‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 109 sur 375 · Comptes rendus, f · texte numérisé non relu

Comptes rendus, f

4. « Informatio de Donatione facta a D. Le Moyne » (Francia, Fund. coll., t. IF Re du P. Gordon au P. Gén., 6 jan. 1616 (Aquit., Epist. ad Gen., t. I, n. 29).

6. De La Grandière, Abrégé chronologique et historique de la mairie de Tours (Bibliothèque municip. ms.), t. 1, p. 305.

7. Jean de Souvré, marquis de Courtanvaux, était gouverneur de Touraine depuis

1610, sur la démission de son père Gilles de Souvré. 8.De La Grandière, [. c.

trats de profiter de sa présence pour s'entendre avec lui. Ils n’y montrèrent aucun empressement; nous ne saurions même dire s'ils entrèrent en relations avec l’éminent religieux, alors provincial de France, lequel, à son grand regret, dut quitter la ville Sans avoir rien conclu. Du moins eut-il l'avantage de gagner à sa cause l'archevêque de Tours. « Ce prélat qui jusqu'à ce moment s'était montré très opposé à la multiplication de nos collèges, rapporte le P. de Séguiran, demanda au roi avec beaucoup d’instances de nous confier celui de sa ville épiscopale, et depuis lors il mit tout en œuvre pour atteindre son but et pour affectionner les Tourangeaux à la Compagnie de Jésus. Aïnsi se fit-il une règle de n’appeler que des Jésuites pour prêcher dans sa cathédrale l’avent, le carême et l’octave du Saint-Sacrementf. » Le P, de Séguiran fut le premier que M£' d’Eschaux voulut faire entendre à ses fidèles. L'un des prédicateurs les plus éloquents de cette époque, il appartenait à la province de France, et il lui eût été facile, en traitant avec l’archevèque les affaires du collège, de disposer les choses de manière à faire attribuer le futur établissement à cette province; mais il connaissait les intentions contraires des supérieurs : le désir du P. Général était de donner Tours à l’Aquitaine déjà frustrée de la récente fondation de Rennes, sur les vives réclamations des habitants ?, et cela quand la province de France surchargée ne pouvait suffire à ses propres besoins. Donc le P. de Séguiran, avec une rare prudence, sans parler au prélat des projets du P. Vitelleschi, lui inspira l’idée de demander le P. Rosseau pour les prédications de l’année 1627 etse garda de lui dire que ce religieux appartenait à l’Aquitaine. Ne suffisait-1l pas de faire connaïtre à Tours plusieurs Pères de cette province, pour les faire agréer de la population? Le P. Rosseau s’acquitta de ses divers ministères à la satisfaction de tous. L'année suivante (1628), il fut remplacé dans la chaire de la cathédrale par un autre prédicateur de la même province, le P. Jacques Lespaulard. Ce recours réitéré aux Pères d'Aquitaine les amena naturellement à penser que Monseigneur se conformerait facilement aux décisions du P. Général, et le P. Lespaulard, assez maladroïtement, ne craignit pas de lui avouer un jour l'intention de son supérieur. À cet nouvelle, l'ar-

1. Leittre du P. de Séguiran au P. Général, 18 janvier 1633 (Francia, Epist. ad Gen., t. 1, n..95).

2. Sur le projet de transfert du collège de Rennes à la prov. d'Aquitaine, voir G. de Saint-Sauveur, Le collège de Rennes, p. 102 et suiv.

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chevêque manifesta un profond mécontentement; il ne voulut plus entendre parler des religieux d'Aquitaine pour la prédication. Le P. Lespaulard eut beau « le supplier à deux genoux » de revenir sur sa résolution, Bertrand d’Eschaux n’en protesta pas moins que jamais il ne leur confierait la résidence ou le ‘collège de Tours.

Toutefois l'incident ne refroidit point l'affection du prélat pour la Compagnie; tout en réservant désormais la chaire de sa Cathédrale aux Pères de France, il poursuivit avec ardeur la réalisation de ses desseins. De temps à autre il sondait les dispositions des habitants et sentait qu'il avait encore bien des Soupçons, bien des préjugés à vaincre avant de faire agréer l'érection d’un collège. Ceux qui favorisaient les régents séculiers, redoutaient la gratuité de l’enseignement des Jésuites, comme la ruine des anciennes écoles; d’autres prétendaient que l’affluence des élèves, attirés par cette même gratuité, mettrait en péril le bon ordre et-la tranquillité publique. À ces préventions s’ajoutait l'hostilité de tous les ennemis plus ou moins avoués de la religion?.

Dans un voyage qu'il fit à Tours en 1630, M. de Saint-Pol, le nouveau gouverneur, voulut bien user de son influence pour écarter les obstacles. Le 20 décembre, sur le point de quitter la ville, il ordonna de convoquer une assemblée générale, à la seule fin de manifester son désir que l'instruction de la Jeunesse tourangelle fût confiée à la Compagnie de Jésus. On délibéra sur la proposition faite de sa part, mais on résolut de surseoir, attendu l'absence de plusieurs échevins et l'importance de l’objet : simple prétexte pour gagner du temps.

Alors l'archevêque pensa mieux réussir en procédant par degrés; il ne parla plus que de la fondation d'une simple résidence. En 1632, il trouva dans le conseil de ville une majorité prête à y consentir, et dans le maire un chaud partisan des Jésuites. Une nouvelle assemblée générale fut donc convoquée pour délibérer sur leur établissement. Elle faillit n'avoir pas lieu : par une ordonnance du 2 mars, le bailliage osa l’interdire. Le même jour ies officiers municipaux décidèrent que, « sans s'arrêter à ladite ordonnance, l'assemblée indiquée à demain se tiendra avec les députés des paroisses, en laquelle sera délibéré si ledit establis-

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