‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 73 sur 192 · ARMÉE DE TERRE · texte numérisé non relu

ARMÉE DE TERRE

Le ministère de la guerre, sous la main ferme et exercée du général de Bourmonl, faisait, on Fa vu, des prodiges d'activité, comme le ministère de la marine sous celle du baron d'Haussez. A la fin d'avril 1830, toutes les troupes de Tarmée d'expédition étaient réunies dans leurs cantonnements. La première division d'infanterie occupait Toulon, Ilycres, Cuers, Solliès, Ollioules et quelques communes moins considérables ; son quartier général était à Toulon. La seconde division était répartie à Marseille, Aubagne, Auriol, Trelz,Barjols et dans les villages environnants; son quartier général était à Marseille. La troisième division était cantonnée à Aix, Saint-Chamas, Salon, Lambesq, Orgon et lieux circonvoisins ; son quartier général était à Aix.

Deux escadrons de guerre du 17* régiment de chasseurs étaient à Tarascon, et, réunis avec l'escadron de guerre du 15* régiment, ils formaient un régiment sous la dénomination de régiment de chasseurs de l'armée d'Afrique.

Quatre batteries d'artillerie montées, arrivées à Toulon le 28 et le 29 avril, se trouvaient cantonnées à Hyères, Sollics-le-Pont et dans quelques aulros communes situées entre la route d'Italie et celle de Draguigtian.

11 y avait dix batteries non .montées, dont huit étaient cantonnées à la Ciotat, Cassis et la Cadière. Deux avaient été dirigées sur Toulon pour aider la marine dans les opérations de l'embarquement, et l'on exerçait les canonniers au tir à la cible et au tir des fusils de remparts.

Les compagnies de pontonniers et celles d'ouvriers avaient été aussi concentrées à Toulon.

Quatre compagnies d'artillerie de la marine, venues de Brest, étaient casernées dans les bâtiments de la marine. M. le général de Laliitte les employait à l'embarquement du matériel.

Six cents chevaux destinés à transporter, du littoral jusqu'aux approches d'Alger, le matériel du siège, étaient à Arles et à Saint- Remy, attendant l'époque de l'embarquement.

Huit compagnies de génie réunies à Arles, depuis plus d'un mois déjà, avaient mis le temps à profit pour leur mstruction.

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Le général Valazé les avait exercés au travail de la sape pleine, et de nouveaux procédés avaient été essayés avec succès. En même temps, les sapeurs étaient parvenus, dans ces exercices préparatoires, à obtenir une rapidité jusque-là inconnue dan.s l'érection des blockaus, destinés à défendre la ligne de communication entre le point de débarquement et le camp de siège (ils les avaient montés en six heures), et à établir avec une égale promptitude les lignes continues de chevaux de frise.

Les 100 gendarmes à pied et les 23 gendarmes à cheval destinés à composer la force publique de Tarmée d'expédition, après avoir été réunis et organisés à Carpentras, avaient été dirigés sur Toulon ^

L'effectif de l'armée de terre donnait les chiffres suivants :

Etats-majors, 110 hommes et 246 chevaux.

Infanterie, 30,410 hommes et 219 chevaux.

Cavalerie, 559 hommes et 493 chevaux.

Artillerie, 2,815 hommes et 1,246 chevaux.

Génie, 1,345 hommes et 117 chevaux.

Train des équipages militaires, 882 hommes et 1,302 chevaux.

Ouvriers d'administration, 688 hommes.

Gendarmerie, 125 hommes, 31 chevaux.

Officiers d'administration et employés, 429 hommes, 354 chevaux.

Ce qui donnait un total de 37,331 hommes, 4,008 chevaux

Le parc d'artillerie de siège se composait de 82 pièces de gros calibre et de 9 mortiers*.

Il y avait eu une vive émulation parmi les officiers de tout grade comme parmi les soldats, pour faire partie de l'armée expéditionnaire. Les demandes affluaient. On fut obligé de refuser des officiers qui demandaient à servir sans aucun grade, ot des sous-officiers qui auraient voulu partir comme simples sol-

* Pocuments cominiiniquës par la famille du maréchal comte de Bourroont.

• Précis histcriiue et administratif de la campagne d^ Afrique, par hliaron Deimiée, intendant en chef de Farmée d'expédition. (Paris, i850.)

