‹ Histoire de la confédération suisse (volume 2)Chapitre 47 sur 72 · NICOLAS DE FLUE EN VENANT DE STANZ · texte numérisé non relu

NICOLAS DE FLUE EN VENANT DE STANZ

conquêtes. Les Lœnder persistaient dans leur opposition à la réception de Fribourg et de Soleure. Berne, Zurich et Lucerne, comme pour braver cette opposition, firent une alliance particulière et perpétuelle avec ces deux villes le 23 mai 1477 \ Un lien plus ancien et plus étroit que celui des cantons suisses en général, le traité des quatre Etats ou Vier- Waidstœttenbund, unissait Lucerne depuis 1333 aux trois vallées forestièras; elles sommèrent cet État de résilier un contrat opposé au leur. Lucerne ayant persisté dans son alliance séparée ou Smderbund, les Waldstaetten s'en vengèrent en excitant les pâtres de TEntlibouch à secouer le joug de celte ville et à former un État indépendant et démocratique comme les vallées forestières elles-mêmes. Quelques pourparlers eurent lieu à Escholzmatt entre l'aubergiste Am-Stalden, chef des vaillants Entliboucher à la journée de Morat, et le landamman Bûrgler, d'Obwald. Lucerne, que ces entrevues exaspéraient, fait aussitôt saisir Am-Slalden, qui est jeté dans la tour de l'Eau ( Wasserthurm) et appliqué à la torture. Il eut beau implorer son pardon à genoux et découvrir sa poitrine sillonnée de cicatrices; toute la grâce qu'obtint Am-Stalden, ce fut de périr par le glaive, au lieu d'avoir les membres brisés par l'horrible supplice de la roue (24 novembre 1478).

s. I«ntte des États-Tilles et des États-campagnes. — Nicolas

de Fltte et la diète de Stans (1481).

L'affaire d'Am-Stalden avait ajouté de nouveaux ferments de discorde à ceux qui divisaient la Suisse. Lucerne traitant en ennemis les Waldstaetten, ceux-ci usèrent de représailles. Obwald refusa de laisser abaisser la dignité de son landamman, et de l'obliger à comparaître à Lucerne, où il avait été cité comme complice de la conjuration d'Am-Stalden. Adrien de Boubenberg lui-même se vit accusé de connivence par les Lucernois. Les cinq villes, de leur côté, renouvelèrent leur alliance particulière et tinrent des diètes séparées à Lucerne, Zurich et Zofingue.

De toutes parts se faisaient jour la défiance, le mécontentement et les menaces. Pour essayer de rétablir la concorde, on convoqua inutilement plusieurs diètes. Une dernière réunion, qui devait être décisive, fut fixée à Stanz. Elle s'ouvrit à la Noël de l'an 1481 et comptait dans son sein les hommes les plus influents et les plus célèbres de la Confédération. Zurich avait envoyé son héros, Hans Waldmann; Berne, Tavoyer Guillaume de Diesbach ; Lucerne, le vieil avoyer Gaspard de

^ Segesser, eidg. Âbschiede, 677, et appendice, 929.

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