MORT DE FRANÇOIS DE BORGIA
qu'il ne pouvait plus se tenir débout. On dut le transporter en litière le reste du chemin. jusqu’à Saint-Jean de Maurienne, où des médecins, envoyés au-devant de lui par le duc dé Savoie, le Soignèrent pendant quelques jours. Malgré son ardent désir de rentrer promptement à Rome, la maladie l'obligea de s'arrêter plusieurs mois à Ferrare!. Ce ne fut que le 28 septembre, après un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette, qu’il revit, agonisant, la capitale du monde chrétien. Un nouveau Pape, Grégoire XII, occupait le siège de Saint-Pierre. Dans le conclave qui avait suivi la mort de Pie V, le nom de François de Borgia fut prononcé, car on le jugeait digne de succéder au pontife qui l’honorait de sa confiance et de son amitié2.
Trois jours après son retour à Rome, le 4° octobre, le P. Général rendit saintement le dernier soupir au milieu de ses frères, comme il l'avait désiré. Grégoire XIII, en lui envoyant une dernière bénédiction, avait exprimé en termes touchants sa douleur et ses regrets : « Il avait, disait-il, compassion de l'Église qui perdait un si grand défenseur dans la personne du P. Francois, » Le second successeur d'Ignace de Loyola mourut, en effet, victime de son obéissance au Pape et de son dévouement à l'Église
12. Comme il n'avait pas désigné de Vicaire avant sa mort, le P. Polanco fut élu, et, en cette qualité, indiqua pour le 12 avril 1573 la réunion des profès à Rome. Les congrégations provinciales, qui devaient choisir les députés chargés d'élire le nouveau Général, s’assemblèrent au mois de janvier. La congrégation de la province de France, convoquée au collège de Clermont, députa les PP. Olivier Manare et Émond Auger. Elle exprima le désir de transporter Les novices de Billom à Paris : ils habiteraient le collège, mais dans un lieu distinet pour leurs exercices ; ceux que l’on ne pourrait entretenir seraient envoyés dans une autre maison. La congrégation de ia province d'Aquitaine, réunie au collège de Tournon, nomma les PP. Antoine Possevin
1. Lettre du P. Fernandez au P. Nadal (Gall, Epist., t. VI, 7 avril 1572). : 2. Nous avons pour garant de ce fait le témoignage de Thomas Borgia, archevêque de Saragosse, dans le procès de béatification : « Cardinalis Paleottus mihi mandavit ut pro viribus procurarem ducere Patrem Franciseum Dominum meum ad Romanam curiam in electionis occasione; quia ipse sciebat quod multi ex Cardinalibus adhaerebant Suae Paternitati reverendissimae ad illum in servitio Ecclesiae occupandum. » — Mais comment, observa Thomas Borgia, pourrait-on élire Pape le P. François qui n'est pas cardinal? — 11 lui fut répondu : « Quod cardinalium collegium facere poterat id quod judicabat convenire. Existat Romae. Deus caetera pravidebit, » (Bartoli, Vita di S. Fr. Borgia, p. 243, 244.)