir, sans que la Gompagnie ait à se mêler des poursuites, 2 de donner « l'espace raisonnable et nécessaire pour le logement des régents et autres officiers du collège et pour les classes avec leur court... pour l'église, sacristie, réfectoire et jardin, et ce en la maison de ville... Et pour la construction dudict collège audict endroit, les consuls fourniront la somme de douze mille livres en six ans et six termes égaux ». — Il y aura en ville des « pédagogies » pour le logement des écoliers; mais il sera cependant permis aux parents de les placer dans les maisons particulières des habitants : tous devront y garder « la discipline scolastique et l'ordre qui sera estably » par les Pères auxquels les consuls s'engagent « à donner main forte si besoing est # ».
1. Délibération du 2 juillet 1634 (Archiv. comm., Montferrand, BB, 62, fol. 48).
2. Lettre du P. Général au P. Martin, 5 juin 1634 (Tolos., Epist. Gen., t. 1).
3. Jaloustre, op. cût., p. 212. Cf. Mémoire de Domat (Bibliothèque Municipale de Clermont, ms. 66 b).
4. Contrat de fondation, 20 juillet 1634 (Archiv. comm., Montferrand, BB, 62, fol, 53-56).
L'ouverture des classes eut lieu à la Saint-Luc. L’attente de cet événement ayant été très longue, le P. Jacques Fourcaud, premier recteur, eut à recevoir un nombre d’élèves considérable !. Aussi dans le courant de la première année scolaire reconnut-on la nécessité d’un second cours de philosophie. Les consuls l’obtinrent sans peine du P. Général en faisant valoir l’avis favorable du P. Recteur, l'approbation tardive de l’évêque, les vœux des villes et des provinces voisines *?. Les habitants se chargèrent de la construction d'une nouvelle classe et votèrent un traitement de cinq cents livres pour le nouveau professeur?. Telle fut bientôt l'importance du collège, qu'en 1643 il fallut l'agrandir *. Pourtant il ne devait pas toujours rester à Montferrand; vu sa prospérité, sa place était vraiment au chef-lieu de la provinee : il y sera transféré en 1663, et malgré les intrigues jansénistes 5, il deviendra collège de plein exercice avec l’enseignement de la théologie, de l’hébreu et de l’Écriture Sainte.