‹ Histoire de la congrégation canadienne de Winooski, au VermontChapitre 10 sur 12 · L. DE Goësbriand, Evêque de Bîirlingfon, Vt · texte numérisé non relu

L. DE Goësbriand, Evêque de Bîirlingfon, Vt

Le onze mars au soir, à une assemblée des conseillers de la congrégation présidée par le curé, étant présents: MM. François Le-

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claire, Bruno Pépin et André Chicoine, tous trois conseillers en activité, il fut décidé :

1° — Que l'on ferait faire l'ouvrage des tours et des clochers à la journée sous la surveillance du curé et des conseillers.

2° — Que l'on engagerait M. Louis Bérubé, charpentier, pour diriger les travaux, à un salaire de $3.25 par jour.

3° — Que messieurs Pépin et Chicoine se chargeraient de faire l'engagement de M. Bérubé.

François Leclaire, Bruno Pépin, André Chicoine.

Signé

Pour vraie copie,

J.-F. AuDET, Ptre.

Le bois de charpente, au montant de 34,679 pieds, mesure de surface, étant tout rendu sur la place, le 23 avril, les travaux commencèrent.

A une assemblée des conseillers de l'église St- François- Xavier, tenue au presbytère le 22 mai au soir, 1883, étant présents : Bruno

lOG HISTOIRE DE LA CONGRÉGATION CANADIENNE

Pépin et André Chicoine, (F. Leclaire absent) il fut décidé d'un commun accord, d'accepter la soumission de M. Ernest Lanoue, plombier, de Burlington, pour l'ouvrage en tôle, fer et plomb des couvertures des deux clochers. Voici cette soumission :

Je, Ernest Lanoue, de la cité de Burlington, m'engage, pour la somme de 1,200 dollars, à couvrir en bardeaux métalliques et en tôle galvanisée de première qualité, ou en ferblanc de première qualité, au choix des intéressés, partout où le bardeau métallique ne pourra être posé, les corniches des tours, des pinacles, des clochetons et des flèches, les souches des deux clochers, leurs clochetons, les couvertures des pinacles et les deux grandes flèches avec les arêtes, faisant les renvois d'eau, et partout les soudures requises de manière à faire un ouvrage depremière qualité et parfaitement étanche. Le paiement des $1,200 s'eftecluera comme suit ; savoir : $300 au quart de l'ouvrage, $200 après un clocher fini, $300 après tout l'ouvrage fini. Le reste, c'est-à-dire $400, six mois après que l'ou-

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vrage aura été reçu et accepté par messieurs les conseillers et le curé, à la satisfaction de l'architecte, le R. Père Michaud.

Agréé et accepté de part et d'autre, c'est-àdire les conseillers de l'église St- François- Xavier et M. Ernest Lanoue, entrepreneur, et signé en présence des uns et des autres ce 24 mai 1883.

J. -Ernest Lanoue, Bruno Pépin.

Vraie copie,

J.-F. AuDET, recteur.

Le 27 mai 1883, une collecte sous enveloppes fut faite pendant le service divin, laquelle rapporta la somme de 152 dollars.

Le 24 juin, tombant un dimanche, une collecte fut demandée et organisée; pour y mettre plus d'entrain, les sociétés furent invitées à sortir en corps ce jour-là avec bannières et drapeaux. De plus, il fut annoncé que chaque grande personne qui donnerait une piastre, et chaque enfant cinquante cents, aurait son nom inscrit sur une listes, avec le mon-

tant de son offrande, et déposé au pied de la croix dans la boule du clocher de la tour de l'est.

La société St-Jean- Baptiste, la société des Enfants de Marie, les sociétés des Anges- Gardiens, de l'Enfant-Jésus, de St-Louis de Gonzague du couvent de la paroisse, le corps des ouvriers travaillant aux clochers, les paroissiens, vinrent apporter leurs listes avec leurs noms inscrits et le montant de leur offrande pendant léchant du Credo à la grand'messe paroissiale, et les déposèrent au pied de la croix à la balustrade. Dans la semaine suivante, ces listes furent renfermées dans une boule de 22 pouces de diamètre qui termine la pointe du clocher de l'est et sert de base à la croix qui la surmonte. Cette offrande rapporta $600, tout près. A la fin de septembre, les travaux des tours et des deux clochers étaient complètement terminés.

