‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 143 sur 375 · LE VOEU DE LOUIS XIII · texte numérisé non relu

LE VOEU DE LOUIS XIII

une récompense de la piété de Louis XIII envers Marie? Nous l'avons entendu déclarer, dans sa visite au collège de Pont-à- Mousson en 1631, que le culte de la sainte Eucharistie et celui de la Mère de Dieu étaient ses dévotions préférées. Nous l'avons vu plusieurs fois se rendre à des sanctuaires célèbres de la Sainte Vierge pour prier ou accomplir une promesse. En 1629, après ses triomphes sur les calvinistes, et en esprit de reconnaissance, 1l posa la première pierre de l’église des Petits-Pères, devenue Notre-Dame des Victoires!. En 1636 il fit un vœu par lequel il s'engageait « à dresser et à fonder une lampe d’argent qui brülerait à perpétuité devant l'autel de Notre-Dame de Paris? ». Dans le courant de l’année suivante, après s'être fait inscrire parmi les congréganisies de la maison professe de Saint-Louis, il récita en particulier [privatim] l'acte ordinaire de consécration à la Sainte Viergeÿ. C'était comme un prélude de la consécration de toute la France à Marie. D’après un historien de Louis le Juste, la pensée qu'il eut de placer sa personne et son royaume sous la protection de la Mère de Dieu, serait l’œuvre de M'° de La Fayette#. Nous ajouterons : et du P. Caussin; car, si la publication de ce qu'on appelle le vœu de Louis XIII n’eut lieu qu'au mois de février 1638, la communication en fut faite au Parlement au mois de novembre 16375, quand le Père était encore confesseur du roi.

Enregistrée comme un acte solennel de l'autorité royale par la Cour Souveraine, la déclaration du 10 février 1638 est le plus beau monument d’un règne fécond en progrès religieux. Dans le préambule, écrit d’un style ferme et noble, Louis XIII reconnait avec une humble gratitude les bienfaits du « Dieu qui eslève les roys au trosne de leur grandeur ». Il « a voulu, dit-il, prendre un soin si spécial de notre personne, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de nostre reigne, sans y voir autant d’etfets merveilleux de sa bonté que d’accidens qui nous pouvoient perdre... L'artifice des hommes et la malice du diable ayant suscité des divisions, il lui a pleu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice... La rébellion de l’hérésie ayant formé un parti dans l’Estat, il s’est servi de

1. Oroux, Histoire eccl. de la cour, t. If, p. 386, Voir notre t. IV, p. 381.

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