‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 210 sur 375 · Massip, Le Collège de Tournon, p · texte numérisé non relu

Massip, Le Collège de Tournon, p

lui valut la grâce du martyre de la charité !. En 1633 le P Jean Colignon, qui s’était dévoué deux fois aux secours des pestiférés, fut terrassé lui-même par le fléau à l’Age de quatre-vingts ans, et les habitants de Pont-à-Mousson voulurent, en reconnaissance, lui rendre les honneurs funèbres dans la principale église de la ville?. Ce fut aussi par un motif de gratitude, le 14 mars, que la municipalité de Poitiers alloua aux Jésuites, sur les fonds accordés par le roi aux hôpitaux, une somme de cinquante écus pour les services qu’ils avaient rendus pendant la contagion 3. En 1634, le P. Michel Fortier, du collège d'Amiens, gagnait la peste au confessionnal et succombait à la fleur de l’âge en bénis- Sant Dieu de son sort f, À Rennes, le P. Guillaume de La Rongère, frappé à mort auprès du lit d’un malade et transporté au collège, y expirait avec le seul regret de ne pas rendre le dernier soupir à l'hôpital *. En 1635, avec la même joie de souffrir pour Jésus- Christ et pour les âmes, le Frère coadjuteur Jacques Desses mourait à Vesoul d’une maladie douloureuse contractée au chevet des moribonds 6, La même année les Pères de Salins se firent remarquer par leur zèle au milieu de l'épidémie. « Ils ne se refusoient à aucun malade, dit un ancien mémoire; le jour et la nuit ils estoient auprès [d'eux] et leur intrépidité attiroit la confiance de touts ceux qui estoient atteints. » Le P. Étienne Guyon, supérieur de la résidence, paya de sa vie ce dévouement 7. En 1636, quatre Frères coadjuteurs périrent en moins de vingt Jours, victimes du terrible fléau. L'un d’eux, le Fr. Nicolas Réginald, rencontra son père et sa mère parmi les malades que l’obéissance lui avait confiés; c’est après leur avoir prodigué tous les soins d’une tendresse filiale et les avoir ensevelis l’un et l'autre qu’il tomba lui-même, à l’âge de vingt-quatre ans$. Quatre Jésuites de Nancy trouvèrent aussi un glorieux trépas en assistant leur prochain durant les épidémies®, Dans un lazaret d'Amiens tel fut le dévouement de deux religieux, un Père et

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