J.-F. AUDET
Compte rendu des travaux au couvent
Les travaux que l'on a fait exécuter au couvent, en date correspondante, c'est-à-dire en J887 et 1888, ont été de $13,500. Ce qui monte la somme de tous les travaux exécutés depuis le i" mai 188/ au 20 janvier 1889, ^" bénéfice de la congrégation, à $27,220.
DE WINOOSKI. VERMONT 121
Sur ces $27,220 de dépenses pour le presbytère et le couvent, ont été payés :
Pour le presbytère. . . . $4,720 00
Pour le couvent $J 3.500 00
En tout $18,22000
Il reste, en dernière analyse, $5,000 à payer pour le presbytère, et $2,500 à payer pour le couvent et les écoles.
Comme aucune quête n'a été demandée ni faite pour faire toutes ces dépenses, d'où est donc venu l'argent, demanderez-vous ?
Permettez qu'on vous donne la réponse
qui a déjà été donnée à un vieux Yankee :
De la banque de la Providence. Vous n'en
serez pas aussi étonné que ce vieil infidèle,
car vous, vous la connaissez cette banque- là,
depuis longtemps ; déposez-y toujours vos
fonds, et elle vous paiera toujours de bons
dividendes.
Encouragement aux écoles catholiques
Les admirateurs des écoles publiques, voyant nos vastes écoles, n'osèrent venir de-
122 HISTOIRE DE LA CONGRÉOA'IION ( ANADIEXNE
vaut le public réclamer des fonds pour se donner l'unique plaisir, (car ceux-là n'ont pas d'enfants) de voir s'élever une belle construction qu'ils décorent emphatiquement du nom d'Académie, mais que des parents chrétiens, soucieux de l'âme de leurs enfants, n'encoura- J geront jamais parce que, dans les classes de s ces Académies, toujours richement fournies, | avec maîtres et maîtresses bien grassement payés, tout enseignement religieux, si néces- J saire à la conduite morale de l'homme, est < strictement défendu. A la louanee du sens > moral de la population canadienne de Wi- ^ nooski, on a le plaisir de voir toutes nos fa- \ milles, à peu d'exception près, envoyer tous \ leurs enfants aux écoles des Révérendes Sœurs, l On voit chaque année le nombre d'enfants qui fréquentent les classes du couvent augmenter ; s ce qui prouve que l'esprit de foi est bon et \ bien conservé dans le cœur de notre popula- \ tion, Puisse-t-il en être toujours ainsi ... \ Alors, Winooski restera toujours un centre s canadien. Toujours la foi et la religion chez nous seront en honneur.
DE WINOOSKI, VERMONT 123
Vous-mêmes, Canadiens d'aujourd'hui, en cédez vous aux autres, sous le rapport moral et religieux et intellectuel, depuis trente ans que vous élevez vos familles sous l'œil et l'enseignement de la sœur de Charité ? Compulsez les rapports de la police chez vous, avec ceux d'autres dénominations d'égal nombre qui n'ont pas vos écoles, et vous reconnaîtrez votre supériorité morale. A quoi est-ce dû ? N'hésitez pas ; vous le savez. C'est l'Eglise qui la première, a inculqué profondément dans vos esprits la ligne de conduite que vous deviez tenir en venant dans ce pays. En vous donnant le beau témoignage de l'avoir suivie fidèlement, cette ligne de conduite, vous avez droit d'être fiers du bonheur que vous éprouvez d'être restés honnêtes jusque dans vos enfants ; ceux-ci à leur tour suivront vos sentiments et vos exemples pour continuer l'œuvre commencée.
Dès l'ouverture des classes, en septembre 1889, le couvent fut envahi par 430 enfants partagés en 9 classes. L'encouragement tant du côté des enfants que de celui des parents,
•124 HIS'IOIRE DE LA CONGRÉGATION CANAUIF.NNK
amena les religieuses à ouvrir un second pensionnat pour les garçons. Elles eurent dès le premier jour i6 petits garçons, et quelques semaines plus tard, le nombre s'en éleva à 2 2, avec 24 du côté des filles. Ils formèrent un total de 46 élèves pensionnaires, entièrement sous la direction ou la discipline des Sœurs. C'était déjà, pour la première année, un beau début, faisant prévoir le succès de la maison.
Considérations sur les sociétés natioxNales
DE secours mutuels
Nous avons parlé précédemment des troubles qui s'étaient élevés dans la société Saint- Jean-Baptiste, et de la ligne de conduite que le curé s'était imposée, pour éviter tout retour de difficultés, et faire pénétrer dans les esprits un sentiment plus catholique dans l'organisation de toute société. A la suite de ces troubles, il s'était tout naturellement formé d'autres sociétés, sans consulter ni l'évêque, ni le curé. Bien loin de là, des membres de ces
DE WINOOSK.I, VERMONT 125
sociétés ne s'étaient pas même gênés de dire ouvertement qu'ils n'avaient pas besoin de chapelain, et que si, plus tard, ils voulaient en avoir un, ils sauraient bien l'obtenir de l'évêque. Après quelque temps, ces associations voulurent faire l'essai de leur dernière intention, et s'adressèrent à l'évêque pour lui demander un chapelain. Alors l'évêque écrivit au curé la note suivante :
Burlington, Vt. 17 avril, 1887,
Révérend J.-F. Audet,
Winooski, Vt.
Révérend et cher Missionnaire,
Deux messieurs, députés du club Champlain de secours mutuels et dramatiques, sont venus me prier de leur donner un chapelain. Comme j'ignore l'histoire et le but du club, j'ai voulu différer avant de leur accorder leur demande. S'il vous plaît me dire ce qui en est. God bless y ou.
Tout à vous, f Louis, év. de Burlington, Vt.
Réponse
Winooski, Vt., i8 avril 1887.
Monseigneur L. De Goësbriand,
Evêque de Burlington, Vt.
