ÉDUCATION DU DUC D’ENGHIEN
sera un homme, le puissant soutien de la religion et du royaume !. »
Accompagné du P. Pelletier, son principal précepteur, le duc d’'Enghien avait quitté Bourges pour se retirer à Montrond. Il y resta jusqu’à la fin de l’année 1635, étudiant sous des maîtres particuliers le droit, les mathématiques et l’histoire ?. Le 29 janvier 1636 il arrivait à Paris « pour faire sa première révérence au roi », à quoi, ajoute Lenet, « il ne se trouva nullement embarrassé ? ». C’est à ce moment que, sur la demande du prince de Condé, le P. Général mit à la disposition de celui-ci, pour l'éducation de ses enfants, le P. Nicolas Caussin, qu'il adjoignit au P. Pelletier {. Au mois de février, nous retrouvons le duc d’Enghien en Bourgogne où « son père lui fit faire un petit voyage. pour le deslasser de tant d'application qu'il avoit eue à de différentes estudes 5 ». Les Pères du collège. des Godrans ne furent pas des derniers à saluer le fils du gouverneur de la province. Le P. Mottet, recteur, écrivait le 20 février à M. le prince : « Nous avons eu l'honneur de faire la révérence à monseigneur le duc et luy offrir nos cœurs et nos services comme bien paternels, et je ne sçais dire à Votre Altesse [ce] que j'ay pleuré de joye, le voyant, et beaucoup avec moy. Nos muses se préparent à Le recevoir 5. » Une pièce fut en effet représentée, le 2 mars, devant le duc d’Enghien, et pour donner plus d'éclat à la fête les Pères empruntèrent au chapitre de Saint-Étienne les enfants de chœur 7. Le P. Pelletier qui avait accompagné le jeune prince dans son voyage, repassait avec lui la philosophie et l’histoire. « Je lis avec contentement les héroïques actions de nos Roys, écrivait Louis de Bourbon à son père, pendant que vous en faittes de très dignes, en me laissant un bel exemple et une sainte ambition de les imiter et ensuivre quand l’âge et la capacité m'auront rendu tel que vous désirez$. » Le 16 janvier 1637, le duc était de retour à Paris où il devait commencer ses études