PRÉFACE
Charles le-Téméraire et sa fin tragique, le bienheureux Nicolas de Flue, le bourgmestre Waldniann^ la puissante éoei^e de la vieille Suisse ont été les sujets retracés pendant les orages qui^ sous nos yeux, ont bouleversé le royaume de Frédéric- Ie-6rand. L'auteur se proposait de raconter, dans ce même tome, l'histoire de la Suisse jusqu'à l'entreprise d'Ulrich Zwingle \ dans le suivant , les mouvemens de la réforxnation jusqu'à la mort de Jean Calvin, et enfin, dans un dernier, les temps de paisible administration et de prospérité croissante. Ce travail patriotique achevé, il aurait exposé ses vues sur l'histoire universelle, fruit des études de sa vie entière et de son expérience variée. Les événemens ont traversé ce plan; c'eût été trop de bonheur, sans doute, que de pouvoir l'exécuter; ou bien l'historien devait apprendre auparavant à mieux connaître le nouvel ordre du monde: la destinée assigne à chaque homme une vocation et des devoirs. Détourné ainsi momentanément du but de sa vie, l'auteur a résolu de soumettre encore ce fragment aux amis actuels de cet ouvrage ou à ceux qu'il peut acquérir.
Si des esprits mal faits ou envieux venaient à interpréter faussement une réflexion , un fait, sachez que, lorsque l'esprit s'élève à la dignité des fonctions de l'historien, les rapports personnels ou du moment disparaissent à ses yeux. Permis aux journaux d'accumuler les allusions; mais sur les tables de l'histoire , on ne doit graver que la vérité impérissable.
Du reste, chaque temps, chaque nation a sa propre lutte à soutenir. Ces grands caractères, tels qu'ils sont sortis du moyen-âge, étaient exaltés par l'orgueil ; l'orgueil a précipité le bourgmestre Waldmann aussi bien que le ducCharles. Lors-