Monseigneur,
J'accuse réception de votre lettre en date du 17 de .ce mois à laquelle je m'empresse de répondre. Le club Champlain, pour le compte | duquel ces messieurs vous ont demandé un chapelain, s'est séparé de la société St-Jean-Baptiste, à la suite des troubles de 1884, lesquels troubles ont forcé Votre Grandeur à me rappeler d'Europe au plus vite pour mettre la paix dans la congrégation où le désordre commençait à s'implanter en permanence.
A mon retour, je me suis occupé à réparer le mal que la division avait produit, en procédant avec lenteur et avec le plus de calme possible ; mais un certain nombre, n'y voyant pas bien leur affaire, voulurent même m'ef- \ frayer en me menaçant de poursuite au civil, si je ne me rendais au plus tôt à leurs exigences. Voyant leur détermination, si peu réflé-
DE WINOOSKI, VERMONÏ 12*7
chie, je réglai leur affaire, et ils se trouvèrent sans s'en appercevoir effectivement hors de la société St-Jean-Baptiste. Quand ils s'en aperçurent, ils se rallièrent et s'organisèrent d'euxmêmes en club de secours mutuels, sans prendre d'avis de qui de droit. Vouloir donner un chapelain à toute organisation fondée de même manière, sans participation du prêtre, ce serait, je crois, ouvrir la porte à trop de spéculations, qui seraient de nature à humilier le prêtre dans sa dignité, et à lui faire perdre bien souvent toute l'influence qu'il doit avoir dans la société en général, et dans sa paroisse en particulier.
Voici mon opinion, Monseigneur, je vous la donne pour ce qu'elle vaut, bien franchement et surtout bien simplement sans préjugé aucun. Une seule association de même aspiration suffit dans une paroisse. Si on en permet plusieurs, on sème la division, la jalousie, les querelles et tout ce qui détruit l'union et la force morale à l'intérieur comme à l'extérieur ; et certes, on en a bien grandement besoin, de cette force-là dans ce pays-ci. Que le prêtre
soit prudent, qu'il soit à la tête de sa congrégation pour faire marcher ses paroissiens tous ensemble, comme un seul homme, il est alors une puissance qui, bien dirigée, peut faire immensément de bien. Qu'il soit à la tête de toutes les bonnes œuvres, et s'il se forme d'autres associations en dehors de sa participation, qu'il ne s'en occupe pas, et surtout qu'il ne soit pas forcé de s'en occuper, elles tomberont sans bruit avec le temps, et l'idée qu'on ne peut marcher sans lui et qu'il faut l'écouter finira par prévaloir au double avantage spirituel et temporel de nos nationaux. Les Canadiens sont ainsi faits, Monseigneur, qu'il leur faut le prêtre ; malheureusement, chez un petit nombre qui ont déjà en germe des idées qui ne sont pas de bon aloi, veut-on le reléguer dans le cran de la réclame, rôle trop commun et trop peu digne auquel le prêtre ne doit pas se prêter facilement. Est-ce cela que veulent ces messieurs ? Je le crains. Car depuis trois ans, ils font sonner fort qu'ils auront bien un chapelain, que l'évêque finira bien par leur r.n donner un.
DE WINOOSKI, VERMONÏ
Si toutefois Votre Grandeur entretenait quelque velléité de leur accorder un chapelain, je l'engagerai de bien lire auparavant l'article de leur règlement qui concerne ce qu'ils appellent les privilèges du clergé.
J'ai l'honneur d'être avec beaucoup de respect et de soumission, de votre Grandeur,
Le très humble et très obéissant serviteur,
J.-F. Audet, Ptre.
L'évêque, comme on avait tout lieu de s'y attendre, fut ferme. A sa visite pastorale au mois de mai, 1887, plusieurs de ces messieurs du club vinrent le voir à la sacristie, pour lui réitérer leur demande.
L'évêque leur répondit : Messieurs, il vous est inutile de faire de plus amples démarches pour me demander un chapelain, vous n'en aurez pas. Obéissez à votre curé.
Ce ne fut que le 9 novembre 1892, qu'ils s'entendirent enfin avec leur curé, et finalement, après avoir amendé leur règlement, l'évêque leur accorda un chapelain par lettre donnée en chancellerie.
130 HISTOIRP: DK I.A C0N(;RÉGATI()N CANAniENNE
Noces d'or du pre.nlier évêque de Burlington
Le 13 juillet 1890, étant le cinquantième anniversaire de prêtrise de Monseigneur Louis de Goësbriand, premier évêque de Burlington, \
j un comité, composé de M. le Grand Vicaire Thos Lynch et de M. J.-M. Cloarec, curé I; inamovible de St-Joseph de Burlington, nous \ fit part de l'intention de célébrer dignement les noces d'or sacerdotales de l'évêque. Quel- j ques jours après, une circulaire officielle an- j nonça que deux délégués de chaque paroisse du diocèse présenteraient, au nom de leur paroisse respective, une somme quelconque en argent, selon la générosité de chaque congrégation. La paroisse de St-François-Xavier de Winooski, représentée par messieurs Bruno Pépin et Pierre Desautels, présenta à l'évêque $180. Les héritiers de la famille Le
\ claire de Winooski, par l'entremise de M.
I Bruno Pépin, présentèrent à l'évêque un chèque de $100. La société St-Jean- Baptiste de Winooski, par son président. ^L Jean-
Baptiste Biais, présenta à levêque, $50. Le curé avait préalablement donné $50 au Grand- Vicaire Lynch, pour être présentés à l'évêque dans l'offrande du clergé. Ce qui, additionné, se monta à la somme totale de $380, que la paroisse St- François-Xavier de Winooski présenta à Monseigneur, à l'occasion de ses noces d'or sacerdotales. La fête fut très belle. Quoiqu'il y eut, dit-on, 35000 Canadiens dans le diocèse, l'organisation a cru devoir les considérer comme quantité négligeable. Un souvenir, tout petit qu'il eut été, dans l'organisation de cette belle, grande fête, qui était aussi la leur, leur aurait été certainement très agréable, et surtout fort sensible. — Très Français sous le rapport de la délicatesse, ils n'oublient jamais une politesse si petite qu'elle soit.