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ARMÉE DE TERBE. 23(^

date*. Toute Tannée aurait voulu entrer dans les trois divisions formant Tarmoc expéditionnaire placée sous le commandement en chef du lieutenant général comte de Bourmont.

Le lieutenant général baron Berthezène commandait la pre* mière division. Les trois brigades dont elle se composait étaient sous les ordres des généraux Poret de Morvan, baron Achard, baron Clouet. Le colonel de Brossard était chef d'état-major du général commandant la première division. Le colonel de Freche-^ ville commandait le 2* et le 4* léger, et le colonel Roussel, le o' de ligne, formant la première brigade. Le colonel d'Armaillé commandait le 14* de ligne, et le colonel de Feuchères, leo7*, formant la deuxième brigade ; le colonel Horric, le W de ligne et le colonel Monnier, le 28*, formant la troisième brigade.

Le lieutenant général comte de Loverdo était à la tête de la deuxième division. Les trois brigades dont elle se composait étaient sous les ordres des généraux Danrémont, Munck d*Uzer, Colomb-d'Arcines. Le colonel Jacobi était le chef d'état-major du général I^verdo. Le 6" de ligne, colonel de la Villegille; le 49* de ligne, colonel Magnan, formaient la première brigade. Le 15* de ligne, colonel Mangin ; le 48* de ligne, colonel Léridan, formaient la seconde brigade. Le 21* de ligne, colonel do Goutefrey, et le 29*, colonel de Lachau, formaient la troisième.

La troisième division avait été confiée au lieutenant général duc des Cars ; ses trois brigades étaient sous les ordres des généraux vicomte de Berthier, baron Hurel, comte de Montlivaut. Le colonel Pétiet était son chef d'état-major. Le 9" et le l*' léger, colonel de Neuchèze; le 35* de ligne, colonel baron Rulhière, formaient la première brigade. Le 17* de ligne, colonel Duprat; le 30* de ligne, colonel Beaupré, formaient la seconde. La troisième se composait du 23* de ligne, colonel de Montboissier, et du 34* de ligne, colonel de Roussy.

Le maréchal de camp vicomte de Lahitle, commandait le génie.

Le maréchal de camp baron Valazé commandait Tartillerie

> Campagne d^Afiique par le chef de batafllon Feniel (Paris, i851).

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Le lieutenant général Després était chef d'état-major général de l'armée, et le maréchal de camp baron Tolozé était sous-chef d'état-major.

Le baron Dcnniée était intendant en chef.

Le général en chef comte de Bourmont, consulté naturellement sur le choix de ses coopérateurs dans l'armée de terre, comme l'amiral Duperré sur le choix de ses coopérateurs dans l'armée de mer, avait essayé, par la composition de l'armée d'Afrique, de donner satisfaction aux services de toutes les dates, sans distinction d'opinion, et de réunir, à l'occasion d'une grande expédition, les officiers, quelle que fût leur origine militaire, dans l'unité d'un dévouement commun au roi et à la France. Le lieutenant général Berthezène venait de Waterloo; le lieutenant général de Loverdo datait aussi des guerres impériales, comme le maréchal de camp Poret de Morvan, vieux soldat de l'Empire, qui, malgré ses infirmités, avait réclamé avec insistance la faveur de commander une brigade. Le heutenant général Valazé , un des ofGciers les plus distingués du génie , avait des idées d'opposition. Le lieutenant général des Cars, le maréchal de camp de Berthier, le maréchal de camp de Lahitte, officier distingué de l'artillerie, particulièrement estimé par M. le Dauphin, et le maréchal de camp Colomb d'Arcines, qui, tout en appartenant par de beaux services militaires aux armées impériales, était dévoué de cœur au roi comme à la patrie, représentaient l'autre élément.

La marine, de son côté, grâce à l'énergique volonté et la haute capacité administrative du baron d'Ilaussez, était en mesure.

« Le 25 avril, dit-il, j'annonçai au roi que dix vaisseaux, vingt-deux frégates et soixante-dix bâtiments de guerre de moindre force étaient réunis dans le port de Toulon, et que l'on n'attendait plus que deux vaisseaux et deux frégates, dont on pourrait se passer si leur arrivée tardait trop ; que cinq cents transports, rendus nécessaires par les exigences sans cesse croissantes du département de la guerre, étaient également rassemblés dans les ports de Toulon et de Marseille ; que je venais

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