‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 354 sur 457 · Archiv. de la Gironde, H, Jésuites, 59 et · texte numérisé non relu

Archiv. de la Gironde, H, Jésuites, 59 et

2. Fulmination de la Bulle et prise de possession (Archiv. de l’Archevêché, Q, 6). 3. Lettre de M. du Sault au P. Général, 27 juillet 1574 (Gall. Epist., t. VIII, fol.

4, Ibidem. — 5. 1bidem.

Élie Vinet, se levant tout à coup, débita contre les Pères de virulentes invectives. Mis en demeure de répondre, le P. Charles Sager le fit avec une habileté et une modération qui obtinrent un plein succès. L'argumentation terminée, continue M. du Sault dans sa lettre au P. Général, « le vice-chancelier de ladite Université, qui n’estoit au commencement de l’acte, par une grave remonstrance latine, haut loua vostre Compagnie, réprima la pétulance des adversaires et supplia Messieurs du Parlement les chastier; et comme s’il eust sceu ce que le [Principal] avoit dict de sa teste en son absence, respondit à ce qu'il avoit proposé au commencement et empescha que ledict [Principal] ne leust un acte d'appel injurieux, que les jurats lui avoient baillé contre les vostres ! ». Ensuite, aux applaudissements de toute l’assemblée, le vice-chancelier conféra le degré de baccalauréat et de licence en la Faculté des arts aux écoliers qui venaient d'être examinés.

Après avoir raconté cette curieuse séance, tout à l'honneur du collège de la Madeleine, M. du Sault, se faisant l'interprète de l'archevêque et de tous les gens de bien, insistait auprès du P. Général pour qu'il consentit à laisser les PP. Sager et Richard. professeurs de théologie, recevoir le bonnet de docteur qui leur était offert par l'Université. Il énumérait, afin de le convaincre, tous les avantages que devait en retirer la Compagnie. A Bordeaux d’abord, l’on serait moins sujet aux persécutions et calomnies des adversaires, et l'on aurait l'autorité suffisante pour les réprimer et les châtier; puis, les gradués de cette Université étant reçus par toutes les autres du royaume, ils ne pourraient être rebutés ni à Paris ni ailleurs; enfin les professeurs de la Compagnie seraient « plus respectés, mieulx ouys et plus agréables au peuple et aultres estats.? » On ne fit pas droit tout de suite à cette demande; quelques années après seulement, le 30 mars 1577, le P. Recteur fut admis parmi les docteurs de l’Université de Bordeaux.

9. Les Jésuites, on Le voit, avaient rallié autour d’eux tous les catholiques et se sentaient appuyés par une partie du Parlement. Néanmoins le Principal de Guyenne ne recula pas devant la tâche ardue de continuer la lutte contre leurs progrès. Il fit venir de nouveaux maîtres, qu’il croyait capables de soutenir honorablement la concurrence avec le collège de ia Madeleine. Au bout

1. Ibidem. — 2. Ibidem. 3. Barckhausen, Statuts de l’anc. Univ, de Bordeaux, p. 68, 69.

de quelques jours, deux de ces professeurs durent cesser leurs cours, faute d'élèves !.

On essaya dès lors d’une autre tactique. II ÿ avait parmi les Jésuites un jeune régent de philosophie, Jehan Puget de Saint- Marc?, dont la réputation, un peu surfaite, attrait autour de sa chaire un grand nombre d’auditeurs. Le séduire et le faire passer au collège de Guyenne, parut aux partisans d'Élie Vinet la meilleure facon de recruter des écoliers. C'est ce que M. Gaullieur qualifie de « tour licite et de bonne guerre”. » L'acte est autrement apprécié dans les lettres patentes par lesquelles Henri II défendit, en cette circonstance, les droits de la Compagnie de Jésus.

Nous emprunterons le récit de cette grave affaire à ce document véridique. Au début, le roi constate que le collège de la Madeleine contient neuf classes formées de « mille cinq cens enfans », qui y sont instruits « au grand contentement de ses bons sujets catholiques, regret et desplaisir de ceux de la nouvelle oppinion ». Aussi ces derniers, sous le nom des maire et jurats de la ville, s’acharnent-ils « par une infinité de traverses et de procès » à contraindre les Jésuites d'abandonner « ung si sainct œuvre ». Et tout récemment ils ont «par artifices et moyens réprouvez, desbauché M° Jehan de Saint-Marc, religieux philosophe dudict colliège, pour icelluy rendre apostat et le faire sortir de ladicte Société en laquelle il a demeuré puis treize ans, et en chascun d’iceulx faict les trois vœux de chasteté, obédience et pauvreté perpétuelle, pour le faire aller régenter en ung autre colliège, appelé le colliège de Guyenne* ». Les jurats avaient promis à Puget de beaux honoraires; ébloui par ces offres, le jeune professeur, très entiché de son talent et déjà chancelant dans sa vocation 6, accepta. À l’insu de ses frères, 1l fit transporter dans l'établissement d’Élie Vinet « les livres, papiers, es-

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