Un hommage
Pour être juste et rendre hommage aux démarches de la société du club Champlain,
établie sous le patronage du grand St Léon, c'est un devoir d'insérer ici leur acte de soumission pleine et entière à l'autorité ecclésiastique, qui leur a valu les bonnes grâces de l'évêque, en leur accordant un chapelain. Voici leur acte de soumission, et la reconnaissance de l'évêque.
Winooski, Vt., 6 juillet 1892.
Monseigneur,
Les membres du club Champlain se font un devoir, comme catholiques, d'être des enfants dévoués et obéissants à l'Eglise et à ses pasteurs. Le club tout entier par tous et chacun de ses membres, reconnaît l'évêque du diocèse pour son guide, et le supplie humblement de lui donner un chapelain comme interprète de ses volontés.
Et pour preuve de notre sincérité, voici ce que nous avons décrété dans une assemblée solennelle de notre association :
DE WINOOSKI, VERMONT 133
MOTION KEGLEMENTAIRE.
Devoir des membres dit club Champlain
de Winooski, Vermont,
sous Le patronage de St Léon.
I. — Proposé par M. J.-N. Gingras, secondé par M. Louis Marcotte.
Dans toutes grandes difficultés, surgissant au sein du club, l'évêque du diocèse, ou le chapelain que sa Grandeur aura bien voulu lui donner, sera toujours consulté, et tous les membres, confiants d'avance dans la sas^esse de sa décision, l'accepteront sans murmure, et s'y soumettront sous peine d'amende ou d'expulsion, à la discrétion du Comité de régie.
2. — Nous déclarons le présent article cidessus, comme base de notre association, et le seul qui reste sans amendement.
3. — Toute tentative d'amendement au présent article, est passible d'une amende d'une piastre, ou de l'expulsion, à la discrétion du Comité de réofie.
Après avoir subi sa quatrième lecture, et discutée, cette motion fut acceptée par acclamation.
Signé
Alfred Villemaire, Prés.
" Ulric Leclaire, Sec.-Arch.
" Théophile Mercure, " Léon Patenaude, " Arthur Desautels, " Maximin Boissy, " William Ménard, " H. Pépin, Tous formant le Comité de régie.
Ce 6 juillet 1892.
Monseigneur, après avoir pris connaissance de cette belle démarche, et s'être parfaitement assuré de la sincérité des personnes et des choses, répondit par la lettre suivante :
Résidence épiscopale,
Hurlington, Vermont.
A MM. Alfred Villemaire, Léon Patenaude et autres membres du club Champlain,
DE WINOOSKI, VERMONT 135
Messieurs,
J'ai lu avec plaisir la demande que vous m'avez adressée le 6 juillet 1892, de vors nommer un chapelain, et aussi les résolutions passées à ce sujet.
Je vous accorde volontiers la faveur que vous demandez et désigne par ces présentes, le Rév. J.-F. Audet, votre curé, pour être chapelain du club Champlain de Winooski, Vt.
Fait à Burlington, Vt. 9 novembre 1892. t Louis, Ev. de Burlington, Vt.
Si le club Champlain a pu donner de la tablature dans les commencements, il l'a noblement réparée, comme on peut le voir par les documents ci-haut. La conduite de ses membres est certainement digne de louanges. Les hommes sont aptes à se tromper, mais dès qu'ils restent hommes, il y a toujours espoir ; la raison, développée par la religion, les retirent toujours de l'erreur. Honneur donc à ces messieurs du club Champlain pour leur courageuse démarche.
Par décision des deux conseillers, P. Desautels et R. Pépin, avec l'approbation de Monseigneur levêque, M. A.-A. Graves a été nommé membre du conseil paroissial en remplacement de son beau-père, monsieur Leclaire, décédé. Acte en Conseil du lo nov, 1S92. Signé par le secrétaire du conseil.
J.-F. AuDET, Ptre, recteur.
En 1893, le 3 février, la congrégation de St- François- Xavier, fut confiée aux soins du R. Pierre Mathieu, curé de Richemond, pendant l'absence du curé qui accompagna l'évêque de Burlington à Rome et en Terre-Sainte. Ce fut pendant l'absence du curé que l'évêque coadjuteur, Mgr J.-S. Michaud, détacha Essex et une grande partie de Colchester pour former une nouvelle congrégation à Essex Junction, sous le patronage de la Sainte Famille. Le R. Ernest Campeau, jeune prêtre, fut chargé de cette nouvelle congrégation. Par la création de cette nouvelle paroisse, la congrégation de St-Prançois- Xavier se trouva réduite dans sa circonscription, au village de Winooski.
M(1K J.-S. INriCHAll)
DE WINOOSKF, VERMONT 137
Conclusion
Nous sommes enfin arrivés au complet de l'établissement catholique de la congrégation canadienne de Winooski, Vermont. Nous avons une église qui peut contenir mille personnes, avec un grand cimetière contigu à l'église, capable de recevoir les dépouilles de plusieurs générations à venir, en prêtant un peu d'attention dans l'entretien et la disposition des lots vendus et à vendre ; un presbytère sans luxe, mais très confortable pour le prêtre. De plus, des écoles, avec un personnel de douze religfieuses accommodant actuellement 450 enfants distribués dans 10 classes, et susceptibles d'agrandissement facile, le besoin advenant. Et le plus agréable à tous les intéressés, curé comme paroissiens, ce que l'on pourrait appeler le clou de l'affaire, c'est qu'actuellement, (1898) il ne reste qu'une dette relativement minime : $6800, à peu de chose près.
138 HISTOIRE DE l.A CONGRÉGATION' CANADIENNE
Avons-nous eu a lutter contre le fanatisme ? Nous a-t-on fait de l'opposition ?
D'une manière directe et calculée, non ; i indirectement ou individuellement parlant, oui ; très peu cependant.
