‹ Histoire de la confédération suisse (volume 2)Chapitre 2 sur 72 · Orl^ne des Helvètes et des antres popBlmtlons · texte numérisé non relu

Orl^ne des Helvètes et des antres popBlmtlons

de Im Suisse prlmltlTe.

Avant la conquête romaine, le pays qui porle aujourd'hui le nom de Suisse était habité par un grand nombre de populations de races diverses, mais dont la plupart ont été reconnues appartenir à la race celtique ou gauloise '.

Aucun lien commun ne reliait toutes ces populations entre elles. La contrée elle-même n avait aucun nom collectir. Le nom d*Helvétie (Helvctia) n'est jamais employé tout seul pour désigner la partie du territoire occupé par les Helvètes proprement dits *.

Ces derniers cependant (appelés Helvelii par les Romains, Elouetioi par les Grecs) sont la plus connue des populations primitives de la Suisse, mais leur origine est obscure comme celle de tous les peuples primitifs.

Tacite nous dit que les Helvètes avaient occupé la contrée située entre le Mein, le Rhin et la Forêt hercynienne *. C'est la, dans la Germanie inférieure, que, selon plusieurs savants, l'invasion des Cimbres (H2 ans av, J.-C.) aurait trouvé les Helvètes, et c'est après leur victoire sur le consul Cassius dans la Gaule, qu'ils seraient venus se

* Les Helvètes et la plupart de leurs voisins ont été considérés comme des Celtes d'abord par tous les auteurs grecs et romains qui en ont parlé, Posidonius, Strabon, Ptolémoe, Tacite, César, Orose, Justin ; en second lieu par* la science contemporaine, Dos Keltenthum der Helcetier iM heute endlich cdlgemein atterkannt, dit M. Wilhelm Gisi, QueUenhttch der Schweizergeschichtey p. 9; M. Keller, appelle les Helvètes des Gaulois (Galliscbe Helvetier), et toute la- période elle-même des Helvêtes est intitulée GaUo-Helvetische Zcil^ dans le savant .commentaire qui précède sa carte archéologique. — Voir aussi Histoire de Jules César, par Napoléon IH, 27, II, et atlas pi. I.

* Le nom iVHelvetia se trouve une seule fois dans César, mais employé adjectivement : Civiias Helcetia, I, 12.

" Igitur inter Hercyniam silvam, Hbenumque et MœnumamnesHelvetii,ulterior& Boii, Gallira utraque gens tenuere (Germania, 28).

fixer sur les bords du Rbiu^ de la Limmat> de l'Âar, du Léman et de la Broie (de i 00 à 70 av. J.-C.)*. Mais cette hypothèse tombe devant le récit de César qui connaissait mieux les Helvètes que Tacite, et qui donne positivement pour cause de l'émigration le fait que ces peuples se trouvaient trop à l'étroit dans leur patrie. L'assertion de Tacite est en contradiction non moins évidente avec l'état de leur civilisation, les douze centres de populations considérables qu'on y trouvait, les monnaies et les antiquités qui jonchent le sol '.

Dans le pays où César trouva les Helvètes, ce peuple avait pour voisins au nord-ouest les Rauraques, appelés aussi Rauriques^. Cette peuplade, de race celtique comme les Helvètes, occupait les défilés du Jura et les bords du Rhin, du côté de Bâle et de l'Alsace. La Forêt- Noire abritait probablement les Tulingiens et les Latobriges, dont le territoire n'a pas encore pu être exactement indiqué. 11 en est de même des Boîes que Strabon place le long du lac de Constance.*

A l'ouest, au delà du Jura, habitaient les Séquanes (ancêtres des Francs-Comtois), dans le pays desquels conduisait un passage étroit situé entre le Jura et le Rhône. Au sud, dans les vallées pennines ou du Vallais, vivaient plusieurs tribus semi-gauloises et semi-germaniques, selon Tite-Live. Quatre de ces tribus formaient déjà ou formèrent plus tard entre elles une sorte de fédération dont l'existence est attestée par un curieux monument épigraphique. De ces tribus, nous connaissons avec certitude : les Nantuates, les Véragres et les Séduniens.

Les Nantuates, voisins des Helvètes et des Allobroges (ancêtres des Savoyards), avaient pour chef-lieu Tarnaiae, nommé plus tard Agaune (Saint-Maurice). Sedunum (Sion) était le principal bourg des Sédunîens, Octodurum (Martigny) celui des Véragres.

La quatrième tribu aurait été, selon quelques savants et d'après Pline, celle des Vibéres (habitants des environs de Viége). Mais cette tribu est regardée cependant comme étant d'origine tigurienne, de même que les Lépontiens, habitants de la Levantine. On place aussi dans le Valais le Ueu connu dans les cartes anciennes sous le nom de Pennelocus (Villeneuve, sur le Léman) *.

^ Dieft'enbach, Duncker, Mommsen ont adopté cette opinion, reproduite par M. Gisi, p. 25. Les Helvètes ne seraient venus habiter entre les Alpes et le Jura qu'entre 100 et 70 av. J.-C.

* Lettre de M. Ferd. Kçller à l'auteur, du 12 janvier 1875.

* César les appelle JRauraques; Pline et Ptoléméc Bauriques, ainsi que les Inscriptions. — Voir Mommsen, Inacriptiones Confœderationis helvetioB.

* Pennelocus est placée dans les vallées pennines par Marquard, Bômische Staatsvencaliung (p. 128), et par Gisi. Ce dernier cite VlUnéraire â^Anioniriy docu-

Située sur le même lac, Genève (Genava) était une ville fortifiée ou oppide des Allobroges, peuple soumis aux Romains depuis i 20 ans avant J.-C. Un pont reliait Genava à la rive helvétique.

A côté de tous ces peuples, il y en avait bon nombre d'autres encore dans les Grisons et qui, à partir de la conquête romaine, sont connus sous le nom général de Rhètes, parce que c'était celui du principal peuple de ces contrées. Nous lui consacrons une étude à part à cause de son importance et de son caractère.

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