VIII PRÉFACE
but, en l'écrivant, n'était que de laisser à mes successeurs, à Winooski, des notes sur son commencement et son progrès religieux.
Mais un ami intime, ayant par hasard découvert mes cartons dans un coin de mon presbytère, céda à son zèle d'historien, et réussit à me décider de livrer mes notes à l'imprimerie."
L'humilité préside à cette déclaration ; pour ma part je tiens à le proclamer sans flatterie : la lecture du manuscrit m'a tellement plu, que je demeure convaincu de l'accueil favorable de notre public intelligent.
L'auteur a tenu à remonter à l'origine de Winooski. Appuyé sur des documents historiques très sûrs, il en fait apprécier la beauté en décrivant le passage de l'illustre Champlain à travers le beau lac auquel il légua son nom, et son stage à l'endroit occupé par la ville de Burlington.
C'est un faisceau précieux ajouté aux fastes de l'histoire de la Nouvelle- France. Quel service signalé rendu à ceux qui ont l'heureuse idée de compulser les annales canadiennes, si d'autres écrivains mettaient à contribution leur talent comme le digne fondateur de l'établissement religieux de Winooski !.. Que de détails émouvants d'héroïques eftbrts de
défense nationale, de défrichement, de progrès de toutes sortes sortiraient de l'oubli ! . . . Pourquoi ne pas étaler le vif éclat des diamants de la patrie ? . . . Le peuple canadien, je ne crains pas de l'affirmer, est le plus pur, le plus robuste, le plus noble des enfants de la vieille France. Dieu l'a fait naître dans un berceau jonché des lleurs des plus )Delles vertus, et le sol qui l'a vu grandir a été fécondé des sueurs des plus vaillants colons et du sang des plus généreux martyrs. Ne soyons pas étonnés si Dieu a béni notre race, si elle a soutenu ses gloires et perpétué ses saintes traditions ; l'acier bien trempé a toujours triomphé sur le champ des plus rudes batailles. Un devoir impérieux lui incombe, c'est d'étudier, de méditer son histoire, et avant tout, de copier les modèles de travail courageux, de persévérante vertu que nous ont légués les ancêtres dans nos forêts, au sein de nos plantureuses vallées et sur les flancs des monts verts. Aussi bien, le digne fondateur de St- François- Xavier de Winooski a-t-il nourri ce beau sentiment ; son récit le met sous nos yeux et nous permet d'espérer que d'autres marcheront sur ses traces.
Puisse ce livre attirer l'attention du public