On parlait d'acheter un terrain pour bâtir l'église. — Un canadien entre en marché d'acheter un lot, le prix était convenu, le contrat fait, il s'agissait de le signer. Comme la femme du vendeur devait signer le contrat, un voisin, Yankee pur sang, ayant eu vent de la transaction, s'interposa pour empêcher l'exécution de la vente, offrant de donner tout ce que l'on offrait pour ce terrain, et même plus, afin, disait-il, que les catholiques ne fussent pas là. — Ce môme individu se ménagea même certaines intelligences lorsqu'il s'agit de localiser l'église, pour la faire placer en arrière, le plus loin possible sur le terrain que nous avions acheté, offrant pour cela de donner $50 pour l'église, si on la plaçait à l'endroit
DE WINOOSKI, VERMONT 139
du cimetière, aujourd'hui. — Quand on connaît l'individu, on comprend qu'il devait être bien dérangé dans ses goûts, en voyant une église s'élever trop près de lui. — Homme bon, d'ailleurs, mais de nature et de disposition beaucoup plus conformes à la vie des champs qu'à celle de la ville, ou du village. Cependant, je dois être juste. — S'il y a des fanatitiques parmi les Américains, il y a aussi parmi eux des gentils hommes, qui ne se laissent pas chauffer l'esprit par le fanatisme. Sans sacrifier leurs convictions, ils savent reconnaître l'honnêteté, de quelque part qu'elle vienne. Je rendrai ce témoignage pour plusieurs ici à Winooski, que je pourrais nommer avec plaisir. Ces messieurs se sont toujours montrés gentils et le cœur sur la main pour nous être agréables. — Je pourrais en citer plusieurs autres qui nous ont montré, en maintes circonstances, qu'ils savaient apprécier les efforts que nous faisions pour élever le niveau religieux de Winooski à la hauteur de la grande dignité chrétienne.
Considération sur les unions étrangères.
La paix, l'harmonie dans les rapports extérieurs qui sont du domaine de toute société, peut exister et de fait existe suffisamment entre Canadiens et Américains, pour que l'on puisse dire qu'il y a sympathie, mais quant à cette union affectueuse des cœurs, qui ne se fait que par l'échange réciproque des sentiments intimes de l'âme, elle n'existe pas, celle-là, et ne peut pas exister, car entre Américains et Canadiens, malgré les belles qualités des uns et la bonne volonté des autres. Il y aura toujours un abîme qu'ils ne pourront jamais franchir. Les bords de cet abîme sont, d'un côté, la foi qui nous retient, et de l'autre l'infidélité ou l'erreur qui les aveuglent. Pour \ arriver à eux, il nous faudrait sacrifier notre \ foi, c'est ce que nous ne pouvons faire, et eux I se dégager de leur préjugés et de leurs erreurs, ce qui demande un courage qu'ils n'ont pas et qu'ils ne peuvent avoir naturellement. Res- \ pectons-les, car ils sont nos frères, mais des
DE WINOOSKI, VERMÛNT 141
frères séparés de cœur et d'esprit. Or, là où il n'y a pas d'unité, il ne peut y avoir de vraie amitié. Voilà ce qui explique l'opposition qu'apporte l'Eglise qui est si sage, aux unions matrimoniales entre protestants ou infidèles d'un côté, et catholiques de l'autre. L'expérience depuis longtemps n'a cessé de démontrer qu'en général, ces unions se font presque toujours au détriment de la partie catholique. Chaque peuple a son caractère, ses habitudes et son esprit particulier qui ne s'accordent pas toujours avec ceux d'un autre. C'est ce qui explique les malheurs qui arrivent dans certains mariages dont les parties contractantes sont de nationalités différentes. Par exemple, entre Irlandais et Canadiens, tous deux catholiques, le mariage d'un Canadien avec une Irlandaise, va bien généralement, tandis que celui d'un Irlandais avec une Canadienne, ne va pas aussi bien. L'Irlandais a un tempéram.ent un peu trop vif pour une femme canadienne, qui n'endurera jamais les coups d'un mari en colère, tandis qu'un Canadien, un peu nonchalant, se trouve stimulé par la
vivacité de la femme irlandaise, mais n'oserait jamais lever la main sur sa femme, il se croirait déshonoré pour toujours. L'expérience de 32 ans dans le ministère, me donne raison de cette réflexion. — Continuez de vivre de votre vie nationale, elle est bonne, simple et modeste, et de beaucoup préférable au débraillé américain. Du moment que vous abandonnerez l'éducation toute de cœur que vous avez reçue de vos pères, pour faire donner à vos enfants une éducation toute américaine, vous les verrez descendre. Ils garderont bien, pour un certain temps, quelques habitudes de religion, mais bientôt vos jeunes filles n'iront plus à l'église qu'en bicycle. Alors, et déjà, adieu, réserve et modestie, belles vertus, ornement d'honneur et de respect qui a fait jusqu'ici la beauté et la bonté de nos vieilles mères.
XLIY
Le Collège St- Michel, à Winooski P.'>irk, Vermont Au mois de juin 1902, les Pères Oblats du Sacré-Cœur, dont la Maison- Mère est à Pon-
DE winoosk:i, vermont 143
tigny, France, établis à Swanton, Vermont, depuis quelques années, se voyant à 1 etrr.it avec leurs novices, songèrent à un agrandissement quelconque. Sur ces entrefaites, un homme dévoué aux bonnes œuvres, M.
