Cité dans De Perpiniani vila et operibus, p
une partie de la ville s’allongeant entre le Rhône et la Saône, le collège de la Trinité se trouve placé au milieu de la ligne qui en mesure la longueur, et à l'extrémité de celle qui en détermine la largeur sur la rive du Rhône. Aussi, de la cour, et à plus forte raison des chambres, jouit-on de la vue admirable du fleuve, qui coule avec tant de rapidité que, malgré l’aplatissement de son lit, on entend d'ici le bruit de ses flots. On aperçoit des barques qui descendent, et au delà, une immense étendue de plaine terminée par la chaine des Alpes. Du sommet de notre tour, qui s'élève à une grande hauteur, on découvre encore toutes les maisons et les rues de la ville: de sorte ue, si vous venez un jour
nous rendre visite, vous manquerez plutôt de manger que de.
VOB »
Le trait final montre assez que la sainte pauvreté présidait en souveraine à ces pénibles débuts. Les professeurs n’en consacraient pas moins tous leurs soins à l’éducation et à l'instruction de la jeunesse, tandis que le P. Auger continuait ses œuvres de zèle auprès de toutes les classes de la société. « On ne scauroit voir un plus grand concours de monde que celuy qu'il y a aux sermons du P. Émond, écrivait le P. Perpinien à Pompée Marsalle son ami; non seulement les catholiques, mais encore les hérétiques y viennent avec empressement. On ne peut dire aussi combien est grand le crédit qu’il a dans toute la ville, oùil porte toutes sortes de personnes à la pratique de la vertu, avec une espèce d’empire et d'autorité. Rien ne se fait iCy sans sa parti-
cipation; les affaires ecclésiastiques surtout se concluent presque
par son seul avis, de sorte que le nom de Jésuite, qui nous est commun maintenant en France et en Allemagne, luy est attribué singulièrement, et quand on parle de luy on croit l'avoir suffisamment désigné en le nommant /e Jésuite?. » 11 ne manquait pas d'ouvrage, car les ministres Viret et Ruffin poursuivaient leur propagande calviniste avec une insolence qui devint bientôt insupportable. Ainsi, quand on apprit que Malte était assiégée par les Turcs, ils ordonnèrent des jeûnes et des prières publiques pour obtenir que le ciel bénit les armes des infidèles : « Mieux valait, disaient-ils, que Malte fût soumise aux Mahométans qu’à des idolâtres comme les catholiques romains. » On concoit l’indignation que de telles paroles soulevèrent dans la ville. Le
1. Perpiniani Epistolae, t. I, Epist. XXI, NE 2. Ibid., Epist. XXIII.
DUT den 7/7 DH NN, …— 4744/27/27 Pen "AR PE.