Le 7 janvier 1884, M. Pierre Desautels fut nommé conseiller de l'église St- François- Xavier de Winooski, en remplacement de M. André Chicoine sortant de charge.

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Troubles dans la société St-Jean- Baptiste

Le 1 2 février 1884, le curé ayant eu un congé, partit pour l'Europe et la Terre-Sainte. Il confia la charge de la paroisse à monsieur Azarie Desnoyers, prêtre du diocèse de St- Hyacinthe, aidé d'un assistant. Tout aussitôt après son départ, une véritable tempête s'éleva dans la paroisse, causée par des difficultés dans la société St-Jean- Baptiste, M. Desnoyers, ne pouvant d'aucune manière pacifier les esprits montés, se rendit auprès de l'évêque pour lui dire qu'il ne pouvait pas demeurer plus longtemps, et de voir à le remplacer à Winooski. L'évêque écrivit au curé, lui enjoignant de revenir au plus vite pour chasser le diable qui était entré dans sa paroisse. Cependant Monsieur Desnoyers, avec sa douceur et sa bonté naturelles parvint à calmer les plus agités en les amenant à suspendre toute réunion ou assemblée jusqu'au retour de leur curé, et s'en rapporter à lui pour la solution de leurs difficultés. Ils

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eurent assez de raison pour accepter, cet avis de M. Desnoyers. Au retour du curé, la chose fut réglée. — Il y eut bien quelques menaces, mais ça n'a pas eu de conséquence. Les plus bouillants brasseurs furent satisfaits. A l'occasion de ces chicanes dans la société St-Jean- Baptiste, il devait naturellement rester des aigreurs chez un certain nombre. Les insultes, les colères, l'entêtement dans les discussions, ne s'oublient pas tout de suite. Longtemps après tout arrangement et toute réconciliation extérieure, il en reste encore quelque chose, et pour l'esprit peu défiant et peu cultivé, il en reste comme un feu caché sous cendre, qui, à la première occasion se rallume de nouveau, et devient plus terrible alors que jamais. C'est ce qu'il y avait à craindre. Pour prévenir toute nouvelle difficulté avec toute société quelconque, le curé se fit une règle de conduite, celle de n'avoir absolument rien à faire avec aucune société qui n'aurait pas dans ses règlements, un article par lequel le curé ou le chapelain est reconnu par la société comme juge en dernier

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ressort de toutes difïicultés surgissant au sein de la société, de quelque nature qu'elles soient (à moins d'en appeler à l'évêque) et qu'alors, jugement étant donné, tous les membres devront sans discussion se soumettre à ce jugement sous peine d'expulsion. Moyen radical, il faut en convenir, mais nécessaire après tout, pour couper court, dans la pratique, à toutes ces discussions inutiles qui dégénèrent la plupart du temps en insultes et en injures ; voulant enfin, puisque ces sociétés se disent catholiques et veulent s'affirmer comme telles jusque dans l'église, leur faire observer les vrais principes catholiques, qui se condensent dans ces deux mots : obéissance et respect à l'église dont l'évêque et le curé sont les représentants.

Un carillon à l'église

Vers le milieu d'octobre 1885, voyant le prix des cloches assez réduit, les paroissiens s'organisèrent pour faire une collecte au

milieu d'eux à l'effet d'en acheter trois. Après un échange de lettres avec la maison McShane de Baltimore, il fut convenu de payer $930 pour 3 cloches dont la plus grosse pèserait 2260 livres, la deuxième 1200 livres et la troisième 744 livres, en accord mineur, savoir : mi-sol-do, toutes placées dans les tours de l'église, et prêtes à sonner. L'argent entra vite et dru.

Le 22 novembre, eut lieu la bénédiction des trois cloches par l'évêque, à laquelle assistèrent le Rvd. J.-D. O'Sullivan, directeur du Collège St-Joseph de Burlington, qui donna le sermon, le Rvd. Dr. F. Lynch, professeur, le Rvd. Az. Desnoyers, prêtre assistant. La grosse cloche fut appelée J.-Bte, la seconde, François, la troisième, Marie. Ces trois cloches forment un joli carillon, dont les paroissiens sont fiers. Le 25 novembre au soir, elles étaient toutes montées aux tours, et il nous fut donné de les admirer dans une première volée générale.

Voici l'ordonnance de l'évêque à propos de l'usage des cloches :

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I. — La petite cloche Sancta Maria, sonne les Angélus et annonce les basses messes sur semaine.

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