Kelly, vint m'exposer un plan de fondation de bienfaisance pour l'éducation de la Jeunesse catholique du diocèse : voulant pour cela disposer d'une propriété magnifiquement bien située sur le Winooski Park. Il me vint à la pensée que cet endroit était tout désigné pour y fonder un collège commercial ou classique. Le Père Aubin, supérieur de Swanton, était alors en France, à la réunion du Chapitre général. Je lui exposai mes vues ; et chargé par lui de conduire cette affaire à bonne fin, après de nombreux pourparlers, je fis définitivement, en leur nom, l'acquisition de cette propriété. Dès le mois d'octobre, le Père Fricot et 14 frères novices vinrent prendre possession de la maison et des dépendances avec un terrain d'une vingtaine d'arpents en superficie : la maison, avec quelques modifications, fut assez grande
pour le moment. Au printemps de 1903, cette petite ferme fut mise en exploitation et l'établissement d'un collège fut décidé. Les ressources de ces bons Pères ne leur permettant pas de faire grand tout de suite, ils se contentèrent de construire un corps de bâtiment attaché à leur maison, déjà d'assez belle apparence, pour y offrir l'enseignement à la jeunesse du diocèse.
La première année le nombre de leurs élèves dépassa toutes leurs espérances, et cette année, septembre 1905, leur maison est aussi remplie qu'elle peut l'être.
Dans le Vermont, si riche par ses beautés naturelles, le site du Collège Saint-Michel est un des plus merveilleux et des plus agréables- L'édifice est construit sur un magnifique plateau, tout à fait à la campagne, ayant tous les avantages de la ville de Burlington et du grand village de Winooski. sans en avoir les inconvénients, ce qui est fort appréciable pour le contrôle et la discipline des élèves. Les chars électriques vous prennent à la porte du collège, toutes les vingt minutes, et dans
DE WINOOSKI, VERMONT
un quart d'heure vous descendez, soit à Burlington, à Essex ou à Winooski. Il n'y a que cinq minutes de marche, à pied, entre le collège et l'hôpital Fanny Allen, tenue par les révérendes Sœurs de l'Hôtel- Dieu de Montréal. Le panorama tout autour est vraiment féerique. La chute de la rivière aux Oignons, qui dégorge un volume d'eau très considérable, répand aux alentours une fraîcheur qui tempère les grandes chaleurs de l'été et rend l'atmosphère très agréable et très saine. Au loin, les montagnes s'élèvent pour vous offrir des charmes toujours nouveaux, dont elles n'oublient pas de se parer au renouvellement de chaque saison.
D'un côté, c'est le Mansfield et le Camel's Hump, de l'autre, au delà du beau lac Champlain, les hautes cîmes des Adirondacks, échelonnés les unes au-dessus des autres, en s'élevant toujours jusqu'à ce que les derniers contreforts perdent leurs têtes dans la buée des nuages.
Monseigneur de Burlington qui prend un grand intérêt à cette institution d'avenir, y
lU'i HISTOIKK DE LA CONfJRÉGATION CANADIENNE
a, cette année, convoqué son clergé diocésain pour la retraite annuelle. Tous les prêtres furent enchantés d'y trouver une hospitalité toute française, avec tout le confort désirable, ce qu'ils n'avaient pu obtenir depuis longtemps, malgré les divers essais faits ici et là. Pour me servir d'une expression américaine, tous furent unanimes à proclamer que le Collège St- Michel était vraiment " an idéal place!' Comme cette institution du Collège St- Michel se trouve dans la paroisse de St- François-Xavier de Winooski, j'ai cru qu'il était de mon devoir avant de terminer ces quelques pages, d'en dire un mot, dans l'intérêt de mes lecteurs.
Les paroissiens de Winooski avec leur curé sont très heureu.K d'avoir les Pères au milieu d'eux ; et surtout ils apprécient hautement l'avantage d'avoir un collège, où ils peuvent envoyer leurs enfants, pour y faire soit un cours commercial, soit un cours classique, ou même les deux à la fois.
Les Pères qui dirigent actuellement le Collège St-Michel de Winooski Park, sont : le
s -^ sa
i t«ii|
? ci .<■§
• Il = 1^1 £
DE WINUOSKl, VERMONT 147
Rév. Père Prével, supérieur ; le Rév. Père Fricot, économe ; le Rév. Père Labori, professeur de sciences et de morale, avec sept religieux scolastiques, pour les différentes classes de l'enseignement donné actuellement à soixante élèves pensionnaires et externes.
Ce 2 février 1906,
Liste des personnes qui ont contribué, de r868 À 1883, À l'établissement de la
CONGRÉGATION CANADIENNE DE St-FrAN- ÇOIS-XaVIER DE WiNOOSKI.
AUard, Pierre Auclair, Marie " François " Charles
" Joseph Autin, Thaddée " Adèle " Sigefroi
Auclair, Etienne Ains, Johnny
" Philomène Arpin, Joseph '' Pierre *' George
" Elize Alary Louis
" Augustin Ayotte, Henry
s 148 HISTCJIRE DE LA CONGRÉGATION CANADIENNE ^
Aman, David
< Besset, Bénoni \
Audet, Césarie
Beaudet, Urbain \
Auger, Antoine
" Rosanna j
Archambault, Elzéar
Boucher, Augustin |
Adam, Veuve
Blythe, Alfred
" Charles
Bousquet, Edouard j
Angers, Télesphore, p
" Antome
" Télesphore, f.
Willy j
s Asselin, Delima
Beaulieu, Veuve î
1 " Victorine
Benoit, Moïse |
S Barre, Onésime
Bérard, Noël
1 Bissonnet, J.-Bte
" Mérence \
;: Biais, Théophile
" Virginie \
Rosanna
Blanchard, Augustin ;
Jean, père
Marie !
" Jean-Baptiste
Elmyre
" Joseph
Beaulne, Xavier
" Xavier
Brisson, Honoré
" Marie
Bérubé, Joseph
" Georgina
" Louis
" Ulric
" Louis, fils
Besset, Jérémie
William
Octavie
Bois vert, Joseph ;
Délia
" Henriette 1
Boisvert, Angèle " Nazaire " Louis Bleau, Séraphin " Amédée • " Alfred Boileau, Joseph
" Edouard Beauchamp, Onésime Beauchemin, Rémi Bracq, Hégésippe Babeu, Gilbert
" Jos.
Bombardier, Eusèbe Délia Malvina " Judique
'' Dieudonné
Alexis " Pierre
Bacon, Hippolyte " Frank " Edouard " Julia
Brouillard, Fred.
Bourdon, Pierre Alex.
" Jos.
" Mérence " Xavier " Frank Beauregard, Paul Blanchette, Chrysolog.
" Isidore
" Joseph
" Philomène
Barsalou, Toussaint Mathilde '' Louise " Cordélie Mélanie " Henriette Boyer, Louis Belhumeur, Louis " Joseph
" Catherine
" Domitilde
Aglaé
; Belhumeur, Ulric
Cormier
Léa j
; Boissy, Amable
Sophronie \
; " Octave
Comète,
Biaise \
" Maximin
Chicoine
:, Chs. 1
•■ J.-Bte
André 1
Marie
Aglaé » 1
Xiste
Mathilde \
Elisabeth
Hormisdas j
Brodeur, Michel
Herménégilde -;
Esther
Victor )
" Judique
Bruno |
Barbeau, Jos.
Mirza ;
Brunelle, Chs.
André, fils l
Cornot, Chs.
Laura \
Cormier, Antoine
Jeanne
" Calixte
Auguste
" Damien
Carpentier Frères j
François
Frank s
Jean, senior
George j
John
Henry
Hilaire
Chamberland, Jos.
'' Marie
Carbonneau, Pierre
" Adolphe
Délima
; " Octave
Chaillot,
Veuve \
DE WINOOSKI. VERMONT
Chaillot, Francis " Louise Corbeil, Paul
" Sophronie Chaussé, Antoine Compagnon, Abraham " Napoléon
" Israël
Cadieux, Pierre Caron, Louis^ père " Louis, fils " Cyrille Délima Cottard, Marie Cédilo, Edouard Coté, Louis '• Henri " Charles " Raphaël " Jean Courcy, Pierre Délia Chayer, Albert Carrière, Julie
Carrière, Elize
Napoléon Marie " Hercule •' Arthur Chagnon, Adéline Cabana, Charles J.-Bte.
Elize Coutu, Alexis
Adélaïde " Marie " Léon Chagnon, Elisabeth
" Joseph Cauchon, Isidore
" Herménégilde
Rosalie " Joseph Croteau, Adolphe " Augustin Cayer, Jacques Cardinal, Julien " Charles
Cardinal, Mérence
Duprat, Amélie
Alfred
Lucie
Dansereau, Jérôme
" Pierre
Clément
Solyme
Hercule
Dumas, Louis
Joseph
Delâge, Pascal
Eugène
" Joseph
Pierre
" Diette-Jos.
Ulric
Deslauriers, Janvier
Octave
Danis, Alexis
Duprat,
Edouard
Elisabeth
Louis
" Marianne
Eddy
Dagenais, Edouard
Tharsile
Dumas, Joseph
Emma
Paul
Timothée
Dubuc, Isaïe
J.-Bte.
" Evariste
Louise
" Alphonse
George
" Lucie
Jos.
Drolet, Octave
Henry
Alex.
Rosalie
Dubrule, veuve Hyg.
Emélia
Hector
Emmanuel
" Alphonse
DE WINOOSKI, VERMONT
Dubrule, Amédée Damme, Henry " Alphonsine " Henriette
" Louis " Julia
" Hermine " Amélie
" Henriette Domingue, Ludger
" Alexandre Desautels, François
Silva
Marie
Joseph
Pierre
Charlemagne "
Clara
Marie
Cléophas
Napoléon
Hubert
Joséphine
Christophe
Célina
Alfred
Cornélia
Edmond
J.-Bte
Emery
Desforg-es, Amédée
Dion, Louis
Eusèbe
agloire
Joseph
Dalbecq
ue, Louis
Delisle
, Hubert
Philias
Philomène
Sophie
Ulric
Demers,
Isaïe
Addée
Israël
Damme, Louis
Ducharme, Henriette
Frank
Veuve
Ducharme, Zoé " Alphonse " George Davig-non, André " Augustin Michel William Henry Charles •' Edouard " Anastasie ' Lucie
Diau, Alfred Dufault, Nérée
" Joséphine Dusablon, Elzéar Desmoulins, Jos.
Julie Duhamel, Chs Ethier, Louise Portier, François
'' Hormisdas Frémeau, Louis
" Xavier
Descarreaux, Alfred
Michel
'' Adèle
J.-Bte
> ■ " Joseph
Acrlaé
j Delorme, Jos.
Victoire
i " Julie
Alexandre
1 Desforges, Eusèbe
Foisy,
Louis
Darveaux, Alphonse
Veuve Louis
s Desforges, Toussaint
Napoléon
1 " Joseph
Marguerite
i " Aimé
Marie
" Ano-èle
Pierre
1 Diau, Jerry
Mélanie
DE WINOOSKI, VERMONT
Foisy,
Edouard
Guindon, Philomène
Jos.
Joséphine
Michel
Emma
Elisabeth
Catherine
Julien
John
Fontai
ne, Pierre
Goddu,
Augustin
Augustin
Damase
Forget
, Odile
Agapit
Gauvreau, Jos.
J.-Bte.
François
Cyrille
Guillette, Charles
Séraphin
Philomène
Agnès
Aglaé
Goyette, Jerry
if
Aimé
François
Magloire
Christ
Guindon, Vital
Eddy
Vital, fils
Jos.
Théodule
Gingras, Dosit.
William
Nérée
David
Joseph
Pierre
Pierre
Delphis
Gauthier, Aurélie
Guillaume
Jos.
Isidore
Frank
Gauthier, Moïse Gagné, Hedwidge
Addie " Exilda
" Veuve, Louis " Cécilia Granger, J.-Bte Gendron, Joseph
" Veuve Céhna Groltiau, Cyrille Garand, George Grimard, Joseph " Louis " James " Louisa
Marcelline Jos., fils Delphis Grignon, John Graves, Thomas Jos.
Adolphe Guertin, Edouard Madame " Joséphine Gagné, Etienne " Délima
Gilbert, Louis " Veuve Exilda Germain, François Girard, Elzéar " Pierre " Georges Germain, Borromée Art.
Veuve Gatien Alfred " Hermine
Real '*' François Gaudette, Antoine " Joseph " Sophie Amable Giroux, Adéline Huard, Louis
\ DE WINOOSKI, VERMONÏ 15*7
Huard, Alfred
Hogue, Olivier
" Hector
Jette, Dosithée
" Amédée
Jeannotte, Narcisse \
" Alphonse
Lajeunesse, Edouard <
Hamel, Jos.
Laramée, Narcisse ;
Méranda
Latour, Ludger |
'' Elisabeth
Virginie ;
Marie
" Joséphine S
Hébert, Jos.
" Joseph ;
William
" Eléonore !
Frank
Landry, Julien |
Lambert
Lauzon, Joseph |
Philomène
" François \
Houle, Louis
" Jacques !
" Napoléon
" Damase |
" Pierre
" Etienne
'' Victoire
Marie
" Lucie
Clara
Hamelin, Olivier
Lamontagne, Louis
Dame
Léveillée, Théophile
Marie
Chs.
Hardouin, Edouard
Frédéric
Hardy, François
" Damase 1
Délima
Leclaire, Frank
Leclaire, Elize
Larochelle, Ambroise
Eddy
Sara
Pierre
Lafontaine, Maxime, p.
" Augusta
Maxime, f.
" Hattie
Laventure, Madame
Leduc, Chs
Lizotte, Marcel
Lafontaine, Chs
Alfred :
Lavallée, Ménésippe
Lépine, Tobie
Leclaire, Michel, père
Langlois, Damien
Michel, fils
" Lucie
Paul
Marie
' Joseph
" Alphonse
' Elisabeth
" Prosper
Marie
Lavallée, Isidore
Willy
Alfred, fils
' Francis
Lucie
' Pierre
" A manda
Candide
'' Cécile
' Charles
Théophile
Ulric
" Isaac
Limoges, Jean
Octave
Lauzon, Dame Pierre
Elie
Larochelle, Agapit
François
Célina
Joseph
? DE WINOOSKl, VERMONT 159 i
Lavallée, Trefflé
La vigne, Moïse
1 " Ida
Henry, junior
1 Laferrière, Honoré
Marie
\ " Alida
" Louise
Domitilde
" Dame de Québec
Ernest
Laporte, Hyacinthe
" Joséphine
Lagacé, Denis
Jos.
Landry, Catherine
" Aimée
Julie
Léa
Labelle, J.-Bte
Elisabeth
Labonté, Benj. s
" Geneviève
" Christophe
Olive
Lebœuf, Siméon \
" Denise
Lemerise, Alfred
Laurin, David
Lefebvre, Anaclet
Ledoux, Napoléon
Oswald
Edmond
Leblanc, Louis, père
" Johnny
Leblanc, Louis, fils
Legentilhomme, Frs
David
Lemieiix, David
Laurent, Moïse
Lavigne, Chs
Mercure, Théophile \
*• Jacques
" Emma
" Joseph
" Honorine
Henry
Maher, veuve Chs
Maher, Etienne " André " Virginie " Cordélie " Georges Mongeon, Julien Ménard, Toussaint
Olivier " Etienne
Moïse
Michel
Marie '' Joseph, père " Joseph, fils " Célina " Toussaint, fils Mongeon, Thomas
Olivier " Xavier " Jerry
Sara " Napoléon '' Léon " Joseph
Mongeon, Georges " Alphonse " Joseph " Edmond " Rose de Lima Moquin, Joseph Martin, Jos.
Jos., fils Manseau, Bruno
'' Télesphore
Arthur *' Célina " Maxime " Hormisdas " T. Onésime " Aimée " Léontine " Cordélie " Eugène Moisan, François, père " François, fils Marie Marcotte, veuve Léa " Louis
; DE WINOOSKI, VERMONT 101
î Marcotte, Séraphin
Ostigny, François
1 " Anna
Prunier, Frs
\ " Léa
" Louis, fils
Mathieu, Onésime
" Louis, père
McLaughlin, Louise
John
1 Muir, David
" Antoine
" Elise
David
" Phennonise
Piette Hilaire
: Martel, Hélène
" Jos.
Masse, Prudent, père
" Valérie
" veuve Joseph
Elisabeth
" George
•' Gilbert
" Mary-Jeanne
" Octave
Marchand, J.-Bte
Patenaude, Léon
Julie
" Isaac
Marchand, Joséphine
" Théophile
Matte, Edouard
Elise
Niquette, Jos., père
'* Alfred
Odile
" Jerry
" Elisabeth
" veuve Isaac
1 " Jos., fils
" Agnès
" Louis
" Virginie
" Denise
'* Louise
Ouimet, Jacques
^' Odile
j 162 HISTOIRE DE LA CONGRÉGATION CANADIENxNE
Patenaude, Emma
Poitevin, François j
" Delphine
Alphonse
Pomerleau, veuve
Paul
Pépin, Bruno
Léon
; " Marie
Agnès
Joseph
Julienne
" Willy
Délima
" Charles
Joseph
André
Privé
Louis, père |
Henry
Louis, fils 1
Rose
Marie :
Céleste
J.-Bte
" François
Arthur
1 " J.-Bte
Israël
1 Pleau, Joseph
Provost, Jos., père
" Jean
David
Ponton, St-Germain
Jos., fils
Papineau, Delphine
Domina
Julie
Narcisse
Petit, Madame
Arthur
Plouff, Janvier
Vital
Perrault, Jos.
Vital, fils
" Alfred
Eugénie
j " Alphonsine
Hubert
DE WINOOSKI, VERMUNT 1G3
Poirier, Augustin
Paquette, Michel
" Léonide
Olive
" Cordélie
Délia
" Carey
Payette, Eugène
" Marcel
Piché, Samuel
" Henry
Paquette,veuvePauline
John
Poissant, Augustin
" Georges
" Georges
Phaneuf, John
Poitras, Jos.
Chs
Poissant, Délia
Picard, Jos., fils
" Marie-Louise
Sophie
Piché, Victor
Parizeau, Antoine
Perron, Samuel
" Charles
Rouet, Charles
" Onésime
Rainville, Jos.
" Augustin
Rousseau Jos,
" Olivier
" Etienne
" François
" Ignace \
Hubert
Rouillard, Germain >
Paul
Dame
" Damase
Arthur
" Louis
Hubert
Trefflé
Rancourt, Jos.
Page, Ida
" Georgina |
Rivard, Louis " Pierre " Odile " Louise " Napoléon " Léon Robillard, Olivier " Délima Rocheleau, Camille " Octavie
Rodier, Amélie Adéline Madame Rompre, Louis
" Joséphine Raymond, Moïse " Julien
Riel, Abraham Robidoux, Julien
Jos.
Richard, Alfred
" François Rogers, David Roy, Jean
Richer, Pierre Russel, Willy Sheppard, Oscar
" .George Secours, François " Georgina Savard, Camille St-Antoine, Jos.
Albert Henry " Théodore
Surprenant, Napoléon Adéline Esther " Alexandre
St- Michel, Georges Shirwood, Eddy Simard, Lizzie Stuart de Beaujeu, d.
" " Louis
Savary, François Sourdif, Pierre Savoie, François, père " Dieudonné
Savoie, Frank, fils " Antoine " Joseph La famille Simays Thivierge, Joseph Tétrault, Louis Therrien, Hermine Thuot, Arthur " Vincent " Sophie " Délima " Joséphine Viens, Pierre, père " Pierre, fils " Marie
Viens, Adéline " Antoine " Napoléon " Séraphin Villemaire, Pierre, père " Pierre, fils
" Georofes
Alfred " Sophie
Michel Valin, Jeanne Vallières, Frs Whittle, Dame Martha Fred.-A
Etat commercial et politique des canadiens
DE WiNOOSKI
Les ennemis de l'église s'évertuent de toutes manières à faire sonner fort que l'Eglise étouffe toute initiative, que les catholiques sont toujours relégués au dernier rang, par un calcul de leur clergé qui trouve leur pro-
fit à les tenir dans l'ignorance pour les mieux exploiter. Ces accusations, aussi grossières qu'inexactes, ont été mille fois contredites par l'évidence des faits contraires. Jamais société n'a montré plus de largesse, d'indépendance que l'Eglise, et partout ou l'Eglise catholique s'est implantée, on a vu surgir la prospérité, la barbarie faire place à la civilisation. Ceci est un fait que le préjugé le plus fanatique, ne pourra jamais démentir. — Winooski n'a pas été une exception sous ce rapport. En 1867, il n'y avait à Winooski, sur une population canadienne de i 70 familles, à proprement parler que deux hommes d'aftaires dans le commerce de détail : messieurs Lafontaine et Leclaire. Dès que la congrégation canadienne catholique se fut formée, on vit surgir une foule de magasins de détail : épiceries, charcuteries et boutiques de tous genres — L'initiative individuelle entra presque immédiatement en compétition avec tous ceux qui jusqu'alors étaient demeurés seuls maîtres du commerce de détail. — Aujourd'hui, les Canadiens sont en possession et du com-
DK WINOOSKI, VERMONT
merce et des affaires. — Winooski, depuis 25 ans, a toujours eu ses médecins canadiens. Actuellement, nous avons les Docteurs Lamothe et St-Germain. — Voici la liste de ceux qui font des affaires dans le village avec un succès avantageux ;
PHARMACIE : Marcotte et Frères.
EPICERIES: — MM. A. -A. Graves, Carpentiers et Frères, Henry Carpentier, A. Dubuc, P. Desautels, Th. Mongeon, Alf.
Bleau, T. Biais et Fils, A. Manseau, Jos. Guindon.
Bouchers: — MM. Joseph Niquet, A. Bleau, Jules Mongeon.
Boutique d'orfèvre : — M. Jos. Davignon.
Magasins de modes : — Dames Elzéar Langlois Ed. Guertin.
Photographes :— MM. H. Huard et Elzéar
Langlois.
Clos de bois : — Marcotte et Desautels.
Forgerons: — MM. Isaac Patenaude, Magloire Guillette et H. Tremblay.
Barbiers : — MM. H. Lajeunesse, Jos. Painchaud et Alfred Brouillard.
Magasins de chaussures : — MM. Joseph Laviene et Samuel Piché.
En politique, les Canadiens ont envoyé leurs représentants à la législature de l'Etat, depuis 20 ans, aussi souvent qu'ils l'ont voulu. Messieurs Charles Lafontaine, François Leclaire, François Carpentier et Joseph Lavigne ont successivement représenté le Township de Colchester à Montpellier. Depuis 30 ans, il y a toujours eu des Canadiens à la tête des deux municipalités : celle du village et celle du Township. Aussitôt que les Canadiens eurent leur église à Winooski, ils purent se réunir et se compter. Voyant leur nombre, ils eurent le courage de leur force, et se disposèrent à vivre de leur vie. Un grand nombre d'entre eux sont nés ici, et ceux qui sont venus du Canada, se sont fait naturaliser citoyens du pays, afin de prendre part aux affaires publiques, ce qu'ils font d'une manière très active, sans abus cependant, mais aussi sans faiblesse. Je terminerai cette esquisse,
DE WINOOSKI, VERMONT
non pas en disant l'union fait la force, je trouve cela un peu trop brutal, mais bien : le bon sens dans l'union fait la force, la force morale, la force chrétienne, celle-ci sera toujours plus acceptable.
J.-F. Audet, ptre, recteur.
Winooski, Vermont,
Ce 25 nov. 1898.
Tableau comparatif des mariages, naissances ET sépultures de LA CONGREGATION CANADIENNE DE WiNOOSKI, DU 20 MARS 1868, AU 20 MARS 1898
MARIAGES. BAPTEMES. SEPULTURES.